Fanfiction Lady Oscar – Blessures – PUBLIC LIMITE ADULTE – Chapitre 4

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Oscar est victime d’un viol et en ressort anéantie. André n’en mène pas large non plus. Parviendront-ils à surmonter cette épreuve ?

ATTENTION : PUBLIC LIMITE ADULTE !

 

Chapitre 4 

Un nouveau jour se levait. Les rayons du soleil s’infiltraient à travers les volets, enveloppant le corps d’Oscar de leur douce chaleur. Confortablement installée sous les draps, la jeune femme affichait pour la première fois depuis des jours un visage détendu et serein. Par sa seule présence, André avait su dissiper temporairement les angoisses de la jeune femme. Oscar battit des paupières et ouvrit lentement les yeux. Les paroles de réconfort de son ami lui revinrent en mémoire, extirpant à ses lèvres un sourire bienveillant. Le timbre chaud de sa voix avait su raviver l’espoir au fond de son cœur meurtri. Oscar se sentait désormais prête à affronter son régiment. Sa condition de femme ne devait pas lui servir d’excuse pour se soustraire à ses devoirs. Ses hommes la croyaient incapable de se relever après une telle humiliation ; la jeune femme allait leur prouver le contraire. Depuis qu’elle était née, Oscar avait appris à se comporter en homme, à ne jamais plier devant l’adversité et il était hors de question que cela change. Viol ou pas, l’officier poursuivrait le chemin tracé par son père.

La simple évocation du drame dans lequel l’avaient plongé ses agresseurs suffit à anéantir momentanément toutes les bonnes résolutions de la jeune femme. Le regard d’Oscar s’assombrit au souvenir des supplices qu’elle avait dû endurer. Les cauchemars de ces dernières nuits prirent soudain son esprit d’assaut et la jeune femme sentit à nouveau le mal-être l’envahir. Cette torture ne s’arrêterait donc jamais ? La jeune femme enfouit sa tête sous l’oreiller. N’y avait-il donc aucune issue ? Le souvenir du viol ne cesserait-il jamais de la hanter ? Ses cauchemars étaient devenus si noirs, obscurs qu’Oscar en était venue à redouter de se glisser dans son lit le soir. Heureusement la jeune femme se sentait aimée et protégée. Grand-mère et André l’entouraient d’affection, n’hésitant pas à venir frapper à sa porte au beau milieu de la nuit lorsqu’ils l’entendaient gémir. Il arrivait même parfois à André d’entrouvrir légèrement la porte de sa chambre lorsqu’il la croyait endormie afin de s’assurer que tout allait pour le mieux. Dans ces moments-là, Oscar feignait de dormir mais ne pouvait malgré tout s’empêcher d’apprécier l’affection qu’il lui portait. Seul son père restait distant mais Oscar n’était pas dupe. Son inquiétude était grande. Il ne savait simplement pas comment l’exprimer.

La jeune femme se renversa sur le dos et posa un bras sur son front. Cette situation ne pouvait pas durer. André, Grand-mère et son père ne devaient plus souffrir à cause d’elle. Pour eux, Oscar se devait d’être forte même si cela lui coûtait énormément. Le lendemain, le Duc du Breuil venait inspecter la garnison. Cette visite serait une excellente occasion pour précipiter son retour à la caserne. Il était hors de question de continuer à s’apitoyer sur son sort. Elle n’avait pas le droit d’avoir peur. La faiblesse lui était interdite depuis sa naissance. Oscar avait déjà tellement honte de s’être laissée aller de la sorte ces dernières semaines. Ses hommes devaient bien rire de ce qui lui était arrivé d’autant qu’ils ne savaient désormais qu’elle était une femme. Quel accueil lui réserveraient-ils ? La toiseraient-ils, lui manqueraient-ils de respect ou l’ignoreraient-ils ? Oscar n’en avait pas la moindre idée et bien que cela l’angoisse un peu, la jeune femme était déterminée à n’en rien laisser paraître. Oscar ferma les yeux comme frappée par l’horrible réalité. Oui mais comment réagirait-elle en apercevant ses agresseurs ? Comment devrait-elle réagir ? Elle les haïssait c’est certain. Comment pourrait-il en être autrement après ce qu’ils lui avaient fait ? Mais chercher à se venger ne ferait qu’accentuer sa détresse aux yeux de ses soldats. Et cela Oscar ne le souhaitait pour rien au monde. Elle voulait qu’il la croie forte et sans faille. Après tout n’était-ce pas ainsi que son père avait toujours voulu qu’elle se comporte ? En agissant de la sorte, l’officier ne faisait finalement que répondre aux espérances de celui qu’elle chérissait tant malgré l’apparente froideur de leurs rapports filiaux. En proie à une velléité peu commune, Oscar se leva de son lit et se dirigea vers la porte d’un pas décidé. Elle allait annoncer à tous qu’elle reprendrait son service dès le lendemain matin.

Assis dans un des fauteuils ornant le hall d’entrée, André attendait patiemment, l’esprit en ébullition, qu’Oscar se lève pour l’emmener galoper dans la campagne. Depuis la tentative de suicide d’Oscar et les révélations de cette dernière, le jeune homme ne parvenait que difficilement à garder le contrôle de lui-même. Une rage intérieure emplissait chaque parcelle de son corps. L’ex-palefrenier s’efforçait de ne rien laisser paraître pour ne pas angoisser davantage Oscar mais l’envie de partir à la caserne retrouver les criminels se faisait de plus en plus pressante. Son inaction lui pesait. Il ne supportait plus de voir Oscar souffrir en silence devant ses yeux. Il devait agir… oui agir pour venger la femme qu’il aimait mais aussi et avant tout pour exhaler son courroux. Cette colère dont il ne pouvait apaiser la noirceur depuis qu’il avait écouté Oscar lui conter ses tourments. Jamais André ne s’était laissé envahir par la haine avant aujourd’hui. Pour sauvegarder l’honneur de la jeune femme et le sien, car comment pourrait-il opter pour l’oisiveté après avoir été témoin de la souffrance d’Oscar, André était prêt à tuer… L’envie de meurtre obscurcissait son cœur, alimentant ainsi sa vindicte et son agressivité.

Le bruit des pas d’Oscar dans l’escalier interrompit le fil de ses pensées. André leva la tête et nota son air grave. Il fronça les sourcils. Cet air déterminé ne présageait rien de bon. Le jeune homme sentit son cœur se serrer. Pourvu qu’Oscar ne lui annonce pas son retour à la caserne ? Pas maintenant. Elle n’était pas encore assez forte. Oscar avait été élevé comme un homme mais n’en était pas un. Ne le voyait-elle pas ? Ne l’admettrait-elle donc jamais ? Pourtant, après le viol dont elle avait fait l’objet, rien ne devrait plus l’empêcher d’accepter cette vérité… André se réprimanda intérieurement. Il n’avait pas le droit de penser ainsi. Mais que lui arrivait-il ? Il perdait la raison… Son amour pour Oscar le rendait fou… fou de rage et de douleur… il devenait incapable de refreiner son agressivité…

- J’ai à te parler André. Vous aussi, père, annonça Oscar d’une voix monocorde en apercevant le général à quelques mètres d’elle.

Reprenant finalement le contrôle de lui-même, André fixa son attention sur Oscar. L’absence d’émotions dans la voix de la jeune femme ne pouvait signifier qu’une chose : Oscar avait laissé le colonel prendre une nouvelle fois le pas sur la femme qui était en elle.

L’annonce d’Oscar fut courte mais sans surprise pour celui qui la connaissait depuis l’enfance. Comme il le redoutait, Oscar venait d’émettre le désir de rejoindre son lieu de travail. Grand-mère qui, jusque là, s’était bien gardé de manifester sa présence, éclata en sanglots. Le général tenta de protester mais abandonna vite la lutte en constatant la détermination d’Oscar. André, quant à lui, n’essaya même pas d’extérioriser son désaccord. Il devinait trop bien les pensées de la jeune femme pour savoir qu’elle ne changerait pas d’avis. Quoiqu’il dise ou fasse, Oscar n’en ferait qu’à sa tête.

Oscar remonta dans sa chambre pour se préparer. André allait imiter la jeune femme lorsqu’il sentit la main du général le retenir par le bras. L’ex-palefrenier se retourna et fixa l’officier d’un œil interrogateur.

- Suis-moi dans mon bureau, André, j’ai à te parler.

Bien qu’intrigué par cette soudaine requête, André obtempéra et les deux hommes se retrouvèrent bientôt à l’abri des oreilles indiscrètes. Le général se dirigea vers la fenêtre et observa André dans le reflet de la vitre. Le visage du jeune homme était pâle, d’une pâleur presque fantomatique. Il n’était pas besoin d’être devin pour pouvoir lire en lui. André se consumait littéralement d’amour pour sa fille et l’idée qu’elle puisse sombrer dans les abîmes de la souffrance parce qu’il n’avait pu la protéger, lui venir en aide au moment fatidique, devait lui être insupportable. L’impuissance était le pire des maux. Le général ne le savait que trop. Lui-même se haïssait pour ne pas avoir su empêcher le fruit de sa chair d’être confronté aux vils caprices de l’homme. En père indigne qu’il était, l’officier avait laissé ces bougres abuser de sa fille sans même lever le petit doigt. Son ignorance n’était pas une excuse, il aurait dû savoir. Etre là pour elle. Mais non, il l’avait laissé en proie à l’humiliation et la douleur. La douleur d’être femme en dépit du mensonge derrière lequel elle avait été contrainte de fuir toute sa vie durant. Oscar était née femme. Le général avait fait d’elle un homme, occultant par la même les attributs dont la nature l’avait dotée. Quelle autre alternative que la vengeance lui restait-il à présent pour apaiser la haine qu’il ressentait contre ses agresseurs, contre lui-même ? Ces rustres avaient osé violer son bien le plus précieux, ils le paieraient donc de la façon la plus cruelle qui soit.

- André, je suppose que tu as l’intention de venger ma fille.

Le général avait parlé d’une voix froide et posée contrastant largement avec le flot d’émotions qui bouillonnait en lui à cet instant précis. André le regarda, interloqué. Cette affirmation l’étonnait. Il ne se doutait pas que l’officier voyait si clair en lui mais à quoi bon nier. Oui, André souhaitait assouvir sa vengeance. Quitte à recourir au meurtre, André n’aspirait plus qu’à une seule chose : faire payer à ces hommes tout le mal qu’ils avaient fait à Oscar.

- Oui, mon général, je ne vous cacherais pas qu’il s’agit là de mon souhait le plus cher.

Le militaire se retourna et fixa André un moment. L’espace d’un instant, le jeune homme crut apercevoir une lueur de reconnaissance dans le regard de son maître mais ce dernier regagna très vite sa froideur habituelle. Malgré la gravité de la situation, André ne put s’empêcher de sourire intérieurement en constatant l’entêtement du général à ne pas vouloir laisser transparaître ses sentiments. Oscar et lui se ressemblaient tellement qu’il aurait été difficile de ne pas se rendre compte du lien de parenté qui les unissait.

A peine avait-il eu cette pensée que le général s’approcha de lui et posa l’une de ses mains sur son épaule. Cette réaction inattendue décontenança quelque peu André. Le général le dévisageait maintenant d’un air grave, presque alarmé. Ses yeux scintillaient étrangement. André sentit sa gorge se serrer. L’officier semblait anéanti. Le jeune homme avait beau se douter des dégâts qu’avait pu occasionner le viol d’Oscar sur la personne du général, jamais il n’aurait cru ce dernier capable d’afficher aussi facilement sa détresse.

- André, dit-il en serrant fortement l’épaule du jeune homme, je t’aiderai à châtier ses traîtres, sois-en certain.

Le visage en larmes, le général ne quittait pas André des yeux. Le regard de l’ex-palefrenier s’adoucit.

- Bien, général.

Le militaire accentua la pression de sa main sur l’épaule d’André en guise de reconnaissance puis se détourna du jeune homme pour regagner la fenêtre. Comprenant que l’officier souhaitait à présent rester seul, André s’éclipsa du bureau sans mot dire. Le poids du drame qu’avait vécu Oscar broyait leurs cœurs comme l’aurait fait le plus puissant des étaux. André soupira tristement en se remémorant le visage larmoyant du général. Cette douleur qu’ils partageaient n’aurait-elle donc jamais de fin ? Etait-ce là le prix à payer pour aimer en silence une femme dont le cœur fuyait à chaque fois que le leur tentait une approche désespérée ? Bien que leur maladresse leur ait parfois causé du tort, le doute n’était pas permis. Leur amour éperdu n’était pas une chimère. Ils l’aimaient. Au-delà des mots. Plus que de raison. Mais Oscar ne semblait pas vouloir le comprendre. Au lieu de permettre à leurs cœurs de se rencontrer, Oscar revêtait ce masque d’indifférence qu’ils ne pouvaient briser malgré leurs efforts. Qu’allait-il se passer maintenant qu’Oscar avait perdu sa protection, dévoilé ses faiblesses au reste du monde ? Plus que jamais André priait pour que la jeune femme ait la force et le courage de ne pas sombrer dans le précipice que recélait son cœur. Oui il prierait de tout son cœur et de toute son âme. Il prierait… et la vengerait ! Le général était même prêt à l’aider. La vengeance serait l’exutoire à tous leurs maux.

L’heure du départ avait sonné. Comme à son habitude, le visage d’Oscar ne laissait transparaître aucune émotion, mais André n’était pas dupe. L’avait-il d’ailleurs jamais été ? Oscar était anxieuse. Elle appréhendait d’être jugée inapte à diriger ses hommes et était probablement terrorisée à l’idée de croiser le regard de ses agresseurs. Tout en éperonnant sa monture, André continuait de l’observer à la dérobée. Malgré tous les efforts de la jeune femme pour le cacher, André pouvait sentir sa détresse. Son cœur battait la chamade. Il tambourinait si fort dans sa poitrine que le grenadier n’avait même pas besoin de coller son corps au sien pour en être persuadé. Pourtant et malgré l’évidence que représentait sa crainte pour le jeune homme, Oscar persistait à vouloir se calfeutrer dans son mutisme. La peur intérieure de la jeune femme rejaillissait sur sa propre inquiétude. Le souvenir d’une Oscar disparaissant de la surface du lac était encore si vivace dans son esprit qu’il ne pouvait s’empêcher de craindre le pire. Son Oscar était si fragile malgré les apparences ! Elle s’était confiée à lui une fois mais rien n’indiquait qu’elle serait prête à réitérer l’expérience. Comme si le fait de redevenir l’officier supérieur des Gardes Françaises impliquait la dissimulation du moindre sentiment humain.

L’inquiétude d’André disparut presque totalement lorsqu’ils parvinrent aux portes de la caserne. Tous les regards étaient dirigés vers eux, dévisageant Oscar comme s’il s’était agi d’une revenante. Tous semblaient surpris de constater à quel point Oscar était digne de porter l’uniforme. Alors qu’elle venait de subir la pire des humiliations qui soit, Oscar demeurait là, devant eux, le visage aussi impassible qu’à l’habitude. Des murmures d’admiration s’élevèrent de la foule au fur et à mesure de leur progression, laissant bientôt place à un immense sourire. André n’en était pas peu fier. La femme qu’il aimait avait réussi par le biais de son charisme et de sa velléité à obtenir d’une horde de soldats pourtant réputés insensibles et sauvages, le respect dû à son rang. Non. André sourit. Oscar avait obtenu bien davantage. La loyauté et l’admiration de ses subalternes. Le grenadier jeta un œil en direction de jeune femme et constata avec soulagement que les traits de son visage s’étaient adoucis. Oscar semblait soulagée de constater que ses hommes ne lui reprochaient pas sa féminité, ce fardeau qu’elle essayait tant bien que mal de dissimuler depuis l’âge de ses quatorze ans et auquel il lui était à présent impossible de se dérober. Soudain, l’expression de la jeune femme se figea. André sentit son cœur se serrer. Empruntant le chemin tracé par les yeux d’Oscar, le jeune homme aperçut un soldat à forte ossature qui la défiait du regard. Rodolphe. La colère se propagea lentement dans sa chair. L’ex palefrenier dut se retenir pour ne pas se jeter sur l’agresseur d’Oscar. Mais reprenant rapidement ses esprits, André comprit qu’agir de manière aussi brutale ne ferait qu’enliser Oscar dans sa propre défaite. L’estime déjà fort affectée de la jeune femme s’effondrerait à la moindre égratignure supplémentaire. André en avait la certitude. Non il ne pouvait pas céder à sa vindicte. Il ne le devait pas. Du moins pas tant que le Duc de Breuil serait dans les parages.

La cérémonie de bienvenue avait commencé depuis une bonne demi-heure déjà. Le masque de fierté derrière lequel Oscar cachait son émoi ne leurrait personne. André moins que quiconque. Chacun des gestes de la jeune femme trahissait sa nervosité. Conscient que sa plus grande erreur serait d’attirer l’attention sur lui, André se garda bien de toiser l’homme qui se trouvait à quelques mètres de lui. Plus les minutes passaient, moins André ne pouvait supporter sa présence. La violence qu’il contenait au fond de lui n’attendait qu’à pouvoir s’exprimer pleinement. Alors qu’il observait Oscar passer ses troupes en revue, André ne pouvait s’empêcher de lire la peur sans ses yeux. Cette peur que ne cessait d’aviver le regard sournois de l’homme qui lui avait volé sa virginité. Lorsque l’homme brossa ses lèvres de sa langue en fixant le colonel de son œil de verre, André ne put résister davantage et s’élança de tout son être sur l’agresseur.

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Blessures – PUBLIC LIMITE ADULTE – Chapitre 3

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Oscar est victime d’un viol et en ressort anéantie. André n’en mène pas large non plus. Parviendront-ils à surmonter cette épreuve ?

ATTENTION : PUBLIC LIMITE ADULTE !

 

Chapitre 3

André était encore sous le choc de sa récente confrontation avec Oscar. Ses paroles lui avaient fait l’effet d’un poignard. Le voyait-elle vraiment ainsi ? Comme un homme qui abuse des femmes pour son bon plaisir ? A cette pensée, le jeune homme sentit une immense vague de tristesse l’envahir. Oscar avait peut-être raison. Etait-il réellement si différent de l’homme qui l’avait violée ? Après tout lui aussi avait l’avait désirée et utilisée pour sa satisfaction personnelle… Ce soir-là, André avait eu envie d’elle comme jamais auparavant… Etait-ce à cause de son état d’ébriété ? De sa proximité ? Ou tout simplement de son agressivité ? A moins que cela n’ait été dû à la crainte de perdre définitivement la vue ? Mais quelle qu’en soit la raison, André avait laissé son désir prendre le pas sur les sages conseils de son cœur… et cela le rendait peut-être encore plus cruel que l’agresseur d’Oscar… car contrairement à lui, ce dernier ne l’aimait pas ! Le fait qu’il ait risqué de lui faire endurer la pire des atrocités dans le seul but de satisfaire le désir brûlant qu’il éprouvait pour elle alors qu’il l’aimait… de toute son âme et de tout son être… était bien plus qu’il n’en pouvait supporter. Sa culpabilité aidant, le jeune homme se laissa rapidement envahir par la rage et le désespoir. Avec une violence sans pareil, André saccagea tout ce qu’il lui passa sous la main. Sa colère n’avait plus de limite. Il se détestait pour tout ce qu’il était et ce qu’il n’était pas, pour n’avoir pu protéger Oscar le jour du drame mais aussi pour avoir failli lui ôter son innocence… même si contrairement à son agresseur, André avait pu éviter de commettre l’irréparable… En deux temps trois mouvements, la chambre du jeune homme ne fut bientôt plus que débris et reliquats.

Alarmée par tout ce bruit, Grand-mère était entrée dans la pièce alors qu’André se chargeait de briser le dernier bibelot de sa modeste collection. La vieille dame était terrifiée par le comportement de son petit-fils. Lui qui était habituellement si calme et posé était en train de perdre totalement la tête. Les larmes lui montèrent aux yeux en constatant la tristesse qui émanait de son être. Il aimait tant Oscar. Depuis leur plus tendre enfance, André avait toujours été particulièrement attachée à la jeune femme. Cet attachement déjà si profond au moment de leur adolescence s’était aujourd’hui transformé en une passion dévorante qui lui brisait le cœur. Mu par un élan de tendresse infinie, la veille dame s’approcha du jeune homme pour lui manifester son soutien mais celui-ci repoussa son bras. Sa grand-mère ne devait pas le voir comme ça. Il ne pouvait lui infliger une telle vision de lui-même. Afin d’échapper au regard meurtri de la vieille femme qui, assurément, ne comprenait pas pourquoi son petit-fils la rejetait, André se précipita hors de la pièce et referma brutalement la porte derrière lui. Sans attendre, l’ancien valet descendit aux cuisines pour se rafraîchir un peu le visage et ainsi apaiser les tourments de son esprit.

Toujours confinée dans les couvertures, Oscar n’avait bien sûr rien perdu de la scène qui venait de se dérouler à quelques lieux de là. A chaque verre cassé, la jeune femme sentait son cœur remonter dans sa poitrine. Les paupières crispées et les mains pressées contre ses oreilles, Oscar tentait d’échapper au gouffre de la douleur. Tout était de sa faute. Si André réagissait aussi brutalement, la jeune femme ne devait s’en prendre qu’à elle. Elle était la cause de sa souffrance et n’avait eu de cesse d’accentuer la douleur de son ami tout au long de son existence. Celui-ci n’avait toujours eu qu’un désir, être à ses côtés et la soutenir quelle que soit les difficultés auxquelles elle devrait faire face. Bien que sachant cela, Oscar avait encore trouvé le moyen de le faire culpabiliser pour un geste maladroit qui ne se reproduirait sans doute jamais. La jeune femme ne se supportait plus. Elle se sentait sale et souillée. Physiquement et moralement. André ne méritait pas ça. Il ne méritait pas de souffrir autant. Pour son bien Oscar devait disparaître. Sans elle, sa vie serait beaucoup plus simple. Sa longue agonie cesserait enfin et André pourrait réapprendre à vivre sans elle, sans avoir à se soucier continuellement de l’être égoïste et cruel qui l’accompagnait. En outre qui voudrait d’une femme dont le corps était désormais marqué à jamais par l’empreinte de ses agresseurs ? Personne. Pas même André. Convaincue d’agir pour le mieux, Oscar se leva et rejoignit l’écurie pour se choisir un cheval.

André plongea la tête dans une bassine remplie d’eau et la ressortit aussitôt. Un détail ne cessait de le tarabuster depuis qu’il avait quitté Oscar. Une phrase qu’elle aurait dite. Un détail qu’elle aurait mentionné sans qu’il y prête attention et qui avait pourtant son importance. Le jeune homme essaya de se souvenir mais en vain. Tout était flou dans sa tête. La seule chose dont il se souvenait était les paroles blessantes qu’avait prononcées la jeune femme en réponse à son propre accès de fureur. Mais qu’avait-elle pu bien dire à cet instant qui ait retenu momentanément son attention ? La réponse à cette question ne se fit pas attendre. Les yeux d’André s’agrandirent d’horreur lorsqu’il réalisa la signification de l’une des phrases de la jeune femme. Oscar n’avait pas parlé de « lui » mais bien d’ « eux » ! La jeune femme n’avait pas eu un agresseur mais plusieurs. A cette pensée, André eut soudain envie de vomir. Les images du viol tel qu’il se le représentait à présent défilaient dans son esprit à une vitesse incroyable. Non… cela ne pouvait pas être… La vision d’une Oscar en proie aux fantasmes de deux ou trois hommes dont la priorité première était d’assouvir leurs désirs bestiaux l’insupportait au plus haut point. Quitte à subir à nouveau les reproches d’Oscar, André se devait de retourner la voir pour en avoir le cœur net. Si jamais leurs routes venaient à se croiser un jour, André leur ferait amèrement regretter d’avoir posé ne serait-ce qu’un doigt sur la jeune femme. Il ne se contenterait pas de les tuer, mais les ferait souffrir au moins autant qu’Oscar sinon plus.

Parvenue dans la chambre de son amie, l’inquiétude s’empara d’André. Plus aucun signe d’Oscar. Mais où pouvait-elle bien être ? Dans l’état qui était le sien, Oscar pouvait faire n’importe quoi, y compris mettre un terme à ses jours. Malgré le tragique de la situation, André s’interdisait de perdre son sang-froid. Il devait réfléchir calmement et sans paniquer. Où pouvait donc bien être allée Oscar ? Une seule réponse lui vint à l’esprit. Le lac. Oscar était allée près du lac qui avait failli les engloutir étant petits. André en était intimement persuadé. Sans perdre un instant, l’ex-palefrenier enfourcha l’une des montures de l’écurie et galopa en direction du lac. Comme il s’y attendait, un cheval y était déjà attaché. D’un bond, André descendit de sa monture et chercha Oscar du regard. D’abord sur la rive puis dans le lac lui-même. Affolé, André aperçut une touffe de boucles blondes disparaître dans les profondeurs du lac. Sans hésiter une seule seconde, le jeune homme retira ses bottes et plongea pour rejoindre Oscar. Au prix d’un grand effort, André ramena la jeune femme sur la rive. Celle-ci toussa un moment avant de recracher l’eau qui s’était en partie infiltrée dans ses poumons. Son visage était pâle, ses traits tirés. Elle n’avait toujours pas ouvert les yeux. Mu par un élan protecteur, André posa sa tête dans le creux de son épaule et l’entoura de ses bras. Il ne voulait plus la perdre. Plus jamais. Si elle disparaissait que deviendrait-il ? Elle était sa vie, son soleil, sa seule et unique raison de vivre. Sans elle, André ne pourrait pas continuer à vivre. Il n’en aurait plus la force. Il avait besoin d’elle, de ses élans de fierté… de son sourire… oui surtout de son sourire… Depuis plusieurs mois maintenant, depuis le jour où Fersen lui avait annoncé qu’il l’avait reconnue au bal, Oscar s’était renfermée sur elle-même, comme une huître sauvage. Peut-être aurait-elle pu retrouver le sourire s’il n’avait pas perdu le contrôle ce soir-là… Mais non, il avait tout gâché… Puis il y avait eu le drame… ce crime qui bouleverserait à jamais son existence et la sienne. Comment Oscar pourrait-elle se remettre d’une telle blessure faite à son corps de femme et comment pourrait-elle lui faire à nouveau confiance après ce qu’il lui avait fait ? Des larmes roulèrent sur les joues du jeune homme. Mais qu’importe, qu’importe… même si elle devait le haïr pour ça, André ne la laisserait plus jamais seule. Il ne cessait d’y penser depuis lors. Ces brutes qui avaient abusé d’elle risquaient la prison, leur carrière militaire si jamais elle parlait. Comment, dans ces circonstances, pouvait-on imaginer une seule seconde qu’ils ne chercheraient pas à la faire taire ? André resserra son étreinte autour du corps de la jeune femme. Il ne les laisserait plus jamais lui faire du mal.

Oscar battit des paupières et ouvrit les yeux. Une douce chaleur l’enveloppait. La jeune femme baissa la tête et aperçut André. Sa joue reposait sur sa poitrine, ses bras enserraient fermement sa taille et ses jambes étaient mêlées aux siennes. Une telle vision aurait dû la choquer, lui rappeler de mauvais souvenirs, la faire paniquer mais il n’en fut rien. Au fond d’elle, Oscar savait qu’elle ne risquait rien. Elle se sentait en sécurité dans ses bras. Une fois de plus, il lui avait sauvé la vie. Sentant le souffle de la jeune femme lui caresser le front, André releva la tête et plongea son regard vert émeraude dans l’étendue azurée de ses yeux. Leurs visions se troublèrent et une avalanche de larmes se mit à glisser le long de leurs joues. André posa à nouveau sa tête contre la poitrine d’Oscar et laissa parler son cœur.

- Pardon, Oscar. Pardon de t’avoir fait souffrir. Tu as raison, je ne vaux pas mieux qu’eux. Mais s’il te plaît Oscar, ne me punis pas en me quittant. S’il te plaît… Sans toi, je ne suis plus rien !
- André…
- Je t’aime Oscar. Je t’aime à en mourir !

Profondément émue par la déclaration de son ami, Oscar remonta sa main le long de son dos et lui caressa les cheveux avec douceur.

- C’est à moi de te demander pardon… à moi et à moi seule… je ne mérite pas ton affection… j’ai toujours été tellement injuste avec toi… Je me déteste André… Je me déteste vraiment… C’est pour ça que je voulais mourir… pour ne plus être un poids pour toi… pour…

André releva la tête sans comprendre.

- Un poids pour moi ? Mais enfin Oscar, tu ne le seras jamais !

Le jeune homme était complètement ébahi par les dernières paroles d’Oscar.

- Oh André… si tu savais comme j’étouffe… je ne me reconnais plus… je ne me supporte plus…

Sous l’œil impuissant d’André, le corps d’Oscar fut bientôt parcouru par une série de spasmes et de sanglots. L’officier ne maîtrisait plus rien. Les larmes s’échappaient de ses yeux par centaines et pourtant Oscar semblait encore vouloir taire la peine qui était en elle. André s’en rendit compte et cela lui brisa le cœur. Après tout ce qu’elle avait dû subir, la jeune femme hésitait encore à se laisser aller, à dévoiler ses peurs, ses craintes et ses faiblesses.

- Oscar, nous ne sommes que tous les deux… tu as le droit de te laisser aller, de lâcher toute cette douleur qui est en toi… N’essaie pas de te retenir comme tu le fais, tu te fais du mal… tu me fais du mal.

Le jeune homme avait prononcé sa dernière phrase d’une voix presque inaudible. Il ne supportait vraiment plus de la voir se détruire ainsi de l’intérieur. Comme pour l’encourager à exhaler son chagrin, André rapprocha son visage du sien et caressa sa joue avec une infinie tendresse. Leurs regards se croisèrent à nouveau et Oscar se précipita dans ses bras. La tête sous le menton d’André, Oscar accepta enfin de se laisser aller et pleura comme une petite fille. Le jeune homme plaça une main sur sa tête, l’autre sur son dos et l’attira contre lui.

- Oh André, si tu savais comme j’ai eu peur… je croyais pouvoir leur faire face… je le croyais vraiment… mais… quand… quand ils m’ont… allongée de force sur le sol…j’ai… je…

André pressa les paupières.

- Si tu as besoin de te confier, je suis là Oscar… je peux tout entendre… tout…

En dépit de la honte qu’elle ressentait, Oscar se sentit soudain plus confiante. Pouvoir parler du viol avec André, de ce qu’elle avait ressenti durant ces heures de torture, la soulageait d’un grand poids. En lui confiant ses peurs, ses doutes, ses remords, la jeune femme se mettait quasiment à nu devant lui. Pourtant, paradoxalement, Oscar ne s’était pas sentie aussi libérée depuis fort longtemps. L’affection et la tendresse dont l’entourait André en ces moments difficiles firent naître en elle un sentiment nouveau qu’elle ne soupçonnait pas. Petit à petit, Oscar se rendait compte que la relation qui les liait était unique et bien plus forte qu’elle ne l’aurait cru. L’officier commençait à s’interroger sur la véritable nature de ses sentiments pour André. Etait-elle amoureuse de lui ? La jeune femme n’aurait su le dire mais une chose était certaine, André était la seule personne avec qui elle se sentait totalement en confiance. En ce moment même, Oscar n’aurait voulu se trouver dans les bras de personne d’autre. André lui suffisait amplement.

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Blessures – PUBLIC LIMITE ADULTE – Chapitre 2

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Oscar est victime d’un viol et en ressort anéantie. André n’en mène pas large non plus. Parviendront-ils à surmonter cette épreuve ?

ATTENTION : PUBLIC LIMITE ADULTE !

 

Chapitre 2

André et Alain étaient sur le point de quitter le dortoir pour rejoindre le réfectoire lorsque Lassalle se précipita vers eux l’air affolé.

- Alain… Al….

Lassalle eut beaucoup de mal à reprendre son souffle tant sa course avait été rapide. Ce qu’il avait vu l’avait grandement secoué et ne sachant comment réagir, sa première réaction avait été de prévenir Alain.

- Calme-toi… et dis-nous ce qui te met dans cet état ! On dirait que tu as vu un fantôme… ironisa Alain.
- Quand… tu sauras de quoi… il s’agit… je… peux… t’assurer que tu ne riras plus….
- Hé bien dis-nous dans ce cas !
- Je… je suis allé… dans l’armurerie ce matin…. pour vérifier l’état des fusils et… quand j’ai ouvert la porte… j’ai… j’ai vu…

Lassalle avait tellement été choqué par la scène qu’il ne parvenait pas à trouver ses mots.

- Qu’as-tu vu ? Hé bien parle ! lui intima Alain exaspéré.
- J’ai vu… une femme étendue au sol… son… elle était nue… très mal en point… je crois qu’elle a été violée !
- Violée ?? Mais… comment est-ce qu’une femme…
- … le colonel…. Je crois que c’était le colonel…

En entendant ces mots, Alain ne put s’empêcher de regarder André. Ce dernier était livide. Alain voulut parler mais aucun mot ne sortit de sa bouche. André réalisait peu à peu l’horreur de la situation. Ses yeux s’écarquillèrent de stupeur lorsqu’il comprit ce qui était arrivé à Oscar. Sans attendre une seconde de plus, il se mit à courir en direction de l’armurerie.

« OSCAR ! »

Le trajet le séparant de l’armurerie lui parut durer une éternité. Lorsqu’enfin il atteignit la salle, les battements de son cœur redoublèrent de violence. Au fond de lui, André espérait que tout cela ne fût qu’une lamentable plaisanterie destinée à humilier Oscar. Après un long temps d’hésitation, André se décida à vaincre son appréhension et ouvrit la porte. Ce qu’il vit le cloua sur place. Des larmes coulèrent sur ses joues à la vue du spectacle terrifiant qui s’offrait à lui. Tous ces bleus… et… et… ce sang entre ses cuisses… André ne voulait y croire. Oscar, son Oscar n’avait pas pu… être… Avec un sang-froid plus qu’étonnant vu les circonstances, André s’avança vers la femme qu’il aimait et s’agenouilla près de son visage. Certaines parties de ce dernier étaient terriblement mal en point. Son nez et sa lèvre saignaient. L’émotion était trop forte. André se mit cette fois à pleurer avec abondance. D’un geste emprunt de douceur, André approcha sa main du visage de la jeune femme et effleura sa peau meurtrie. Au contact de ses doigts, Oscar se réveilla en sursaut et poussa un cri strident. André retira sa main, dépité tandis qu’Oscar tentait tant bien que mal de s’éloigner de lui.

- Non ! Ne me touchez pas ! Nooooooonn ! hurla l’officier les bras placés de façon à échapper à toute nouvelle tentative de l’agresseur.

Prenant son courage à deux mains, André avança vers elle lentement et lui saisit les poignets. La jeune femme cria de plus bel.

- Noooonnnn ! Noonnnnn !
- Calme-toi Oscar… c’est moi, André.

La voix du jeune homme tremblait mais par le plus grand des miracles, celui-ci était parvenu à garder le contrôle de lui-même. D’un geste un peu plus ferme qu’il ne l’aurait voulu, André obligea Oscar à le regarder. La jeune femme continua de crier un moment puis finit par réaliser que la personne qui lui faisait face ne lui voulait aucun mal. Mieux qu’il s’agissait d’André. Avide de réconfort, le colonel se jeta à son cou dès qu’il le reconnut. André fut si surpris et décontenancé par ce geste qu’il en perdit l’équilibre et atterrit sur les fesses. Oscar pleurait désormais à chaudes larmes et ne semblait plus vouloir le lâcher. Désireux de lui procurer un peu de chaleur, André déposa la veste de son uniforme sur ses épaules et l’entoura de ses bras.

- Là, tu ne crains plus rien, je ne te ferai jamais de mal, tu le sais bien…
- Tiens prends ça !

André se retourna en entendant la voix d’Alain et vit la couverture que celui-ci lui tendait. Sans attendre, il agrippa le tissu et se chargea d’y emmitoufler le corps d’Oscar. Avec beaucoup de précaution, André passa une main sous les genoux de la jeune femme et la souleva. Lorsqu’il fut debout, André se dirigea immédiatement vers la sortie. En quittant les lieux le plus rapidement possible, le jeune homme espérait ainsi pourvoir échapper à la foule qui ne manquerait pas de s’amonceler devant la salle d’ici quelques temps. Parvenu à quelques mètres de son cheval, André remercia intérieurement Alain pour ne pas lui avoir posé de questions sur la véritable nature d’Oscar. Vu l’état second dans lequel il se trouvait actuellement, André aurait été incapable de lui fournir la moindre explication.

Mais le pire était encore à venir. André allait maintenant devoir affronter les foudres du général et les reproches de Grand-mère sans compter leur immense tristesse en découvrant toutes les horreurs par lesquelles Oscar avait dû passer. Lui-même ne s’en remettait toujours pas. De nouveaux sentiments surgissaient au fond de lui et s’emparaient de son être. Après la tristesse que lui avait inspiré la découverte du corps d’Oscar, voilà qu’il éprouvait à présent de la colère. Plus les minutes s’écoulaient, plus cette colère grandissait. Les images du corps maculé de sang d’Oscar ne cessaient de le hanter depuis qu’il avait quitté l’armurerie. Les scénarios se multipliaient dans sa tête. Ce qu’elle avait dû subir, André pouvait seulement l’imaginer mais chaque fois que le visage habituellement si impassible d’Oscar se crispait de douleur, le jeune homme sentait la rage l’envahir. L’imaginer dans les bras d’un autre homme lui était déjà insupportable, mais un viol… André serra les dents et baissa la tête vers Oscar. Celle-ci était accolée à lui et s’accrochait toujours aussi désespérément à son cou. Il ne pouvait voir son visage mais ne doutait pas un seul instant de la détresse dans laquelle elle se trouvait. Alors qu’Oscar s’évertuait depuis son plus jeune âge à oublier jusqu’à la féminité de ses courbes, voilà qu’un homme le lui rappelait de la façon la plus cruelle qui soit. André serra le corps d’Oscar tout contre lui et éperonna le flan de son cheval afin que celui-ci accélère l’allure. Pour l’instant, André ne devait penser qu’à une seule chose, ramener au plus vite Oscar chez elle afin qu’on lui communique les soins nécessaires.

Comme André s’y attendait le général et Grand-mère furent effondrés en apprenant la nouvelle mais chose surprenante ne lui reprochèrent aucunement son manque de vigilance. André en fut quelque peu déçu. Quelque part, le jeune homme aurait souhaité qu’ils manifestent de la rage à son encontre. André se sentait responsable de ce qui était arrivé et éprouvait inconsciemment le besoin qu’on lui reproche son incompétence. Il aurait dû être là pour elle. Pour une fois qu’Oscar restait dormir à la caserne, André aurait dû se douter que les soldats ne la laisseraient pas tranquille. Ils la haïssaient tant. Tout ça parce qu’elle était noble. Ne comprenaient-ils donc pas que le rang social d’un individu n’avait aucune incidence sur la valeur profonde de son être ? Oscar était la personne la plus loyale et la plus juste qu’il connaisse et personne à la caserne de semblait vouloir le voir. On dirait qu’ils ignoraient volontairement ce fait. Etait-il tellement plus simple pour les hommes de haïr plutôt que d’apprendre à aimer leur prochain ? Bien sûr, tous ces soldats devaient se sentir oppressés par la société mais tout de même… Oscar n’avait rien d’un monstre… Tant de droiture émanait d’elle que le jeune homme commençait à douter que le viol ait été seulement la conséquence fâcheuse d’un ressentiment trop exacerbé envers la noblesse. Cette pensée ne fit qu’accroître la culpabilité et la fureur qui l’habitaient. Si jamais cet homme avait le malheur de croiser sa route, André n’hésiterait pas à le tuer, le jeune homme en était maintenant convaincu.

Plusieurs jours s’étaient écoulés et Oscar n’avait toujours pas quitté sa chambre. Elle ne souhaitait voir personne. Pas même André. La détresse qui l’avait poussée à s’accrocher désespérément au cou du jeune homme le jour du drame avait fait place à une immense honte. Pas une minute ne passait sans qu’Oscar ne se souvienne qu’André avait été témoin de l’état lamentable dans lequel l’avait laissé ses agresseurs. Après ça, comment pourrait-elle à nouveau le regarder en face ? Que pensait-il d’elle ? Avait-il ressenti de la pitié pour elle ? De l’exaspération ? Après tout, elle lui avait assuré qu’elle n’aurait plus jamais besoin de lui. Et voilà qu’à la première occasion elle se retrouvait assaillie par trois hommes éméchés, violée et abandonnée telle une loque humaine au milieu de l’armurerie. Oscar haïssait sa faiblesse. Pire que tout, Oscar n’avait alors souhaité qu’une seule chose, qu’André apparaisse et la sauve une fois encore… alors qu’elle lui avait expressément intimé de ne plus s’occuper d’elle. Oscar n’avait pas le droit d’exiger de lui qu’il ne vive que par et pour elle. André ne méritait pas ça. Peut-être l’exécrait-il à présent pour ce qu’elle lui avait fait subir ? A cette pensée, Oscar sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle avait pourtant tellement besoin de sa présence rassurante. Sans lui, Oscar n’arriverait pas à remonter la pente. Tant de souvenirs du drame l’assaillaient que la jeune femme se sentait dépossédée d’une partie d’elle-même. Elle ne savait même plus qui elle était, ni ce qu’elle voulait faire de sa vie. Non, sans lui, Oscar n’y arriverait pas. Mais malgré le vide qui l’aspirait chaque jour un peu plus, l’officier ne pouvait se résoudre à s’accaparer une nouvelle fois la vie de son ami le plus cher.

André était de plus en plus inquiet pour Oscar. Il ne cessait d’aller et venir dans sa chambre, ressassant et ressassant encore chaque minute du drame qui avait anéanti celle qu’il aimait. André aurait tout donné pour être auprès d’elle en ce moment même mais celle-ci ne semblait pas vouloir de lui. Alors qu’il avait eu tellement de mal lui faire lâcher son cou le jour du drame, Oscar ne daignait aujourd’hui même plus lui parler. Le jeune homme était un peu dépité par l’attitude paradoxale de l’officier. Mais comment lui en vouloir ? Ne venait-elle pas de vivre l’événement le plus humiliant qui soit pour un être humain ? A cette pensée, André sentit la colère et la rage l’envahir de nouveau. Qui que soit cet homme, il le paierait. Oui, il le paierait de sa vie.

Bien décidé à demander à Oscar de lui révéler l’identité de son agresseur, André se dirigea vers sa chambre et entra sans même avoir obtenu de réponse de sa part. Oscar sursauta en l’apercevant. Elle ne s’attendait pas du tout à ce qu’il prenne une telle liberté. La jeune femme était partagée entre la joie de le revoir et la peur que lui inspiraient ses yeux en cet instant précis. Tandis qu’il s’avançait vers elle, furibond, Oscar remonta le drap sur elle de façon à se dérober au maximum à sa vue. Parvenu à quelques centimètres du lit, André posa les mains sur le matelas et la fixa droit dans les yeux.

- Oscar, ça ne peut plus durer. Tu dois me dire qui t’a fait ces horreurs. Autrement, je vais devenir fou !

Au lieu de répondre à son ami, Oscar baissa les yeux et serra les poings.

- Oscar réponds-moi, je t’en prie… Oscar !

Le ton de la voix d’André se durcissait chaque fois davantage.

- Je ne… peux pas… Je…
- Si tu le peux, mais tu ne veux pas, pourquoi ?

L’ex-palefrenier commençait à perdre le contrôle de lui-même. D’un geste empli de violence, André débarrassa la table de nuit de tout ce qui la recouvrait. Oscar sentit un frisson lui parcourir l’échine. Le jeune homme pouvait être effrayant parfois.

- Je n’en peux plus Oscar ! Et je ne te comprends pas… Après ce que cet homme t’a fait tu ne veux rien dire… Cet homme t’a violée Oscar, violée ! Te rends-tu compte de la cruauté de cet acte au moins ?

Les dernières paroles d’André eurent raison de la passivité d’Oscar et celle-ci entra dans une colère noire. Comment pouvait-il douter un seul instant qu’elle n’ait pas conscience de la cruauté de cet acte ? C’est quand même elle qui avait dû subir le viol, pas lui.

- Mais bien sûr que je m’en rends compte… que crois-tu ? Que je les ai laissés faire c’est ça ? Tu penses que je joue les victimes et que j’y ai pris plaisir, c’est ça que tu penses ?

André écarquilla les yeux de surprise en entendant Oscar prononcer une telle aberration.

- Mais non ! Je n’ai jam…
- Et je te signale en passant que tu ne vaux pas mieux qu’eux ! Toi aussi, tu…

Oscar s’arrêta net en constatant l’atrocité de ces propos. Comment avait-elle bien pu dire cela ? Décontenancé et blessé par les paroles de la jeune femme, André recula d’un pas. Le cœur d’Oscar se serra, ce n’était pas du tout ce qu’elle avait voulu dire !

- Je… je n’arrive pas à croire que tu me compares à cet homme… Non, je n’arrive pas à y croire…

André était sidéré. Comment avait-elle pu lui dire de telles horreurs ? Le voyait-elle donc vraiment comme cela ? Comme quelqu’un qui avait un jour tenté d’abuser d’elle ? Le jeune homme ne savait plus que penser… Incapable de soutenir plus longtemps le regard de son amie, André quitta la pièce sans même se retourner, abandonnant ainsi face à elle-même, une Oscar plus désespérée que jamais.

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Blessures – PUBLIC LIMITE ADULTE – Chapitre 1

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Oscar est victime d’un viol et en ressort anéantie. André n’en mène pas large non plus. Parviendront-ils à surmonter cette épreuve ?

ATTENTION : PUBLIC LIMITE ADULTE !

 

Chapitre 1

Oscar leva la tête en direction de la fenêtre de son bureau et remarqua qu’il faisait déjà nuit. Ce soir, Oscar n’était pas rentrée chez elle. Le colonel avait préféré dormir à la caserne afin de prouver à ses hommes qu’elle n’avait nullement besoin de son confort habituel pour rejoindre les bras de Morphée. Ils la croyaient incapable de les commander. Elle allait leur prouver le contraire. Jusqu’à présent, Oscar n’avait jamais plié devant personne, et il était hors de question que cela change. Aussi rétifs que soient ses soldats, la jeune femme obtiendrait d’eux qu’ils lui obéissent. Elle n’avait pas accepté ce poste pour être rabaissée et humiliée par ses subalternes. Oscar prouverait à son père qu’il avait tort, que sa décision était la bonne, et qu’il n’y avait aucunement lieu de penser qu’elle ne parviendrait pas à ses fins sous prétexte que ce nouveau régiment de hussards était connu pour être l’un des plus rebelles et dangereux de toute la garnison.

Oscar soupira tristement. Derrière l’apparente détermination de l’officier se cachait un profond mal-être. Malgré tous ses efforts, Oscar ne pouvait s’empêcher de penser à cette fameuse nuit où André avait essayé d’obtenir d’elle ce qu’elle s’était justement résolue à n’offrir à aucun homme. Dans l’espoir vain d’annihiler les souffrances de son cœur, Oscar avait voulu effacer en elle toute trace de féminité. La jeune femme ne souhaitait alors plus qu’une chose : devenir le plus impitoyable des hommes. Pour cela, l’officier avait décidé qu’il ne devait plus dépendre de personne, et cela incluait André. Mais loin de partager son avis celui-ci l’avait embrassé de force, brisant ainsi la carapace qu’elle avait eu tant de mal à se forger au fil des ans. Il avait même été jusqu’à dévoiler une partie de son anatomie qu’elle s’évertuait désespérément d’oublier. Ce qu’avait ressenti la jeune femme à cette instant, Oscar ne le savait pas elle-même. Tant d’émotions contradictoires s’étaient alors emparées de son être ! La peur, l’incompréhension, la honte, la colère, l’inquiétude, la tristesse… touts ces sentiments avaient trouvé place dans son esprit tandis qu’André s’allongeait sur elle et la dominait par la force. Heureusement, le jeune homme s’était arrêté avant de commettre l’irréparable. Oscar n’oublierait jamais la détresse qu’elle avait pu lire dans les yeux de son ami lorsque celui-ci s’était rendu compte de son erreur. Sa douleur l’avait conduit à agir en contradiction totale avec ses principes, et cela Oscar n’avait pu ne pas s’en rendre compte. Elle connaissait son ami mieux que quiconque. Il n’y avait pas d’être plus doux et tendre que lui en ce monde. Mais voilà l’aveuglement dont elle avait fait preuve durant toutes ces années l’avait poussé à l’extrême limite de lui-même. Toute cette violence qu’elle avait sentie en lui lorsqu’il lui avait saisi les poignets, elle seule en était la cause. Oscar ne lui avait jamais tenu rigueur de son laisser-aller cette nuit-là. C’est avant tout à elle qu’elle en voulait. Lorsqu’il lui avait avoué son amour si longtemps confiné au fond de son coeur, Oscar en avait eu le souffle coupé. L’étau de ses sentiments s’était brutalement refermé sur elle. Déstabilisée par cette découverte, Oscar avait enfoncé le poignard encore plus profondément dans le cœur du jeune homme en le chassant définitivement de sa vie. Depuis, bien qu’André ait outrepassé ses ordres pour la rejoindre dans les Gardes Françaises, leurs rapports restaient distants. André ne s’adressait plus à elle qu’en tant que simple soldat. Oscar commençait à regretter le temps où ils chevauchaient insouciants dans la campagne se préoccupant uniquement de savoir qui remporterait la course. Le seul moyen d’aténuer les tourments de son cœur avait été de se lancer à corps perdu dans sa carrière militaire. Travailler d’arrache-pied lui permettait d’oublier André, ses erreurs passées et sa condition de femme.

Oscar baissa les yeux sur le rapport qu’elle était en train de rédiger à l’intention de son supérieur, le Duc de Breuil mais ne parvint pas à se concentrer. Ses pensées se dirigèrent une nouvelle fois vers André. Le jeune homme devait dormir à cette heure-ci. Heureusement pour lui, André avait été plus facilement accepté par les soldats. Oscar ne pouvait que s’en réjouir. Si André avait été maltraité par ces hommes, le calvaire de la jeune femme n’en aurait été que plus grand. Elle n’aurait pas supporté de le voir souffrir devant ses yeux. Si jamais une telle chose devait arriver, Oscar ferait tout pour le protéger, quitte à abandonner définitivement sa carrière militaire. André n’aurait plus jamais à souffrir à cause d’elle, Oscar se l’était jurée en découvrant sa présence ici.

D’un pas las, l’officier sortit de son bureau. Le mieux qu’elle ait à faire pour calmer son esprit était d’effectuer une ronde de nuit dans les couloirs de la caserne. Ses pas la conduisirent directement devant le dortoir d’André. Elle hésita un instant puis continua son chemin. Il était inutile de le réveiller à une heure aussi tardive. Demain serait une rude journée et André avait besoin de repos. Que lui aurait-elle dit de toute façon ? C’était ridicule. Oscar en vint à se demander comment une telle pensée avait pu lui effleurer l’esprit. André n’aurait certainement pas aimé être réveillé au beau milieu de la nuit sans raison. Elle avait pourtant tellement envie de le voir, d’entendre sa voix. Même si celui-ci restait distant avec elle, Oscar aurait tout donné en cet instant pour l’avoir auprès d’elle. Mais comment faire pour entrer dans le dortoir sans réveiller les autres ? C’était tout bonnement impossible. Finalement, Oscar dut se résigner à poursuivre sa route.

Parvenue à quelques mètres de l’armurerie, le colonel entendit ce qui lui sembla être un éclat de rire. Intriguée, la jeune femme s’approcha de l’entrée et ouvrit doucement la porte. Les éclats de voix lui parvenaient maintenant plus nettement. Oscar entra dans l’armurerie et découvrit trois de ses hommes assis en tailleurs au milieu de la pièce, dans une tenue plus qu’alarmante. Leurs vestes étaient grandes ouvertes, laissant apparaître trois torses plus gras et velus les uns que les autres. Ils ne portaient même pas de chemise. Autour d’eux gisaient une vingtaine de bouteilles d’alcool de toute taille et de toute sorte. Le colonel s’approcha du groupe, outré.

- Puis-je savoir ce que vous faites là à une heure pareille et dans une tenue aussi négligée ?

En entendant la voix de leur supérieur, les trois hommes se retournèrent d’un bond et posèrent sur elle un regard empli de dédain.

- Tiens voilà notre petit colonel ! Regardez les gars, il est venu nous réprimander pour notre conduite !
- Nous réprimander ? Hahaha !! Et de quel droit ?
- Peut-être devrions-nous lui apprendre à rester à sa place ?

L’un des hommes se leva et se dirigea vers Oscar en titubant.

- Tu n’y penses pas Rodolphe !?? Alain nous a interdit de toucher à un seul de ses cheveux sans son accord !
- Oui, Gérard a raison. On voit que tu n’as jamais vu Alain en colère !!
- Mais arrêtez de me bassiner avec Alain ! Il n’est pas là que je sache ! N’avez-vous donc pas envie de donner une leçon à ce petit officier prétentieux ??
- Si, bien sûr…
- Alors bougez-vous et venez m’aider ! On va lui faire passer l’envie de recommencer !!

Les deux autres hommes se levèrent à contrecoeur et se dirigèrent à leur tour vers Oscar. Consciente qu’elle ne serait sans doute pas de taille face à ces hommes, Oscar recula de quelques mètres mais ne se laissa pas démonter pour autant. L’officier ne pouvait pas fuir, c’était une question d’honneur. S’ils voulaient la bagarre ils l’auraient. Oscar était prête à se battre quoiqu’il lui en coûte.

- J’attends toujours que vous répondiez à ma question, messieurs !

Emplie de sa fierté habituelle, Oscar fusilla ses assaillants du regard. Les trois hommes se dévisagèrent un instant puis éclatèrent de rire.

- Tu crois que tu nous impressionnes peut-être ! Allez-les gars emparez-vous de lui !

Gérard et son compagnon se jetèrent sur Oscar et malgré la hargne de cette dernière, ne tardèrent pas à l’immobiliser. Rodolphe se retourna et observa un moment le colonel. Celui-ci ne manifestait toujours pas le moindre signe de faiblesse. Alors que la situation tournait à son désavantage, Oscar continuait de le défier du regard. Dans l’espoir de faire taire son arrogance, Rodolphe abattit son poing sur le visage de l’officier. La lèvre de ce dernier saigna mais la jeune femme ne broncha pas. Celle-ci était bien décidée à supporter la douleur jusqu’au bout. Jamais elle ne céderait devant ces brutes. Les poings de son assaillant fusèrent bientôt, multipliant les bleus et les ecchymoses sur la figure d’Oscar. Cette dernière commençait à sentir la douleur lui tirailler la peau. Malheureusement, les deux compagnons de son agresseur la tenaient beaucoup trop fermement pour qu’elle puisse songer à s’enfuir. Elle se résolut donc à attendre patiemment et avec dignité que ses assaillants se lassent. Déçu de ne pas obtenir de la part d’Oscar la réaction escomptée, Rodolphe stoppa ses coups et la dévisagea longuement. Il fut frappé par la finesse des traits de l’officier. Un rictus se dessina sur ses lèvres tandis qu’une pensée des plus malsaines lui traversait l’esprit.

- Je crois que j’ai trouvé le moyen de faire plier, une fois pour toutes, ce petit arrogant ! Déshabillez-le ! Il y a bien longtemps que je n’avais pas goûté aux plaisirs de la chair !

Ses deux compagnons se regardèrent en haussant les épaules, indécis quant à la conduite à adopter. Rodolphe s’en rendit compte et leur jeta un regard haineux qui ne souffrait aucune répartie. Terrifiés, les deux hommes obtempérèrent et tentèrent de s’attaquer à l’uniforme d’Oscar dont la frayeur était désormais palpable. Rodolphe s’en aperçut et cela l’encouragea grandement à poursuivre son méfait. La veste d’Oscar ne tarda pas à se retrouver à terre. Celle-ci avait beau se débattre comme une diablesse, ses agresseurs ne se laissèrent pas du tout intimider. Oscar sentit la main de son subalterne effleurer sa poitrine avant de s’arrêter net. Ce qu’Oscar redoutait le plus était arrivé. L’un des soldats venait de se rendre compte de sa véritable nature.

- Ro… Rodolphe…. Je…je crois que le colonel est une f… femme !
- Quoi ?! Ne te fous pas de moi, ce n’est pas le moment !
- Mais je t’assure… si tu ne me crois pas, tu n’as qu’à vérifier !!

Excité à l’idée qu’une telle aberration puisse être vraie, Rodolphe s’approcha d’Oscar et déchira sa chemise d’un coup sec. Un sourire lubrique se forma sur ses lèvres lorsqu’il découvrit la poitrine de la jeune femme. Une belle paire de seins ronds et fermes. Oscar écarquilla les yeux d’horreur au moment où les mains de l’homme se posèrent sur sa poitrine. Elle voulut crier mais on ne lui en laissa pas l’occasion. Une main se plaqua sur sa bouche tandis qu’on l’allongeait au sol. La jeune femme se démena autant qu’elle put pour échapper à leur emprise mais rien n’y fit. La panique et le désespoir s’emparèrent alors de son être. Non ils n’allaient tout de même pas ? Noooooonnn ! En deux temps trois mouvements, Oscar se retrouva nue et assaillie par trois paires de mains empressées de découvrir les trésors que recelait son corps. Au contact de leurs doigts hideux, les yeux d’Oscar se remplirent de larmes. Rodolphe jubilait. Il y avait tellement longtemps qu’il n’avait pas eu le loisir de toucher une femme. Pour couronner le tout, sa victime n’était pas dénuée de charme. En proie à une fébrilité peu commune, le soldat écarta les cuisses d’Oscar et s’insinua violemment en elle. Une douleur fulgurante la traversa de part en part. Ses membres se tendirent, ses doigts se crispèrent, son visage n’était plus que peine et souffrance. Le cri de la jeune femme se heurta une fois de plus à la main de son assaillant. Oscar était totalement impuissante entre leurs mains et ne pouvait qu’attendre que la torture prenne fin. L’officier ferma les yeux pour essayer de ne plus penser au corps qui était en train de pénétrer au plus profond d’elle-même dans un mouvement croissant de va et vient. Lorsque son agresseur s’écarta d’elle, Oscar osa à nouveau respirer, convaincue que son calvaire était enfin terminé. Aussi quelle ne fût pas sa déception lorsqu’elle sentit un autre corps se placer entre ses cuisses ! Celui-ci entra en elle avec une rage et une violence inouïes. Les larmes de la jeune femme redoublèrent d’intensité à mesure que son agresseur progressait en elle. La fièvre avait également fini pas gagner les compagnons de Rodolphe. La rage et la brutalité de ce dernier n’étaient rien en comparaison de ce que lui faisait subir le dénommé Gérard. Lorsqu’arriva le tour du troisième soldat, Oscar était à bout de force. Elle n’essaya même plus de résister ; l’orgasme fut cette fois très vite atteint. Satisfait de sa performance, le troisième homme se retira à son tour.

Oscar gisait, inerte sur le sol, le corps et le visage recouverts d’ecchymoses. Son entrejambe était maculé de sang et des larmes perlaient encore au coin de ses yeux. Ses trois assaillants la regardèrent longuement, encore tout émoustillés par l’expérience qu’ils venaient de vivre. Rodolphe pensait effrayer la jeune femme pour ne pas qu’elle dévoile leur identité mais l’apparition des premiers rayons du soleil à travers les vitres de l’armurerie ne manqua pas de l’en dissuader. S’ils ne partaient pas très vite, les trois gaillards seraient vite découverts. De toute façon, quoiqu’il arrive, Rodolphe et ses acolytes trouveraient bien un moyen de la faire taire. Ce dont il était sûr en tout cas, c’est qu’elle ne risquait pas de parler maintenant. Vu l’état de détresse dans lequel elle était, il lui faudrait probablement des jours et des jours avant de pouvoir sortir de sa torpeur et articuler deux mots en suivant.

A suivre…

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