Fanfiction Lady Oscar – Trahison – Chapitre 8 : Départ précipité

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Après avoir été blessé, capturé et jeté en prison, André découvrira qu’Oscar est gravement malade. Le jeune homme mettra alors tout en oeuvre pour tenter de lui sauver la vie…

 

Chapitre 7 : Départ précipité

Je la désirais plus que jamais. Je passai ma main dans ses vêtements et caressai sa poitrine avec volupté. Oscar n’opposa aucune résistance et sembla s’abandonner toute entière dans mes bras. Son dos se voûtait sous mes caresses. Je vivais un rêve. Jamais je n’aurais cru pouvoir un jour poser ne serait-ce qu’un doigt sur ce corps idéalisé et longtemps désiré. Quel imbécile avais-je été de croire que la Reine était le seul et unique amour de ma vie ! Je l’avais aimé d’un amour sincère, mais ce que j’avais ressenti pour elle n’était rien comparé aux vagues d’émotions qui me submergeaient lorsque je me trouvais à côté d’Oscar. Le moment que nous partagions à l’instant même en était la preuve vivante. Je brûlais d’amour pour elle. Mes caresses se faisaient plus hardies au fur et à mesure que le feu de la passion s’emparait de mon être. Je la voulais toute entière. Mes lèvres se posèrent sur son cou et glissèrent le long de sa peau brûlante avant d’atteindre la clavicule. Conscient de la rareté du trésor qui s’offrait à moi, je dévêtis mon épouse avec toute la tendresse dont j’étais capable en ce moment de fougue quasi incontrôlable. Je l’aimais tellement.

Mes lèvres parcoururent son corps avec avidité. Je souhaitais tant lui transmettre l’ardeur de mon désir. Tout mon être se consumait pour elle. Je retirai mes vêtements et écartai ses cuisses. Juste avant d’unir nos deux corps pour ce qui aurait pu être la plus passionnée des étreintes de toute mon existence, je relevai la tête vers elle pour obtenir son assentiment. Ce que je vis, me paralysa sur place. Ses paupières, closes, laissaient échapper des torrents de larmes. Oscar fermait les yeux si forts que les traits de son visage en étaient complètement déformés. Sa détresse était telle que je ne me sentis pas le courage de continuer. Je ne voulais pas être le bourreau qui la détruirait en forçant l’intimité qu’elle ne réservait qu’à un seul être, André Grandier. Je m’écartai d’elle à contrecoeur et saisis le drap du lit pour masquer sa nudité. Mieux valait éviter que la vue d’un tel spectacle ne déclanche à nouveau en moi les feux de la passion. Je me rhabillais déçu tout en observant Oscar du coin de l’œil. Enfermée dans sa douleur, elle ne s’était même pas aperçue que je ne la touchais plus. Elle continuait de presser désespérément ses paupières comme si sa vie en dépendait, les membres tendus et les poings serrés. Je m’agenouillai près d’elle et déposai un ultime baiser sur ces lèvres qui me seraient probablement défendues à jamais. La caresse de mes lèvres sur les siennes eut l’effet escompté. Oscar ouvrit lentement les yeux et me regarda quelques instants sans comprendre. Je m’approchai de son oreille et lui murmurai ce que je m’étais jusqu’à présent refusé à admettre.

- Oscar… pardonnez-moi… je n’aurais pas dû…. André est encore trop présent dans votre cœur… Vous ne me voyez pas… Ce n’est pas moi que vous désiriez retrouver en vous abandonnant comme vous l’avez fait… non ce n’était pas moi mais lui… lui que vous aimez encore si fort… lui que je ne suis pas et que je ne serai malheureusement jamais….

En entendant ces paroles, Oscar se mit à pleurer. D’abord très faibles, ses sanglots s’intensifièrent au point de l’obliger à couvrir son visage de ses mains. Je la sentais honteuse, honteuse de l’état de détresse dans lequel elle se trouvait. Elle ne voulait pas que je la voie ainsi. Elle qui était habituellement si forte et déterminée. La mort d’André l’avait anéantie. Elle n’était désormais plus que l’ombre d’elle-même et je ne pouvais rien faire. Rien à part la prendre dans mes bras et la serrer tout contre moi, lui prouvant ainsi que je serai toujours là pour elle quoi qu’il advienne…

Je la soulevai légèrement et passai un bras autour de ses épaules. Sans attendre, Oscar posa sa tête contre mon torse et se laissa submerger par le chagrin. Je l’enlaçai tendrement et lui murmurai des paroles réconfortantes dans le creux de l’oreille. Oscar était comme une petite fille. Totalement perdue et désorientée après la perte de celui qui avait été le seul homme de sa vie. Je ne pouvais pas se voiler la face plus longtemps. André avait toujours compté énormément pour elle, même lorsqu’elle prétendait avoir des sentiments pour moi. André avait toujours été le premier homme dans son cœur et le resterait probablement à jamais. J’espérais juste pouvoir un jour panser ne serait-ce qu’un millième de cette plaie béante. Je ferais tout pour elle. Tout. Mais pour le moment, Oscar n’était pas encore prête à accepter la présence d’un autre amant dans sa vie. Je devrais donc me résoudre à contempler mon épouse de loin, en m’assurant qu’elle n’était privée de rien. Je m’en voulais tellement de ne pas avoir su résister lorsqu’il y a quelques heures, Oscar s’était offerte à moi. Je savais qu’elle souffrait et pourtant je ne l’avais pas repoussée. J’avais écouté les suppliques de mon corps et fait abstraction des mises en garde de mon cœur. Je n’étais qu’un imbécile.

- Pardonnez-moi… Oscar… pardonnez-moi… je n’aurais pas dû profiter de vous comme je l’ai fait…

Oscar releva la tête vers moi. Ses magnifiques yeux bleus, habituellement si pétillants et pleins de fierté, étaient dévastés par les larmes. Le visage d’Oscar s’était peu à peu laissé happer par la souffrance et la douleur. Elle posa ses doigts tremblants sur mes lèvres.

- Fersen… je vous en prie… ne dîtes plus un mot… Vous n’êtes en aucun cas fautif de ce qui vient de se produire… je suis la seule responsable…. vous m’entendez… la seule !
- … Oscar…
- Non… Fersen écoutez-moi… réussit-elle à murmurer entre deux sanglots. C’est à moi de vous demander pardon… Pardon… pardon, Fersen… pardon pour ce que je vous ai fait….

Je posai sa tête contre son épaule et la serrai plus fort.

- Vous êtes toute pardonnée Oscar… Vous souffrez tant, je le vois bien… Si seulement vous me laissiez soulager votre peine par quelque moyen que ce soit….

A ces mots, Oscar eut un sourire triste.

- Vous êtes là et c’est déjà beaucoup…

Nous reprîmes le fil de nos ébats platoniques. En cet instant, chacun avait besoin de la présence de l’autre, tant et si bien que nous demeurâmes ainsi enlacés de longues heures durant avant de finalement mettre un terme à cette étreinte. Conscient que la belle devait encore s’aliter quelques jours avant de retrouver ses forces, je l’allongeai sur le lit, l’embrassai sur le front et quittai la pièce le cœur lourd.

***

Le lendemain matin.

Les traits de mon visage étaient tirés et mes yeux bouffis. La veille avant de me coucher, j’avais croisé le médecin qui s’occupait d’Oscar et celui-ci m’avait révélé que la femme que j’aimais n’en avait plus pour très longtemps à vivre. Tant qu’elle se laisserait dépérir de la sorte, elle n’aurait aucune chance de guérir. Je n’avais pu le supporter et avais pleuré tout mon saoul. Que pouvais-je donc faire pour qu’elle décide de se reprendre en main ? Elle devait se ressaisir ! Oui, il fallait qu’elle accepte de vivre. De vivre en supportant ce vide qui ne la quitterait probablement plus jusqu’à la fin de ces jours, mais qu’il était néanmoins possible d’amoindrir si seulement Oscar le voulait vraiment. J’aurais voulu lui transmettre ma force, mon amour mais Oscar restait pour le moment hermétique à tous mes élans de tendresse. Mon dévouement la touchait mais au fond de son cœur, Oscar n’avait pas encore de place pour accueillir mon âme en peine. Je me dirigeai d’un pas lent et frappai à la porte de notre chambre. Cette nuit j’avais choisi de dormir dans la chambre d’ami.

- Oscar ? C’est moi Fersen. Accepteriez-vous de me recevoir quelques instants ?

Rien. Aucune réponse ne me parvint. Oscar restait muette. Intrigué, j’entrouvris légèrement la porte et jetai un coup d’œil à l’intérieur. A ma grande stupéfaction, Oscar n’était pas là. Le boudoir était entièrement vide. Je rentrai le cœur battant, horrifié à l’idée qu’il lui soit arrivé quelque chose. Peut-être avait-elle perdu connaissance ? Je me précipitai dans la chambre pour lui porter secours mais eus la désagréable surprise de ne pas l’y trouver non plus. Je commençai sérieusement à m’inquiéter de son absence d’autant qu’elle n’était pas descendue prendre le petit déjeuner. C’est alors que je me rendis compte. Une grande partie de ses affaires avait disparue ! La panique s’empara de moi. Pourquoi était-elle partie ? Et qui plus est sans rien me dire ? J’espérais ne pas en être la cause. Si jamais cela était en lien avec ce qui s’était passé la veille, je ne me le pardonnerais pas. Et puis qu’allait-elle devenir seule et malade ? Où avait-elle bien pu se rendre ? Les questions se bousculaient dans ma tête accentuant mon mal-être. Je dus m’asseoir sur le lit pour ne pas défaillir. Mes yeux se posèrent par inadvertance sur la table de chevet. Une enveloppe blanche attira mon attention. Non, ce n’était tout de même pas…. Je tendis le bras et saisis le papier d’une main tremblante. Je le retournai et constatai qu’il s’agissait d’une lettre d’Oscar. Oscar ! Sans attendre une seconde, je déchirai l’enveloppe et en retirai la feuille blanche qu’elle contenait. Mes yeux s’écarquillèrent de désespoir à la lecture de ces quelques lignes.

Cher Fersen,

Je suis désolée de ne pas avoir attendu votre réveil pour vous l’annoncer mais l’on m’a apporté tôt ce matin une lettre de Rosalie me prévenant qu’André était vivant ! Vivant ! Vous rendez-vous compte ? Vivant ! Je n’en reviens toujours pas ! Bernard l’a aperçu aux abords de Paris mais n’a pas été assez rapide pour l’intercepter. Surpris de sa découverte, il en a tout de suite informé Rosalie et cette dernière s’est empressée de me transmettre la bonne nouvelle. Depuis que j’ai lu cette lettre, mes larmes ne cessent de couler. Je ne peux vous décrire le tourbillon d’émotions qui s’est insinué en moi à la lecture de ce pli. Si vous saviez Fersen comme j’ai prié, prié pour qu l’on me rende l’homme que j’aime ! Jamais je n’aurais cru être exaucée si vite. Je pensais que seule la mort nous permettrait de nous revoir. Mais le destin en a décidé autrement et m’a offert la chance de réparer mes erreurs passées. Je n’ai pas pu attendre plus longtemps. Il fallait que je parte à sa rencontre ! Il le fallait !! Je le retrouverai, dussé-je y passer des mois ! Pardonnez-moi Fersen ! Après tout ce que vous avez fait pour moi, je vous quitte ainsi… je me hais d’agir aussi cruellement… mais… je l’aime, oui je l’aime… je ne sais pas si ces mots suffiront à excuser ma conduite mais c’est en tout cas la seule explication que je puisse vous fournir.

Avec toute ma reconnaissance et toute mon amitié,
Oscar

Je laissai tomber la lettre au sol et enfouis ma tête dans mes mains. J’étais anéanti. Oscar m’avait quitté. J’aurais dû m’y attendre. Le rêve était trop beau. Il était évident que je n’aurais jamais dû l’épouser. C’était une erreur qu’il me fallait désormais payer. J’avais momentanément cru qu’elle finirait par m’aimer. Même si je la voyais dépérir sous mes yeux, je ne pouvais m’empêcher de penser que nos relations s’amélioreraient en laissant faire le temps, qu’André finirait par ne plus la faire souffrir. Mais il a fallu que le destin s’en mêle et mette à nouveau André sur sa route. Et dire qu’Oscar était ma femme ! MA femme ! Pas la sienne, la MIENNE !

« Ah André si tu savais comme je te maudis en cet instant pour tout le mal que tu me fais ! Il te suffit d’apparaître et Oscar te tombe dans les bras ! Oscar t’appartient corps et âme sans que tu aies besoin de lever le petit doigt ! Moi au contraire, j’ai dû multiplier les efforts pour obtenir son attention et encore elle n’a agi que par dépit ! Mais ce que je dis est injuste et je le sais. Tu as tant souffert de son indifférence toutes ces années. Tu as bien le droit d’être heureux. Oscar t’aime plus que de raison et toi tu donnerais ta vie pour elle s’il le fallait. Mais pourquoi a-t-il fallu que je tombe amoureux d’elle ? Pourquoi ? J’aurais tant voulu la rendre heureuse ! Mais toi seul en es capable à présent… »

La seule ombre au tableau demeurait la maladie dont elle était atteinte. Allait-elle réussir à guérir ? D’après le médecin qui s’était occupé d’elle, seul un miracle pourrait la sauver. Le sort en était jeté. Soit Oscar succombait des suites de sa maladie, soit elle vivait.

« André, je te le demande, redonne-lui la force de lutter contre ce mal infâme qui la ronge ! Je t’en conjure, André ! Si tu lui permets de vivre André, j’accepte de me sacrifier sans l’ombre d’un remord ! Ce qui m’importe le plus c’est qu’elle vive ! Je comprends maintenant les raisons qui t’ont poussé à agir comme tu l’as fait lorsque vous étiez en prison ! Oh oui, comme je te comprends André… Et dire que j’ai eu la faiblesse de croire que tu ne l’aimais pas assez… Comment pourrais-tu ne pas l’aimer suffisamment, toi qui as toujours tout fait pour elle… Je t’envierai sans doute le reste de mes jours pour avoir la chance de posséder un tel trésor mais sache que je ne m’interposerai plus jamais entre vous… Oscar et toi êtes comme les deux faces d’un même écu, l’un sans l’autre vous n’êtes rien… »

Pour toutes ces raisons, je décidai de ne pas la suivre. Son cœur la guiderait et elle finirait par le retrouver, j’en étais certain. J’inspirai un grand coup et la déprime s’empara une nouvelle fois de moi. Et s’il lui arrivait malheur ? Peut-être n’était-elle pas assez forte pour entreprendre ce voyage seule ? Arhhhhhh !!!!! Pourquoi ne m’a-t-elle pas demandé de l’accompagner ? J’aurais certainement été déçu d’une telle requête, mais je serais parti avec elle. Peu m’importait de devoir me sacrifier si cela lui apportait le bonheur qu’elle méritait tant.

Quelques coups frappés à la porte interrompirent le cours de mes pensées.

- Oui ?

La porte s’ouvrit brusquement et mon majordome entra précipitamment dans la pièce. Il semblait affolé. Je lui demandai la raison de cet air paniqué. Mes yeux d’agrandirent d’horreur à l’écoute de ses explications.

- Comment ? Mais…. Non, ce n’est pas possible !! Faîtes préparer mon cheval, je pars à sa recherche !

Je devais sauver Oscar coûte que coûte ! Ses anciens agresseurs étaient coriaces ! Ils ne lâcheraient donc jamais prise ! S’ils la retrouvaient avant moi, elle ne pourrait jamais s’en sortir ! Je devais à tout prix la rejoindre à temps !

***

Cinq jours plus tard en France.

Voilà des heures que je galopais. Je ne savais même pas où aller. J’avais quitté la Suède sur un coup de tête, pensant retrouver André au croisement des chemins mais l’entreprise s’avérait beaucoup plus ardue que je ne l’aurais cru. Comment aurait-il pu en être autrement ? J’ignorais où il pouvait être et lui-même ne se doutait certainement pas une seule seconde que j’étais à sa recherche. Je désirais pourtant tellement le revoir. Je voulais combler ce vide en moi. Ce vide qui n’avait cessé de croître au cours de ces derniers mois Si Rosalie ne m’avait pas écrit pour m’annoncer la « résurrection » d’André, je me serais probablement laissée mourir… Fersen… je me sentais si coupable envers lui. Il m’avait pourtant apporté tant de réconfort et de soutien à la « mort » d’André ! Pourquoi fallait-il que je sois si cruelle avec les hommes qui m’étaient chers ? D’abord avec André, ensuite avec Fersen…

La nuit était sur le point de tomber. J’étais exténuée, tant physiquement que nerveusement. Je décidai donc de m’arrêter dans une petite auberge de campagne à proximité d’Arras. Comme je m’y attendais, le lieu était désert. Je pris place à l’une des tables et me laissai mollement tomber sur le meuble, la tête entre les bras. Si seulement j’avais la moindre petite idée de l’endroit où il se trouvait….

***

Je relevai la tête. Un homme masqué se tenait près de moi et enfonçait l’embout métallique de son arme dans mes reins. Avec toute cette fatigue, je ne l’avais même pas entendu approcher. Quelle idiote je faisais ! Je n’avais même pas mon épée avec moi. J’étais partie sans réfléchir et n’avais strictement rien emporté d’autres que quelques vêtements enfouis à la hâte dans un sac de toile. Je sentais les battements de mon cœur s’affoler. Je ne pouvais pas mourir maintenant alors que j’étais sur le point de retrouver André…. Non, je ne pouvais pas mourir ! Je ne VOULAIS pas mourir ! L’homme m’empoigna violemment le poignet et me fit pivoter sur moi-même de façon à accoler mon corps au sien. Il m’intima d’avancer vers l’entrée, ce que je fis à contrecoeur. J’aurais voulu me débattre, lui asséner un violent coup de talon dans l’entrejambe mais son bras enserrait mon cou si fort que j’en avais le souffle coupé. Au moment de franchir l’entrée, mes yeux croisèrent le regard émeraude d’un homme qui ne m’était pas inconnu… Non ce n’était pas possible… comment pouvait-il se trouver là sous mes yeux alors que je…

- André ! André au secours !

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Trahison – Chapitre 7 : La disparition

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Après avoir été blessé, capturé et jeté en prison, André découvrira qu’Oscar est gravement malade. Le jeune homme mettra alors tout en oeuvre pour tenter de lui sauver la vie…

 

Chapitre 7 : La disparition 

Grâce au ciel, j’eus le réflexe de m’agripper au rebord de la corniche. J’étais à présent suspendue à plus de quinze mètres au dessus de la mer, sans aucun espoir de survie. Je sentais mes forces m’abandonner progressivement. J’allais bientôt lâcher. Je ne voulais pas mourir maintenant. Non, je ne le voulais pas. Il fallait que je voie André. Il le fallait absolument ! Je désirais lui parler, le serrer dans mes bras, lui dire à quel point je l’aimais… Et Fersen ? Que ferait-il sans moi face à ces brigands ? Je devais l’aider, coûte que coûte… Fersen ne devait pas mourir !!!! Non, il ne devait pas mourir !!

- OSCAR !!!! Oscar !!! Tiens bon, j’arrive !!
- An… André ? André ? C’est bien toi ?
- Oui, Oscar c’est moi. Ne bouge surtout pas j’arrive !!

Je n’en revenais pas. André n’était pas parti !! Il était restée là pour veiller sur moi… comme il l’avait toujours fait… L’émotion était si forte que je ne pus m’empêcher de fondre en larmes en le voyant mettre tout en œuvre pour me secourir. Il évoluait prudemment le long de la corniche, rasant le mur et prenant bien soin d’éviter le moindre faux pas.

- Dépêche-toi André ! Je n’ai presque plus de force… je vais lâcher…
- Non, Oscar, je t’en prie, tiens bon, je ne suis plus très loin… Voilà encore quelques pas et je suis à tes côtés…
- Je n’en peux plus, André… Je…

Mes doigts se détendirent et je perdis contact avec la corniche. C’était la fin, j’allais mourir sans avoir pu enlacer l’homme que j’aimais… A peine avais-je eu cette pensée qu’une main puissante s’empara de mon poignet et hissa mon corps. André ! André était arrivé à temps et m’avait sauvée la vie ! Lorsque mon corps fut suffisamment remonté, il m’attrapa par la taille et me serra contre lui. Nos regards se croisèrent et je me sentis fondre comme neige au soleil. Je n’avais plus qu’une envie, me jeter dans ses bras et ne plus jamais le laisser partir. Mais là, ce n’était vraiment pas le moment !

Un sourire éclaira ses lèvres.

- Hé bien, Oscar, tu n’as pas changé… Tu as toujours l’art et la manière de te retrouver dans les situations les plus périlleuses… Heureusement que je suis arrivé à temps !
- Oui, heureusement…

Je lui souris en retour. Oui, André avait toujours été là pour moi. Il avait toujours été le seul point d’ancrage à ma misérable existence. Comment avais-je pu mettre si longtemps à m’en rendre compte ?

- Il faudrait peut-être penser à nous en aller d’ici, tu ne crois pas Oscar ?
- O.. oui, bien sûr, je te suis…

Le retour sur la terre ferme ne fut pas chose aisée mais après de nombreux efforts et de multiples frayeurs, nous parvînmes tout de même à destination. Nous étions à bout de force. L’air me manquait. J’avais de plus en plus de mal à respirer. Je commençais sérieusement à paniquer. Conscient de ma détresse, André s’approcha de moi et me pressa contre lui. Il enfouit sa tête au creux de mon cou, laissant échapper quelques paroles réconfortantes à mon attention.

- Calme-toi, Oscar. Je suis là. Respire… Respire lentement… Là, c’est bien, continue…

Je parvenais peu à peu à réguler mon souffle. La présence d’André me rassurait. Je me laissais aller, m’abandonnant complètement entre ses bras puissants. Il me serra plus fort.

- Pardonne-moi, Oscar ! Je ne sais pas ce qui m’a pris… Que tu aimes Fersen n’a aucune importance ! Je veux rester près de toi… comme autrefois… même si pour cela je dois m’efforcer de taire l’amour que j’ai pour toi…

Les paroles d’André me firent sortir de ma léthargie. Dès que j’en eus saisi le sens, je m’écartai d’André et plantai mon regard dans le sien.

- Mais André ? D’où sors-tu une idée aussi absurde ?

A peine avais-je prononcé ces mots que je me rendis compte de ma bêtise. J’avais quand même failli… avec Fersen… Je ne savais plus où me mettre.

- Ce n’est pas ce que tu crois, André… Je me sentais si seule et Fersen… Fersen…. Oh mon Dieu !!!!! FERSEN !!! J’avais complètement oublié ! Il est encore aux prises avec ces hommes et dans un sale état en plus !!! Oh mon Dieu André, il faut que j’y aille !! Il faut que je le sauve !!

Affolée, je m’élançai en direction de la demeure de Monsieur Ferguson. André me retint par le bras et me fit faire volte face.

- Mais où vas-tu ? Tu es folle !! Tu ne pourras rien faire dans cet état !!
- Non, André, je dois y aller, c’est une question de vie ou de mort !!
- Mais enfin, Oscar, sois raisonnable ! Dans l’état où tu es, tu ne lui seras absolument d’aucune utilité !! Pire tu seras un fardeau pour lui !
- Mais André… je ne peux pas le laisser mourir !!
- Mais qui a parlé de le laisser mourir ? C’est moi qui vais y aller ! Toi tu restes là, à l’abri et tu récupères !
- André…

André s’approcha de moi et baissa la tête. La distance qui séparait nos lèvres ne fut bientôt plus qu’un lointain souvenir.

- Je t’aime, murmura-t-il, le front collé au mien, même si c’est la dernière fois que je te le dis, il fallait que tu le saches.

Sur ces belles paroles, André s’éloigna de moi et prit la direction de la propriété Ferguson.

- André !!!!!!! Attends, André !!! Je t’en prie, fais attention à toi !!!

Tout en continuant à courir, André pivota légèrement et plaça ses mains en porte voix autour de sa bouche.

- C’est promis, Oscar ! Ne bouge surtout pas ! Je te promets de te ramener Fersen sain et sauf !

Et il disparut à l’angle de la propriété.

Je ne bougeais plus. Je ne pouvais plus esquisser un geste. Un horrible pressentiment m’étreignait le cœur. J’avais la désagréable impression que ces quelques mots resteraient à jamais les dernières paroles prononcées par André. Je n’avais même pas pu lui dire qu’il se fourvoyait concernant ma relation avec Fersen. Qu’il me quitte sur ce malentendu n’était pas pour me rassurer. Cela ne fit au contraire qu’accroître mon sentiment de malaise.

« Seigneur, je vous en conjure, protégez les ! Faîtes en sorte qu’il ne leur arrive rien, je vous en supplie ! »

***

J’apercevais Oscar assise au bord de la falaise. Elle me tournait le dos mais je devinais sans peine son inquiétude. Mes jambes tremblaient à l’idée de devoir lui annoncer la terrible nouvelle. Je savais que cela lui briserait le cœur.

Tout cela s’était passé si vite que j’avais encore du mal à réaliser qu’André était mort pour me sauver. Le poignard avait fendu l’air à une telle vitesse que j’avais cru ma dernière heure arrivée. Mais cela avait été sans compter l’intervention éclair d’André. A ma grande surprise, celui-ci s’était précipité sur mon agresseur et avait bloqué son poignet. La lutte entre les deux hommes avait été très mouvementée. Tous mes efforts pour aider André s’étaient soldés par un échec. J’étais alors trop affaibli par ma blessure pour pouvoir lui être d’une aide quelconque. C’est alors que le drame se produisit. Avant qu’il ne puisse réagir, André fut propulsé par la fenêtre, chutant ainsi de plus de quinze mètres. Terrifié, je m’étais élancé en direction de la vitre brisée et avait cherché André du regard. Quinze mètres plus bas, je pus distinguer le remous des vagues mais aucune trace d’André. Je sentis mon cœur se serrer. Et dire qu’il était mort pour moi, pour me sauver !!!! Je m’en voulais d’avoir été si faible…

Mais le plus dur restait à venir. Il fallait maintenant que j’annonce à Oscar que l’homme qu’elle chérissait plus que tout n’était plus de ce monde. Je m’approchai doucement d’elle et posai une main sur son épaule. Oscar sursauta sous le coup de la surprise puis tourna la tête vers moi. Un sourire de dessina sur ses lèvres lorsqu’elle me reconnut.

- Fersen ? C’est vous ! Oh Fersen, vous êtes vivant !

Elle se leva et se jeta à mon cou. L’étreinte fut brève mais me fit chaud au cœur. Oscar s’était donc fait du souci pour moi ! Malgré la gravité de la situation, je ne pus m’empêcher de m’en sentir soulagé.

Oscar relâcha la pression de ses bras autour de ma taille et jeta un coup d’œil derrière moi.

- Mais où est André ? Je ne le vois pas.

Le moment était venu. Il fallait qu’elle sache. J’eus beaucoup de mal à rassembler mon courage mais finis par me faire violence. Je posai mes mains sur ses épaules et l’obligeai à me regarder droit dans les yeux.

- Oscar… je suis désolé d’avoir à vous annoncer ça à un moment pareil… mais André… André est mort.

Oscar me dévisagea interdite.

- Co… comment ? Que venez-vous de dire ?
- André est mort, Oscar. Je suis désolé. Il a fait une chute de plus de quinze mètres. Il est impossible qu’il s’en soit sorti vivant.

Oscar écarquilla les yeux de stupeur. Son visage ne fut bientôt plus que tristesse et douleur.

- NOOOOONNNNNNNN !!! ANDREEEEEEEEEE !!! NONNNNN ! Ce n’est pas possible !!!! NONNNNNN !!

Oscar semblait sur le point de s’effondrer. Je l’attirai à moi dans un élan de tendresse infini. La tête posée sur ma poitrine, Oscar pleurait toutes les larmes de son corps. Ses épaules, ses bras, ses mains, tous ses membres sans exception aucune, étaient secoués de sanglots. Je caressai ses cheveux pour la réconforter mais en vain, Oscar ne semblait pas vouloir se calmer. Dans un élan de désespoir qui me fendit le cœur, Oscar chercha à échapper à mon emprise pour essayer de rejoindre celui qu’elle aimait tant. Elle tendit les bras comme pour fuir mon étreinte éperdue. Je résistai tant bien que mal en essayant de la maintenir contre moi. Au bout d’un moment qui me parut durer une éternité, Oscar cessa de se débattre et se laissa sombrer dans l’inconscience.

Passant un bras sous ses jambes, je la soulevai pour l’emmener loin de cette France qui lui avait causé tant de peine et de tracas. Loin de son pays natal, Oscar finirait peut-être par oublier celui qui avait toujours veillé sur elle depuis sa plus tendre enfance.

***

Une semaine s’était écoulée depuis la tragique disparition d’André. Oscar maigrissait à vue d’œil. Elle reposait actuellement dans l’une des cinquante chambres de mon illustre demeure. Je m’apprêtai d’ailleurs à lui rendre visite. J’avais décidé de réitérer ma demande en mariage. Le moment était peut-être mal choisi mais qu’importe, j’avais trop peur de la voir disparaître à son tour. Je craignais qu’elle n’essaie d’attenter à ses jours si jamais j’avais la faiblesse de la laisser partir. L’enchaîner à moi par le lien sacré du mariage était peut-être la meilleure des solutions pour qu’elle accède un jour au bonheur.

« Je serai un mari aimant et patient et elle n’aura jamais à se plaindre de moi, j’en fais le serment. »

Je me trouvais à présent devant la porte de sa chambre. Je frappai et entrai sans attendre sa réponse. Oscar était assise sur un fauteuil et fixait le ciel d’un air mélancolique. Ses pensées l’accaparaient tellement qu’elle ne m’avait, semble-t-il, même pas vu entrer.

- Oscar, puis-je vous parler un instant ? Rassurez-vous, ce ne sera pas long.

Oscar acquiesça d’un signe de tête sans même me regarder.

- Voilà, Oscar, j’ai bien réfléchi. Votre mari est mort (hé oui, je ne vous l’avez pas dit ? ^^). André n’est plus là. Vous avez renié votre titre de noblesse et vos privilèges. Vous n’avez donc plus d’attache en France. Aussi je vous le demande comme une faveur, épousez-moi. Comme je vous l’ai déjà dit et répété, je ferai de vous une femme comblée.
- Soit, si vous y tenez Fersen. Faîtes ce que bon vous semble.
- Vous… vous acceptez de devenir ma femme ?
- Oui. Maintenant, laissez-moi, je vous prie. J’ai besoin d’être seule.
- Comme vous voudrez, Oscar.

Je me retirai soulagé mais néanmoins surpris de sa réaction. Elle avait accepté si facilement…. Certes l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous, mais je saurais la faire changer d’attitude. Je m’y emploierai jour et nuit.

***

La cérémonie eut lieu deux jours plus tard dans une magnifique petite chapelle de la région. Tout se déroula sans encombre. La seule ombre au tableau fut peut-être le manque d’entrain d’Oscar. Même si je savais au plus profond de moi qu’il ne s’agissait pas là d’un mariage d’amour, je n’avais pu m’empêcher d’espérer un peu plus de bonne volonté de sa part. Mais Oscar se contenta d’effectuer machinalement tous les rituels sans me prêter la moindre attention. J’en fus un peu vexé mais feignis de ne rien voir. Après tout je m’y étais préparé.

Le soir des noces, Oscar disparut. L’angoisse me saisit. Pourvu qu’elle n’ait pas tenté de se suicider. Je la fis chercher à travers tout le château. Les pièces de la demeure furent fouillées de fond en comble, mais sans succès. Dépité, je retournai dans ma chambre et… oh, surprise… découvrais Oscar étendue sur mon lit, une bouteille d’alcool dans la main gauche et un verre vide dans l’autre. Ses yeux emplis de larmes fixaient le plafond.

- Vous savez quel jour on est Fersen ?
- Non je n’en ai pas la moindre idée, Oscar, m’entendis-je répondre d’un ton neutre et monocorde.
- C’est l’anniversaire d’André. S’il avait été en vie, j’aurais pu le fêter avec lui. Mais voilà, André est mort… MORT !!!

Et Oscar envoya valser la bouteille et le verre à l’autre bout de la pièce dans un fracas épouvantable. Je fis quelques pas dans sa direction. Oscar avait enfoui la tête dans l’oreiller et s’était mise à sangloter. Je ne pus m’empêcher de constater avec émotion que sa chemise de nuit, à demi maintenue entre ses jambes, épousait parfaitement les courbes de son corps. J’eus soudain le désir de la toucher mais y renonçai. Je ne pouvais pas profiter ainsi de sa détresse pour satisfaire mes pulsions. Au lieu de cela, je m’agenouillai auprès d’elle et caressai sa joue. Au contact de ma main sur sa peau, Oscar ouvrit les yeux et me regarda tristement.

- Fersen, je vous le demande instamment, faîtes-moi oublier André. Juste une nuit, faîtes-moi oublier André.

Je n’osais attribuer à ces paroles le sens que mon corps espérait ardemment.

- Vous êtes saoule, Oscar. Vous ne savez pas ce que vous dîtes.

Comme pour me prouver le contraire, Oscar se redressa et emprisonna mon visage entre ses mains. Le baiser fougueux qu’elle y déposa eut raison de ma résistance. Tous mes scrupules s’envolèrent comme par magie au contact de sa bouche. D’un geste passionné j’attrapai Oscar par la taille et la renversai au sol, le tout sans jamais détacher ma bouche de ses lèvres frémissantes.

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Trahison – Chapitre 6 : La fuite

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Après avoir été blessé, capturé et jeté en prison, André découvrira qu’Oscar est gravement malade. Le jeune homme mettra alors tout en oeuvre pour tenter de lui sauver la vie…

 

Chapitre 6 : La fuite 

Affolé, je me précipitai vers le corps immobile d’Oscar, bientôt suivi par Fersen, qui avait finalement bien voulu lâcher mon col. Je lui soulevai la tête et caressai son visage d’une main tremblante.

- Oscar, Oscar, est-ce que tu m’entends ? OSCAR !!

Mais aucun son ne me parvint. Ses paupières étaient closes et son visage, d’une pâleur sans pareil. A mon grand désespoir, Oscar avait bel et bien perdu connaissance. Je sentais mon cœur se serrer à l’idée qu’elle ne puisse plus jamais ouvrir les yeux. Si une telle chose devait arriver, je crois bien que jamais je ne m’en remettrais.

Fersen se pencha à son tour sur le corps d’Oscar. Il approcha lentement la main de son visage puis la retira aussi sec. Son corps était parcouru de tant de tremblements qu’il ne parvenait plus à se contrôler. Il se laissa tomber au sol. Il semblait anéanti. On aurait dit que le monde s’écroulait autour de lui.

- André… Mon Dieu, André… Mais que lui arrive-t-il ? Oscar est… malade ?… Je…Je ne le savais pas…
- Si vous m’aviez écouté jusqu’au bout la dernière fois, vous l’auriez su… Mais bon, trêve de bavardage, aidez-moi à porter Oscar, nous allons la ramener chez son mari !
- La ramener ? Mais tu n’y penses pas, André ! Cet homme ne pourra rien faire pour elle… C’est juste un médecin de campagne… Non, André mieux vaut que je l’emmène chez moi en Suède… J’ai de l’argent…
- En Suède ? Mais vous plaisantez, j’espère ! Le voyage la tuera !
- Et si elle reste ici, que crois-tu qui lui arrivera ? Non, je te le répète, André, il faut lui faire quitter la France… Les meilleurs médecins français sont à Paris et en ce moment, c’est une vraie folie d’y aller !
- Et pourtant, s’il le faut, j’irai ! Contrairement à vous, la vie d’Oscar est ce à quoi je tiens le plus au monde !

J’étais injuste avec lui et je le savais mais malgré la gravité de la situation, je ne pouvais m’empêcher de ressentir de la jalousie envers lui. De la colère aussi, pour m’avoir cru capable d’abandonner Oscar sans raison valable.

- Mais c’est du suicide, André !clama Fersen tout en essayant de masquer la douleur qu’avaient provoqué en lui mes dernières paroles.

Fersen avait raison, je ne le savais que trop mais mon orgueil m’interdisait de lui céder aussi facilement. Je soupirai. Mes yeux se posèrent sur le visage d’Oscar. La pâleur de ses traits était saisissante. Je ne voulais pas la perdre, non, je ne voulais pas la perdre ! Peu importait ma fierté ! Qu’elle aille au diable !

- Oui, vous avez sans doute raison, Fersen. Bon, hé bien, je crois que le mieux que nous ayons à faire pour l’instant est de la ramener chez elle. Nous déciderons ensuite de ce qui est le mieux pour sa santé. Car vous en conviendrez, Oscar n’est absolument pas en état de supporter un plus long trajet.
- Très bien, André, emmenons-la chez elle. J’admets qu’il s’agit là de la solution la plus sage vu les circonstances.

Accompagnant le geste à la parole, Fersen passa l’un des bras d’Oscar autour de son cou. Le suédois affichait désormais un air déterminé. Je n’en fus pas mécontent car sans son soutien il m’aurait été très difficile de porter secours à Oscar. Je l’imitai donc et nous nous préparâmes à affronter la tempête pour rejoindre les chevaux. La route fut longue et difficile. La pluie, mêlée au vent, tombait à verse et freinait grandement notre progression. Lorsque nous parvînmes enfin près des chevaux, la tempête redoubla de violence. Il nous fallut fournir beaucoup d’efforts pour hisser Oscar sur son cheval. Une fois ce problème résolu, Fersen et moi convînmes silencieusement du regard que j’étais le plus à même d’accompagner Oscar durant le trajet. Je montai donc derrière elle tandis que Fersen rejoignait sa propre monture. Le suédois se saisit de la bride de mon cheval et nous nous mîmes en route.

Mon esprit n’était pas en paix. Malgré toute la bonne volonté dont j’essayais de faire preuve, l’image d’une Oscar à moitié nue sous le suédois ne cessait de me hanter. L’aimait-elle encore ? A moins qu’il ne s’agisse d’un simple moment d’égarement ? Cette seconde hypothèse me semblait malheureusement peu probable. Je connaissais trop bien Oscar pour savoir qu’elle ne se donnait pas au premier venu. Elle l’aimait encore, cela ne faisait aucun doute. Une profonde tristesse m’envahit. Je me sentais totalement désarmé face au suédois. Par je ne sais quel miracle, Fersen avait toujours su allumer la flamme en Oscar. Alors que moi…

Je commençai sérieusement à douter qu’Oscar ait un jour éprouvé plus que de la tendresse à mon égard. Peut-être devrais-je m’éclipser de sa vie une fois pour toute ? S’il y avait une chose dont je me sentais incapable, c’était bien de forcer Oscar à partager mes sentiments. Non, il valait mieux que je parte. C’était mieux ainsi. Et puis, de toute manière, quelle vie aurais-je pu lui offrir ? Je n’étais qu’un pauvre roturier désargenté dans l’incapacité de subvenir aux besoins de la femme qu’il chérissait plus que tout. Sans parler de sa maladie. Non, j’en étais convaincu à présent, Fersen était l’homme qu’il lui fallait. Non seulement celui-ci pourvoirait à ses besoins mais lui offrirait également la chance de vivre heureuse ! Ce bonheur, seul Fersen pourrait le lui procurer. Je n’étais pas de taille face au géant suédois.

« Une fois arrivé chez Monsieur Ferguson, je m’éclipserai discrètement et Oscar n’entendra plus jamais parler de moi. »

***

Lorsque j’ouvris les paupières, Monsieur Ferguson était penché sur moi.

- Oh, ma mie, vous revenez enfin à vous !! Si vous saviez à quel point j’ai eu peur de vous perdre !!!

Mu par une tristesse infinie, le vieil homme me prit la main et la couvrit de baisers. Les traits de mon visage s’adoucirent.

- Je suis désolée de vous avoir causé du souci, mon ami. Je vois bien combien vos paroles sont sincères.

A ces mots, l’homme releva la tête et sourit tristement. Malgré tous mes efforts, je ne pus m’empêcher de le plaindre.

- Ah, j’oubliais de vous dire, jeune damoiselle. Un gentilhomme vous attend au salon. Il a veillé sur vous toute la nuit.
- Ah ? André est ici ?

Mon visage s’éclaira. Ainsi, il m’avait pardonné mon écart de la veille… Comme j’étais heureuse, j’allais enfin pouvoir le serrer dans mes bras ! Peu importait la raison pour laquelle André avait implicitement autorisé ce mariage… Je l’aimais et c’est tout ce qui comptait… André m’aimait aussi, j’en étais certaine, autrement jamais ses yeux n’auraient exprimé tant de tristesse en me surprenant à moitié nue dans les bras de Fersen.

- André vous dites ? Non, non, vous vous trompez, ma chère. Il s’agit du Comte Axel de Fersen.
- Le Com… comte Axel de Fersen ?

Ainsi ce n’était pas André.

« Oh André, André pourquoi me laisses-tu seule à nouveau ? Ne comprends-tu donc pas à quel point je t’aime… ! »

- Je m’excuse de vous poser cette question, mais n’y avait-il personne auprès de Fersen… cette nuit je veux dire ?
- Non, pas à ma connaissance, belle enfant.
- Oh…

Le désappointement était tel que je sentis les larmes me monter aux yeux.

- Je ne vous dérange pas ?
- Non, entrez cher Comte, de toute façon, j’allais m’en aller. Je vous laisse en tête à tête avec ma femme
- Merci, Monsieur.

Monsieur Ferguson quitta la pièce. Fersen prit place à côté de moi et posa sa main sur la mienne.

- Vous sentez-vous mieux, Oscar ?

Devant l’air si inquiet du suédois, je ne pus m’empêcher de sourire.

- Oui, ne vous inquiétez pas Fersen, je vais très bien. Peut-être un peu lasse, mais sans plus.
- Vous m’en voyez ravi, Oscar. Je crois que jamais de ma vie, je n’avais ressenti pareille inquiétude. J’ai vraiment cru devenir fou en vous voyant ainsi perdre connaissance !!! Après le moment que nous venions de partager quelques temps plus tôt, jamais je n’aurais pu imaginer une seule seconde que vous soyez souffrante. Vous étiez si belle Oscar ! Si belle ! Votre beauté m’aveuglait !

Ces dernières paroles suffirent à me déstabiliser complètement. Une fois de plus, mes joues s’empourprèrent et j’eus bien du mal soutenir son regard.

- Ah si seulement, je m’étais rendu compte de votre état plus tôt !
- Vous n’y êtes pour rien Fersen, vous ne pouviez pas savoir… parvins-je à articuler malgré mon gêne. Et pour ce qui est de… de… enfin vous voyez de quoi je veux parler…
- Oui, Oscar, je vois très bien ce que vous voulez dire…. vous considérez cela comme une grossière erreur… hé bien moi non !! J’avais envie de vous Oscar…
- Fersen, je vous en prie…
- Non, écoutez-moi Oscar… Il faut que vous compreniez… Je vous aime et j’aimerais passer le reste de ma vie avec vous… Je vous en prie, Oscar, reconsidérez ma proposition de mariage… J’ai de l’argent Oscar, je pourrai vous faire parvenir les meilleurs soins ! Je ne veux pas vous perdre Oscar, j’ai besoin de vous…
- Je ne sais quoi vous dire, Fersen, je…
- Prenez le temps d’y réfléchir, je vous en prie.

Fersen se leva et déposa un baiser sur mon front.

- Je vous laisse vous reposer, à présent, Oscar mais je vous en prie prenez le temps d’y réfléchir. Tout ce que je souhaite, c’est votre bonheur. Et ce bonheur moi seul peut vous l’apporter. André partage certainement cette opinion, autrement il ne serait pas parti loin de vous, sachant que j’étais à vos côtés…
- Très bien, j’y réfléchirai, Fersen. Je vous promets d’y réfléchir. Maintenant laissez-moi seule, voulez-vous.
- Mais bien sûr, Oscar. Reposez-vous bien.

Fersen quitta la pièce, me laissant seule avec mes démons. Se pourrait-il que Fersen ait raison ? Se pourrait-il qu’André ait implicitement donné son accord à cette union ? Je me sentais plus lasse que jamais. Apparemment, tout le monde semblait conscient ce qui était le mieux pour moi mais finalement personne ne se préoccupait de savoir ce que je désirais vraiment. Bien, c’était décidé, je ne me laisserais plus faire. J’allais montrer à tous que l’on ne pouvait décider impunément de mon bonheur sans me consulter.

***

Pleine de résolutions, je descendis les marches et rejoignis Fersen dans le salon.

- Ah vous voilà enfin Oscar ! Je vous attendais. Alors, avez-vous finalement pris votre décision ?
- Oui et c’est justement de cela que je souhaitais vous entretenir.
- Je vous écoute.
- Asseyons-nous d’abord. Nous serons plus à l’aise pour discuter.
- Comme vous voudrez, Oscar.

Et nous nous assîmes côte à côte sur le canapé.

- Comprenez-moi Fersen, je ne vous dis pas ça de gaieté de cœur, mais sachez qu’il m’est impossible de vous épouser. Je ne nie pas que vous me plaisez toujours mais mon cœur appartient à un autre. Et il m’est impossible d’aller à l’encontre de mes sentiments. De plus comme je vous l’ai déjà dit l’autre, jour, je suis mariée.
- Oscar, je…
- Ecoutez-moi, Fersen. Je comprends que le fait d’avoir été rejeté par la Reine vous ait fort affecté. Mais soyez honnête avec vous-même. Vous l’aimez toujours. Une passion aussi brûlante que la vôtre ne peut pas s’éteindre comme ça du jour au lendemain. Est-ce que je me trompe ?
- Oui, vous vous trompez, Oscar. J’aimais la Reine, mais ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, mon cœur ne bat que pour vous.
- Fersen…

Je ne savais plus que dire. Son attachement pour moi était si pur, si sincère que j’en étais toute retournée.

Je n’eus pas le temps de m’apitoyer plus longuement sur mon sort. Un bruit sec venait de se faire entendre. Nous tournâmes la tête vers la porte et eûmes la désagréable surprise de voir la pièce envahie par une horde d’hommes masqués et armés. Je me levai d’un bond, prête à bondir sur eux en cas d’attaque. Bienheureusement ma maladie n’avait en rien affecté ma combativité. C’est alors que je le vis.

- Monsieur Ferguson !!

D’après le spectacle désolant qui s’offrait à mes yeux, le médecin était en bien piteux état.

- Que lui avez-vous fait ? hurlai-je emplie d’une colère sans borne. Monstres !!
- Rassurez-vous, il est encore vivant… mais plus pour longtemps.

Je dévisageais du regard les hommes qui me faisaient face. La voix semblait provenir du centre. La suite des évènements me donna malheureusement raison. Un homme vêtu entièrement de noir sortit de l’ombre et pointa son pistolet sur moi.

- N’approchez pas ou je tire ! Cet homme que vous voyez-là, est un traître ! Il aura la punition qu’il mérite.
- Monsieur Ferguson ? Un traître ?
- Oui, vous avez bien entendu. Il a trahi le « clan des opprimés » dont j’avais négligemment confié la direction à mon frère cadet. Quelle erreur ai-je faite !! Cet idiot s’est laissé attendrir par cet homme et résultat nous avons des témoins gênants, c’est-à-dire VOUS !

L’homme tira. J’aurais certainement reçu la balle en plein cœur si Fersen ne s’était pas interposé entre elle et moi. En le voyant s’effondrer lourdement au sol, mes yeux s’écarquillèrent d’effroi.

- Fersen !
- Fuyez, Oscar… Je vous en prie, fuyez tant qu’il est encore tant…
- Mais…
- Laissez-moi ! Vous m’entendez, c’est un ordre !

L’homme s’avança vers moi et posa directement l’arme sur ma tempe. Il fallait que je réagisse et vite. Je n’avais pas d’arme, il m’était donc impossible de les affronter seule à seuls. Et pourtant je devais à tout prix m’en sortir vivante ! Pour Fersen ! Pour Monsieur Ferguson ! Sans réfléchir plus longtemps, je désarmai mon adversaire du revers de la main et me précipitai vers la fenêtre. Je devais faire en sorte d’attirer leur attention. Ainsi, Fersen aurait peut-être une chance de se faufiler hors de la pièce. D’un bond, je sautai par-dessus le rebord de la fenêtre et me retrouvai perchée sur une petite corniche située à plus de quinze mètres de hauteur au dessus de la mer. J’avais commencé à longer le mur de l’immense bâtisse en prenant soin de bien poser le pied sur la minuscule corniche à chacun de mes mouvements, lorsqu’un coup de feu se fit entendre. Déstabilisée par la détonation, je sentis mon pied déraper et m’emporter dans le vide…

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Trahison – Chapitre 5 : Tentation

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Après avoir été blessé, capturé et jeté en prison, André découvrira qu’Oscar est gravement malade. Le jeune homme mettra alors tout en oeuvre pour tenter de lui sauver la vie…

 

Chapitre 5 : Tentation 

Je restais des heures et des heures assise à côté de la fenêtre à contempler le ciel. Je ne cessais de penser à André, aux raisons qui l’avaient poussé à agir de la sorte. Il m’avait pourtant promis qu’il m’épouserait !

Cet instant resterait à jamais ancré dans ma mémoire.

Nous venions de partager notre première nuit de passion_ la seule d’ailleurs que nous n’ayons jamais eu_ et André caressait doucement ma peau en prenant soin de sonder la moindre petite parcelle de mon corps dénudé. La volupté de ses gestes, le contact de sa peau sur la mienne me donnait l’impression d’être plus femme que jamais. J’aurais alors tout donné pour que cette sensation de plaisir et de béatitude dure pour l’éternité. Le souffle de ses lèvres sur mon oreille me ramena à la réalité et j’eus alors la joie d’entendre prononcés les mots auxquels j’aspirais le plus depuis que j’avais pris conscience de l’importance d’André dans ma vie. « Oscar, veux-tu devenir ma femme ? Je sais que je ne suis pas noble et que je suis loin de mériter tout ce que tu es prête à me donner, mais je ferai tout, oui tout pour te rendre heureuse. Sois-en certaine, Oscar, jamais tu n’auras à regretter de m’avoir épousé. ». Ses paroles signifiaient tant pour moi ! Je croyais en lui comme jamais je n’aurais cru pouvoir le faire ! Mais malheureusement, je m’étais lourdement trompée sur son compte. Certes, j’aurais peut-être dû lui parler plus tôt de ma maladie mais je voulais l’épargner, l’empêcher de souffrir, lui permettre de profiter pleinement de la petite étincelle de bonheur qui s’offrait à nous. Je craignais qu’il ne puisse supporter l’idée de me savoir mourante. J’avais envie de le voir sourire et non sombrer dans le désespoir. Jamais je n’aurais cru qu’il fût incapable de m’aimer suffisamment pour me soutenir dans cette pénible épreuve. Je le savais fragile mais pas lâche. J’étais profondément déçue. Mais surtout j’avais mal, très mal car je savais pertinemment que mes sentiments pour lui ne disparaîtraient jamais. Toute la souffrance du monde ne suffirait pas à éteindre le feu qui brûlait en moi. J’aimais André et continuerais sans doute de l’aimer jusqu’à ma mort. Lui pardonner était peut-être difficile mais le haïr l’était encore plus.

La vie que je menais chez Monsieur Ferguson n’était pas aussi contraignante que je ne l’aurais cru. Celui que je devais désormais considérer comme mon mari était doux et prévenant envers moi. Il faisait son possible pour me faire plaisir et me soignait du mieux qu’il pouvait. Mais le mal qui me rongeait n’avait pas disparu. Loin de là même. Je le sentais prêt à me dévorer toute entière à chaque instant. La moindre faiblesse de ma part, le moindre petit laisser-aller et je disparaissais pour toujours, emportant avec moi les souvenirs d’un amour malheureux. J’aurais pu choisir de me laisser mourir, après tout, plus rien ne me retenait à la vie, mais les deux mois que j’avais déjà passés en compagnie de mon époux m’avaient permis d’entrevoir son immense solitude. La douleur que j’avais pu lire dans ses yeux avait eu raison de moi. Je ne pouvais abandonner cet homme. Même si je ne lui pardonnais toujours pas ce mariage forcé, je sentais bien qu’il n’avait pas agi par pur égoïsme mais uniquement par désespoir. Il aimait tant sa femme, il me l’avait avoué un jour où nous discutions de mon état de santé. Les sourires que me destinait cet homme lorsqu’il se plaisait à croire que j’étais celle qu’il avait tendrement aimée pendant plus de trente ans étaient ma seule consolation en ces temps si noirs.

« Pour lui, je m’efforcerai de vivre, de lutter contre ma maladie quelques temps encore… jusqu’à ce que la mort m’emporte loin de celui qui resterait à jamais le dernier homme de ma vie. »

***

Je commençais à désespérer d’entrevoir un jour la magnifique chevelure blonde d’Oscar. Contrairement à ce que je croyais, Monsieur Ferguson n’habitait plus à Paris. J’avais pourtant pris des risques pour m’y rendre mais n’avait trouvé qu’une vieille bâtisse vide et délabrée. Deux mois s’étaient écoulés depuis lors, et toujours aucune trace d’Oscar. C’est à croire qu’elle s’était évaporée dans la nature. J’avais pourtant cherché partout. Oh Oscar ! Où êtes-vous ? Je deviens fou. J’ai tant besoin d’admirer votre beauté, d’entendre votre voix, de plonger mon regard dans vos yeux pervenche….

Je m’arrêtai net. Là devant moi, au milieu des arbres de la forêt, se tenait une jeune femme d’une beauté saisissante ! Ses longs cheveux blonds virevoltaient au gré du vent. Un majestueux cheval couleur baie trônait à ses côtés et semblait veiller à ce que personne ne dérange sa maîtresse. Si cette jeune femme n’avait pas été vêtue d’un robe bleu azur, j’aurais pu croire qu’il s’agissait d’Oscar. Mais tout le monde savait bien qu’Oscar ne portait pas ce genre de vêtement. Sauf à de trop rares occasions. Incapable de détacher les yeux de cette envoûtante silhouette, je restais là, à la dévorer des yeux. Soudain, la jeune femme se retourna vers moi et je pus apercevoir la profondeur de son regard bleu pervenche. Je n’en revenais pas ! Oscar, c’était Oscar !

J’accourai vers elle sans me soucier des convenances et la serrai dans mes bras.

- Oh, Oscar ! Oscar ! Je vous retrouve enfin ! Si vous saviez la peur que j’ai eue en apprenant votre enlèvement par un de mes hommes ! Je pensais ne plus jamais vous revoir…
- Fer… Fersen ? Mais que faîtes-vous là ? Comment m’avez-vous retrouvée ?
- Oh, Oscar… Ne vous inquiétez plus… Maintenant que je suis là, vous ne craignez plus rien… Jamais plus, je ne vous laisserai seule…

Je remontai mes bras dans sa chevelure dorée et serrai son corps encore plus fort. Je ne voulais plus la voir m’échapper. Je l’aimais tant !

- Fersen ? Mais que vous arrive-t-il, mon ami ? Pourquoi me serrez-vous ainsi ? Je ne vous reconnais pas…
- Oscar, je vous aime !! Je vous aime tant !
- Co… comment ? Ai-je bien entendu ? Vous… vous m’aimez ?
- Oui je vous aime Oscar ! Oh si vous saviez comme je vous aime… !
- Et… et la Reine ?
- Mais qu’importe la Reine, Oscar ! Vous êtes désormais la seule pour moi… la seule qui compte… la seule qui n’ait jamais compté !

Je m’écartai d’elle et posai mes deux mains sur ses épaules.

- Oscar, je vous demande pardon… pardon de vous avoir fait souffrir toutes ces années en refusant l’évidence… mais tout va changer ! Je prendrai soin de vous, Oscar ! Nous nous marierons…
- Nous marier… murmura-t-elle d’une voix brisée… mais c’est impossible, Fersen, je suis déjà l’épouse d’un autre… et puis…

Oscar posa sa tête contre mon épaule et commença à sangloter doucement. Je refermai mes bras sur elle, désireux de lui communiquer un peu de réconfort.

- Je suis au courant Oscar… Mais cela n’a aucune importance… J’irai voir cet homme et le convaincrai d’annuler ce mariage qui n’a pas lieu d’être. Je connais votre mari, c’est un homme bon.

A ces mots, Oscar releva la tête et posa ses yeux emplis de larmes sur mon visage.

- Mais Fersen, je ne peux pas quitter cet homme !
- Enfin, Oscar que me dîtes-vous là ? Vous n’allez quand même pas me faire croire que vous êtes tombée amoureuse de Monsieur Ferguson ?
- Non bien sûr que non… mais… je lui ai promis… si jamais je rompais cette promesse, oh mon Dieu, je ne veux même pas y penser !

Alarmé par ces dernières paroles, j’écarquillai les yeux et haussai le ton.

- Oscar, ne me dîtes pas que… qu’il a osé vous toucher !!!

L’idée même qu’Oscar ait pu subir les violences de cet homme me glaçait d’effroi.

- Mais qu’allez-vous chercher là Fersen ? Bien sûr que non ! Vous m’inquiétez, vous savez, je ne vous ai jamais vu comme ça avant aujourd’hui…
- Pardon, Oscar… moi-même je ne me reconnais plus… mais je vous aime tant que la seule pensée de vous savoir dans les bras d’un autre me révolte !

La rougeur que je perçus sur les joues d’Oscar à cet instant m’enchanta au plus haut point. Même si elle n’avait pas encore répondu à mes attentes, je sentais bien que ma déclaration d’amour ne la laissait pas indifférente. Et cela m’encourageait à persévérer. Je me mis à genoux devant elle.

- Je vous en prie, Oscar, acceptez de m’épouser !
- Fersen !
- Je vous en prie, Oscar. Je ferai de vous la femme la plus heureuse du monde.

Pour lui témoigner la profondeur de mes sentiments, je déposai un baiser furtif sur le dos de sa main. Son trouble était à présent évident.

- Vos paroles me vont droit au cœur, mon ami mais sachez que je ne puis accéder à votre requête.
- Mais puisque je vous dis que j’irai lui parler !
- Là n’est pas le problème Fersen ! Même s’il acceptait de me rendre ma liberté, je ne pourrai vous épouser !
- Mais… ?
- Ne m’interrompez pas, Fersen et écoutez-moi. Je vous ai aimé, de tout mon cœur. Mais vous n’étiez pas libre. J’ai souffert de cette situation pendant des années. J’ai cru que le bonheur me fuyait. Mais je me trompais. Le bonheur ne me fuyait pas. Non, je lui tournais le dos. Je ne m’étais pas aperçu à quel point André comptait pour moi. Mais aujourd’hui, j’en ai pris conscience….
- Ah non ! Ne me parlez pas d’André ! Ne me parlez pas de cet être ignoble qui vous a lâchement abandonné à votre sort ! Je le hais, si vous saviez comme je le hais !!
- Fersen… mais comment… comment savez-vous ce qu’André m’a fait ?

Les yeux d’Oscar s’étaient arrondis sur le coup de la surprise. Son inquiétude était évidente. Elle l’aimait donc tant…

- C’est lui qui me l’a dit, pardi ! Il n’a même pas eu honte d’avouer ses torts !
- Vous l’avez rencontré ? me demanda-t-elle, le ton plein d’espoir.

C’en était trop. La jalousie s’empara de moi.

- Oui, je l’ai rencontré ! Dans la prison où vous étiez enfermés et il a voulu m’empêcher de vous porter secours ! Vous m’entendez, Oscar ? André voulait vous abandonner, il voulait vous laisser seule à la merci de ces hommes !!

La déception que je pus lire sur le visage d’Oscar suite à mes révélations était plus que je n’en pouvais supporter. D’un geste brusque, je saisis son menton et écrasai mes lèvres sur les siennes.

- Je vous aime, Oscar ! Oubliez André ! Oubliez-le, il ne vous mérite pas !!!

Choquée par mon audace, Oscar ne répondit pas. Ses yeux exprimaient tant d’émotions à cet instant précis qu’il me fut impossible de deviner ses pensées.

Un bruit de tonnerre retentit et la pluie se mit à tomber. Nous fûmes rapidement trempés jusqu’à l’os. Je détachai ma cape et plaçai celle-ci au-dessus de la tête d’Oscar pour la protéger.

- Je pense que nous devrions chercher un endroit pour nous abriter… Nous continuerons à parler une fois au sec…

Oscar acquiesça d’un signe de tête et nous nous enfonçâmes dans la forêt à la recherche d’un abri.

***

Après une longue course dans la forêt, nous étions finalement parvenus à trouver une petite cabane en bois abandonnée. Nous décidâmes de nous y réfugier le temps de l’orage.

Je regardais Fersen embraser les cendres de la cheminée pour nous réchauffer. Je sentais encore la chaleur de ses lèvres sur les miennes. Sa déclaration avait été si soudaine que je ne m’en remettais toujours pas. Je ne pouvais y croire. Axel de Fersen, amoureux de moi ?! Comme j’avais pu rêver de cet instant il y a quelques années ! Mais aujourd’hui, les choses avaient changé. J’aimais André. Même s’il me faisait souffrir, mon amour pour lui était intact. Et pourtant, j’aurais tant voulu me réjouir de la déclaration de Fersen. Sa sincérité me touchait tellement…

Fersen prit place à côté de moi et m’essuya le visage avec son mouchoir de soie. Je le laissai faire sans manifester la moindre réaction. Le contact du tissu sur mes joues me troublait. Je fermai les yeux pour apaiser les sensations qu’éveillait en moi ce geste empli de tendresse et d’affection. Lorsque je rouvris les yeux, le visage de Fersen n’était plus qu’à quelques centimètres du mien.

- Oscar, je vous aime. Permettez-moi de vous embrasser à nouveau.

En guise de réponse, j’abaissai mes paupières tout en entrouvrant légèrement la bouche. Une fraction de seconde plus tard, je pouvais sentir les lèvres de Fersen effleurer les miennes. Je m’en voulais d’agir ainsi mais la tentation était trop forte. En outre, je me sentais si seule, oui si désespérément seule… que le moindre réconfort était bon à prendre. Fersen intensifia la pression de ses lèvres et me renversa sur le dos. J’étais à présent à sa merci. Je décidai d’oublier momentanément tous mes tourments, m’abandonnant progressivement à l’homme allongé sur moi. Son impatience était évidente. Je le sentais fébrile et désireux de me voir entièrement nue. Pourtant, Fersen se retint de peur de me brusquer. Il commença à me déshabiller lentement.

Alors qu’il se penchait sur moi pour embrasser ma poitrine dénudée, un bruit assourdissant lui fit relever la tête. Nos regards se croisèrent puis nous détournâmes les yeux en direction de la porte. La pluie et le vent s’engouffrèrent violemment dans la pièce. Au beau milieu de l’entrée, se dessinait la silhouette d’un homme que je reconnus aussitôt.

- André !

Mes yeux s’arrondir d’horreur à sa vue. Son œil nous fixait intensément. Mais je n’y décelai ni colère ni rancœur. Juste une tristesse immense. Cette vision me fendit le cœur.

Sans la moindre hésitation, Fersen se précipita vers lui et le saisit par le col de sa chemise.

- Comment oses-tu te présenter à nouveau devant Oscar après ce que tu lui as fait ? Je t’avais pourtant dit que je ne voulais plus jamais te voir t’approcher d’elle !

André semblait ignorer totalement la présence de Fersen. Il n’avait pas détaché son œil de mon corps une seule seconde. Je sentis la honte s’emparer de moi. D’une main tremblante et maladroite, je remontai le bustier de ma robe et baissai les yeux.

Exaspéré par le silence d’André, Fersen se préparait à le jeter dehors, lorsqu’une quinte de toux abominable me fit presque cracher mes poumons. Deux paires d’yeux alarmés se posèrent sur moi, me fixant avec effroi, tandis que je m’effondrais au sol, inconsciente.

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Trahison – Chapitre 4 : La promesse de Fersen

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Après avoir été blessé, capturé et jeté en prison, André découvrira qu’Oscar est gravement malade. Le jeune homme mettra alors tout en oeuvre pour tenter de lui sauver la vie…

 

Chapitre 4 : La promesse de Fersen

Je n’en revenais toujours pas. Fersen ? Ici ? Mais comment diable avait-il fait pour nous retrouver ? Ah mais, oui, j’oubliais. Fersen était un héros sans faille qui arrivait toujours à point nommé ! Mais comment avais-je pu omettre ce détail !! Comme je le haïssais d’être si parfait ! Oscar avait toujours eu tant d’admiration pour lui ! Elle en était même tombée amoureuse…

- Tiens, Oscar n’est pas avec toi, André ?

Oscar… Pourquoi fallait-il qu’il soit si cruel avec moi ? Pourquoi ? J’estimais avoir déjà suffisamment souffert sans qu’il me rappelle l’énorme erreur que je venais de commettre… Oh, Oscar, Oscar qu’ai-je fait ?

- Non, Oscar n’est pas là, Fersen… Oscar ne sera plus jamais là… Je l’ai trahie… vous m’entendez, TRAHIE !

Tout en prononçant ces paroles, je m’étais approché de Fersen et l’avais saisi par le col. La rage m’aveuglait. Je ne savais plus ce que je faisais.

- Comment André ?… Mais que…
- VOUS NE COMPRENEZ DONC PAS… J’AI ABANDONNEE OSCAR !!

Fersen était estomaqué par mon attitude et ne semblait pas comprendre où je voulais en venir. Il restait là, immobile, à me fixer avec ses yeux exorbités sans oser articuler un seul mot.

Je baissai la tête et serrai les dents.

- Je ne suis pas digne d’elle, Fersen. J’ai laissé ces hommes l’emmener contre son gré…. je les ai même aidés !! Ce médecin voulait faire d’Oscar sa femme et moi… moi… je n’ai…. ARHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !

J’hurlai de désespoir ! Je n’en pouvais plus… La douleur qui m’étreignait le cœur s’accentuait de minute en minute…

- Comment André ? Qu’avez-vous fait ? Vous avez offert Oscar en pâture à ses hommes !!!! Mais pourquoi André ? Pourquoi ?

Sous le coup de l’émotion, Fersen s’était écarté de moi, les poings serrés et me regardait atterré.

- Mais parce que je suis lâche !! Oscar est mal…

J’eus à peine le temps de prononcer ces mots qu’un poing d’une fureur sans égale s’abattait sur ma joue. La puissance du coup fut telle que je fus propulsé au sol. Je n’avais pas rêvé, Fersen, cet homme exemplaire, d’habitude si calme et si prévenant, venait de m’envoyer son poing dans la figure ! Ma surprise était immense. Jamais je n’aurais cru Fersen capable d’exprimer ainsi l’émotion qu’il contenait… même si, oui même si au fond, j’espérais qu’il se comporte ainsi… J’avais envie de me battre, de me vider de la rage qui m’habitait et n’avais trouvé meilleur moyen pour déverser cette colère que d’affronter le seul homme qui m’avait un jour volé le cœur de celle que j’aimais !

- André !!! Mais comment as-tu pu… je croyais que tu l’aimais ! Si j’avais su… si j’avais su…

Je ne lui laissai pas le temps de terminer sa phrase. Mon poing rageur fondit sur lui. Malgré son agilité, Fersen ne put l’esquiver et n’eut d’autre choix que de le recevoir en plein visage. Sa riposte ne se fit pas attendre et nous entamâmes une lutte acharnée, violente destinée à évacuer le flot d’émotions contraires qui s’était amoncelé en nous au fil des années. Même si je n’en avais jamais rien dit à Oscar, j’avais toujours su, au plus profond de moi, que Fersen n’était pas indifférent à son charme. La façon qu’il avait parfois de la regarder ne trompait personne. Sa réaction ne m’étonnait guère et était justifiée. Je méritais sa rancœur.

Lorsqu’à bout de force, nous fûmes dans l’impossibilité de poursuivre notre combat, nous nous laissâmes tomber lourdement sur le sol de la prison, les bras en croix.

- André… il y a trop longtemps que mon cœur se tait… que mon cœur souffre de constater le lien inébranlable qui vous lie tous les deux… mais aujourd’hui, je ne peux plus, non, je ne peux plus en supporter davantage… je ne sais pas exactement ce qui s’est passé entre toi et Oscar ces derniers jours mais sache une chose André, je ne tolèrerai plus que tu lui fasses du mal… tu es allé trop loin… pour sauver ta vie, tu as lâchement abandonné celle qui t’était le plus cher… aussi je te demanderai de ne plus jamais t’approcher d’elle… Ne t’en fais pas, je la sauverai des griffes de cet homme… mais après cela, je refuse que tu poses ne serait-ce qu’un doigt sur elle ! Tu m’as bien compris André ?

J’avais écouté sans mot dire le discours de mon éternel rival. Fersen avait parlé d’une voix calme et glacée. Ses paroles raisonnaient en moi, me faisant l’effet d’un poignard. Bien que cela me brise le cœur, je devais admettre qu’il avait raison. Je n’avais pas su prendre soin d’Oscar. Bien sûr, je n’avais pas agi ainsi pour sauver ma peau mais peu importait à présent, j’avais commis l’irréparable et je devais payer. Toutefois, je ne pouvais me résoudre à laisser Fersen sauver Oscar. Malgré mon chagrin, je n’oubliais pas la raison pour laquelle j’avais accepté de laisser ces agresseurs l’emmener. Oscar était mourante et Fersen ne devait absolument pas empêcher sa guérison.

- Que les choses soient claires, Fersen, je n’ai pas d’ordre à recevoir de vous !! Et je vous interdis d’aller porter secours à Oscar !
- Comment André ? Que me dis-tu là ? Tu voudrais que je laisse Oscar aux mains de ses ravisseurs ? Sais-tu seulement ce qu’ils pourraient lui faire ?
- Mais que croyez-vous donc, Fersen ? Que je n’y ai pas déjà réfléchi ?! J’ai bien l’impression que vous ne comprenez pas l’ampleur de la situation dans laquelle se trouve Oscar. Si j’ai agi de la sorte, c’est pour le bien d’Oscar…
- Pour le bien d’Oscar ? Tu m’en diras tant !! Je crois que toi et moi, André, n’avons pas la même conception de ce qui est bien ou mal !
- Oh et puis faîtes ce que bon vous semble ! criai-je excédé par l’obstination de cet homme. De toute façon, à l’heure qu’il est, Oscar doit certainement déjà être mariée…

J’avais prononcé ces mots avec une telle facilité que je m’en étonnais moi-même. Outré, Fersen se releva d’un bond et se précipita vers l’entrée du cachot. Je le sentais en proie à une panique gigantesque. Ses pas cessèrent lorsqu’il atteignit la porte. Il se retourna une dernière fois vers moi.

- Tu me déçois, André. Je ne pensais pas que tu pouvais être ignoble à ce point. Ne t’approche plus jamais d’Oscar ou il t’en coûtera !

Et il disparut dans le couloir sans même prendre le temps de refermer la porte. J’aurais pourtant juré qu’il la verrouillerait. Mais non. Dans son empressement à vouloir sauver Oscar, il en avait même oublié de me réduire à l’état de loque vivante, en m’enfermant à jamais dans cette cellule puante. A moins qu’il ne l’ait fait exprès ? Non, je ne pouvais y croire.

« Allez, André, ressaisis-toi. Tu dois fuir d’ici. Pour Oscar. Pour la protéger sans qu’elle le sache… Elle a besoin de toi… A nouveau, tu la suivras comme son ombre… mais cette fois tu ne reverras plus jamais la lumière… »

***

Je galopais aussi vite qu’il m’était alors possible de le faire. Je voulais à tout prix empêcher ce mariage. André avait parlé d’un médecin, me semblait-il. Ce ne pouvait être que Monsieur Ferguson. Je le connaissais pour avoir déjà eu affaire à lui, le jour où j’avais empêché la pendaison d’André. J’avais été blessé et cet homme m’avait offert son aide. Ce médecin n’était pas un mauvais bougre. Il était juste désespéré après la mort tragique de son épouse l’année dernière. Sa femme et lui avaient toujours œuvré pour la liberté, d’où son alliance avec « le clan des opprimés ». Et je ne pouvais l’en blâmer même si je n’avais jamais eu le courage d’en faire autant ! Rien qu’à l’idée de trahir la confiance de la Reine, j’en avais été malade. Et pourtant Dieu seul savait à quel point j’aurais voulu suivre Oscar dans sa rébellion contre la royauté. Je n’avais pas voulu trahir la Reine mais comprenais aisément les raisons qui avaient poussé une âme aussi noble qu’Oscar à renier ses origines pour rejoindre le peuple dans sa lutte acharnée contre l’absolutisme. Mais aujourd’hui, les choses avaient changé. J’avais réalisé que mon admiration pour Oscar était en fait de l’amour et qu’il surpassait même celui que j’éprouvais pour la Reine. J’avais ouvert les yeux au moment même ou je me rendais compte de l’intensité des sentiments qui liaient Oscar à André. Mais pourquoi avais-je mis tant de temps à réaliser l’évidence ! Si je m’étais rendu compte plus tôt de mes sentiments, nous aurions pu être heureux… oui heureux ! Mais malheureusement, je n’avais pas su ouvrir les yeux au bon moment. Sa déception avait dû la pousser à considérer André autrement que comme un simple ami. Et voilà qu’aujourd’hui Oscar souffrait de ce choix qui, si j’avais été plus clairvoyant, n’aurait jamais eu lieu. Ah André, ce que je pouvais le haïr de s’être ainsi comporté avec celle qui faisait à présent battre mon cœur plus que de raison ! Même si je le jalousais depuis longtemps maintenant, jamais je ne l’aurais cru capable de tant de lâcheté envers celle qu’il prétendait aimer depuis sa plus tendre enfance. La vie d’Oscar n’avait aucune importance à ses yeux, seule comptait sa propre existence ! Si Oscar avait été avec moi à l’instant de son enlèvement, je n’aurais jamais permis qu’on lui fasse du mal ! Mais j’allais me rattraper et empêcher ce mariage, dussé-je y laisser ma vie.

***

Je m’étais réveillée dans cette chambre inconnue sans vraiment me souvenir des circonstances qui m’y avaient conduites. Tout ce dont je me rappelais concernait le regard vide et inexpressif d’André. Je ne parvenais pas à décrypter les signes que m’envoyaient son œil. J’avais beau faire, je ne parvenais pas à comprendre son changement d’attitude. Lui qui était si triste à l’idée de me perdre quelques instants plus tôt, décidait subitement de me livrer au bon vouloir de nos ravisseurs. Quelque chose m’échappait. Jamais je ne pourrais me résoudre à croire qu’André avait agi ainsi pour se débarrasser de moi, pour ne plus avoir à supporter mon agonie. Jamais ! Et pourtant… pourtant… je me sentais trahie… trahie par l’homme en qui j’avais le plus confiance. Oh André, pourquoi, pourquoi m’as-tu abandonné au moment où j’avais le plus besoin de ta présence ? Qu’allait-il advenir de moi maintenant ?

- Ah, vous êtes enfin réveillée ? Je commençais à croire que la dose de somnifère que je vous avais administrée avait eu raison de vous. Mais heureusement, il n’en est rien !

J’ouvrai lentement les yeux pour identifier l’homme assis à mon chevet. Un sourire éclairait son visage. C’était un homme d’une cinquantaine d’années. Ses cheveux grisonnants et ses yeux tombants lui donnaient l’air bienveillant. Apparemment, je n’avais rien à craindre de cet homme.

- Qui êtes-vous ? Il ne me semble pas vous connaître.
- Je suis votre mari, belle enfant.
- Comment ? Mon mari ? Mais…

Sidérée par ce que mes oreilles venaient d’entendre, je me redressai d’un bond. Malheureusement, une douleur fulgurante me traversa la poitrine et je dus reposer la tête sur l’oreiller.

- Je vous en prie, ma mie, ménagez-vous. Vous êtes encore très faible. Votre blessure n’est pas encore toute à fait guérie… Si vous voulez que je vous vienne à bout du mal qui vous ronge, laissez d’abord à votre blessure le temps de cicatriser… autrement je ne pourrai plus rien faire pour vous…
- Mais je ne vous ai rien demandé, monsieur… Maintenant si vous voulez bien me préparer mes affaires pour que je puisse me changer et partir d’ici, je vous en serais gré.
- Il n’en est pas question, chère amie ! Je vous ai déjà perdue une fois, je ne vous perdrai pas deux fois.

Et avant que je n’ai eu le temps de protester, l’homme qui se disait être mon mari_ mon Dieu, mon mari, non ce n’était pas possible !_ planta une seringue dans mon bras. Je sentis le sommeil me gagner progressivement. Ma dernière pensée fut destinée à André.

« Oh, André… dis-moi que tu ne m’as pas laissée devenir la femme de cet homme délibérément, oh je t’en prie, André dis-moi que ce n’est pas le cas…autrement je crois bien que je ne m’en remettrais jamais… »

***

Deux semaines s’étaient écoulées depuis que j’avais appris le mariage d’Oscar avec Monsieur Ferguson. J’étais anéanti. Je n’avais pas pu empêcher cette ineptie. Oscar ne serait jamais mienne. Jamais ! J’aurais tant voulu lui demander sa main… Après ce qu’André lui avait fait, j’étais convaincu d’avoir une chance.

Non, je ne devais pas me laisser abattre. Il fallait que je retrouve Oscar coûte que coûte.

« Dussé-je y mettre des années, je la retrouverai. Une fois cette tâche accomplie, je m’enfuirai avec elle pour qu’elle ne revoit jamais ni ce médecin ni André. J’en fais la promesse solennelle. »

A suivre…

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