Fanfiction Lady Oscar – Un départ douloureux – One shot (Songfic)

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Le départ d’Oscar au bal à travers les yeux d’André.

Chanson : « Elle est d’ailleurs » de Pierre Bachelet

 

J’avais espéré qu’Oscar perde de sa superbe une fois travestie en femme mais il n’en fut rien. Oscar était splendide. J’étais ébloui par sa beauté. Même en robe Oscar répandait autour d’elle une aura presque surnaturelle. Celle pour qui mon cœur battait depuis tant d’années brillait de milles feux ce soir là. Elle était belle. Belle à en mourir. Mon cœur se serra en pensant que ce n’était pas pour moi qu’elle acceptait momentanément sa féminité mais pour un comte inconscient de la rareté du trésor qu’il côtoyait depuis maintenant douze ans. Je n’osais plus esquisser un mouvement de peur de rompre le charme du spectacle qui s’offrait à moi. J’aurais aimé que le temps s’arrête, se fige. En cet instant magique, Oscar n’était pas à lui mais à moi. J’aurais pu la regarder des heures, que dis-je des jours, des années, des siècles sans jamais me lasser. Je voulais lire en elle, mais comme à son habitude Oscar disparaissait derrière cette carapace qui était la sienne. Son visage semblait si fier et impassible. Une fois de plus, Oscar ne me facilitait pas la tâche mais qui mieux que moi aurait pu deviner le malaise qui lui étreignait le cœur. Je la fixais intensément, attendant patiemment qu’elle trahisse un semblant d’émotion. Oscar soutint mon regard quelques minutes puis détourna la tête. Ses joues reflétaient à présent la gêne qu’avait provoquée en elle l’impudicité de mes yeux. Cette roseur sur sa peau de soie constituait ma seule satisfaction en ces moments de profonde solitude.

Elle a de ces lumières au fond des yeux
Qui rendent aveugle ou amoureux
Elle a des gestes de parfum
Qui rendent bêtes ou rendent chiens
Mais si lointaine dans son cœur
Pour moi c’est sûr
Elle est d’ailleurs

Oscar descendit les marches avec beaucoup de précaution. Cette maladresse dissimulée me fit sourire intérieurement. Quel que soit son déguisement, Oscar restait Oscar, mon Oscar. Cette jeune femme évanescente aux allures masculines qui avait su capturer mon cœur depuis notre plus tendre enfance. Une multitude de souvenirs me traversa l’esprit tandis que je la regardais progresser dans l’escalier. Depuis qu’elle était devenue capitaine de la garde, le gouffre qui nous séparait ne cessait de s’élargir. Je la perdais chaque jour un peu plus. Elle avait beau être physiquement à mes côtés, son cœur me devenait de plus en plus inaccessible. Fersen avait une chance inouïe et ce mécréant ne s’en rendait même pas compte. Je le haïssais parfois pour tout le mal qu’il lui faisait subir. Le comte était tellement aveugle et maladroit dans ses sentiments qu’Oscar se sentait obligée de changer pour capter son attention et obtenir ne serait-ce qu’une bribe de l’affection qu’il réservait à la Reine. Bien qu’ébloui par tant de beauté, je ne pouvais m’empêcher de regretter cette transformation. Non pas qu’Oscar allait se ridiculiser, loin de là même mais ce changement était tout simplement inutile. Aussi masculine qu’elle paraisse, Oscar n’est restait pas moins l’être le plus féminin que je connaisse. Oscar n’avait pas besoin de robe pour être femme. Elle l’était dans chacun de ses gestes, dans chacun de ses regards, dans chacun de ses sourires. Ne le voyait-elle donc pas ? Ne comprenait-elle donc pas que cet acte insensé ne ferait que la détruire davantage encore… Même si Fersen posait sur elle les yeux d’un amant et non plus simplement ceux d’un ami, son cœur n’appartiendrait jamais qu’à la Reine et à elle seule.

Elle a de ces manières de ne rien dire
Qui parlent au bout des souvenirs
Cette manière de traverser
Quand elle s’en va chez le boucher (C’est Hans )
Quand elle arrive à ma hauteur
Pour moi c’est sûr
Elle est d’ailleurs

Oscar passa à côté de moi sans même me regarder. Nos épaules se frôlèrent. Un frisson me parcourut l’échine. « Oh Oscar, tu n’aurais jamais eu à jouer cette comédie si seulement tu avais ouvert les yeux et accepté l’amour illimité que je te voue ! » J’aurais voulu la prendre dans mes bras, l’empêcher de courir à sa perte mais n’en fis rien. Oscar continuait à avancer sans se retourner, évitant soigneusement de croiser mon regard. Oscar avait conscience de l’absurdité qu’elle s’apprêtait à commettre et c’était peut-être là le pire. Autrement pourquoi me fuyait-elle ? Il aurait suffi d’un geste de sa part pour que j’intervienne et interrompe cette marche vers l’enfer mais Oscar préféra continuer d’ignorer ma présence. Mon cœur lui criait d’arrêter cette folie mais elle persistait dans son entêtement. J’aurais au moins voulu l’accompagner. Mais Oscar ne l’aurait pas permis. Pourtant je ne pouvais me résoudre à l’abandonner. Que ferait-elle une fois qu’elle se rendrait compte que Fersen ne l’aimerait jamais comme il aimait la Reine ? Tout au fond de son cœur, Oscar le savait mais le fait de se l’entendre dire constituerait sans doute un véritable coup de poignard pour elle. Je ne pouvais pas la laisser y aller seule. Je devais être là pour elle, comme je l’avais toujours été jusqu’à maintenant.

Et moi je suis tombé en esclavage
De ce sourire de ce visage
Et je lui dis emmène moi
Et moi je suis prêt à tous les sillages
Vers d’autres lieux, d’autres rivages
Mais elle passe et ne répond pas
Les mots pour elle sont sans valeur
Pour moi c’est sûr
Elle est d’ailleurs

Aidé d’un domestique, Oscar monta dans le carrosse qui devait la conduire aux portes de l’enfer. Un halo de lune caressait les courbes de sa silhouette svelte et élancée, silhouette qui hantait mes nuits depuis mon adolescence. Tout mon corps se réjouissait à la vue d’un tel spectacle. Mon cœur seul souffrait de cette vision paradisiaque. Je m’approchai de l’entrée. Oscar osa enfin lever les yeux vers moi. L’échange de regards fut bref mais la tristesse que j’avais pu y lire me lamina le cœur. Que n’aurais-je pas donné à cet instant pour obtenir ne serait-ce qu’une esquisse de sourire de sa part…

Elle a ces longues mains
De dentellière
A damner l’âme d’un Wermer
Cette silhouette vénitienne
Quand elle se penche à ses persiennes
Ce geste je le sais par cœur
Pour moi c’est sûr
Elle est d’ailleurs

Le carrosse disparaissait progressivement dans la nuit. Mes yeux l’accompagnèrent jusqu’à ce que l’obscurité s’empare de lui. Chacun de ses gestes était gravé dans ma mémoire. L’indifférence qu’elle avait manifestée à mon égard au cours de ce départ irréfléchi aurait dû me dissuader de l’accompagner mais elle ne fit au contraire qu’accroître mon désir de la suivre. Je ne voulais pas la quitter. Je ne pouvais pas la quitter.

Et moi je suis tombé en esclavage
De ce sourire de ce visage
Et je lui dis emmène moi
Et moi je suis prêt à tous les sillages
Vers d’autres lieux, d’autres rivages
Mais elle passe et ne répond pas
L’amour pour elle est sans valeur
Pour moi c’est sûr
Elle est d’ailleurs

Je me serais damné pour elle si cela avait pu lui être d’un quelconque bénéfice. Pourtant Oscar ne m’en offrait même pas l’opportunité. Mais qu’importe, quoiqu’elle fasse, je la suivrais toujours. C’était inévitable. J’étais enchaîné à elle et le serais probablement jusqu’à mon dernier souffle.

FIN

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