Fanfiction Lady Oscar – Océance Grandier et André François de Jarjayes – Chapitre 7 : Accidents

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Le Général de Jarjayes accepte qu’Oscar Grandier devienne le compagnon de jeu de son fils André sans savoir que cet enfant est en réalité une fille

 

Chapitre 7 : Accidents

 André et Oscar s’étaient levés en apercevant le général. Un silence pesant emplissait l’atmosphère. Le vieil officier fixait Oscar d’un air ébahi. Il n’en revenait pas. Le compagnon de son fils était donc une… une… femme ? Gênée, Oscar vint se placer derrière André. Tout son corps tremblait. Qu’allait-elle devenir maintenant que le général connaissait sa véritable nature ? Jamais il n’accepterait de la garder sous son toit. Comment le pourrait-il ? Il détestait les femmes et qui plus est, elle lui avait menti. Oscar doutait fortement que l’officier lui pardonne un jour son manque de sincérité.

Conscient des risques qu’encourait la jeune femme, André s’avança vers son père le bras tendu, lui signifiant ainsi de ne pas s’emporter sans avoir préalablement écouté ses explications.

- Père, ne vous méprenez pas ! Si Oscar vous…
- Taisez-vous ! Je ne veux pas vous entendre ! Cette jeune personne m’a menti, il n’y a pas de raison que je lui pardonne… Quand je pense que vous-même étiez au courant et que vous n’avez rien dit…
- Je… vous demande pardon, père mais je vous en prie ne congédiez pas Oscar !

André s’étonnait d’avoir pu prononcer ces mots avec autant de facilité. Laisser son père obtenir satisfaction n’était pas dans ses habitudes, bien au contraire. Mais… Oscar… Oscar était bien plus importante pour lui que sa prétendue fierté. Pour elle, André était prêt à mettre de côté son orgueil et à se soumettre aux volontés de son père pourvu que ce dernier ne décide pas de lui faire quitter la propriété des Jarjayes.

Bien qu’abasourdi par l’attitude insolite de son fils, le général ne dérogea pas à ses habitudes et feignit l’indifférence.

- Vos excuses ne changeront rien ! Oscar, vous êtes renvoyée ! Faîtes vos paquets sur le champ ! Et que je ne vous recroise plus jamais !

Le général était hors de lui. Cette fille n’aurait jamais dû lui mentir ! Elle avait trahi sa confiance. Une femme… Oscar qu’il avait élevé comme son propre fils… n’était qu’une… femme. Grâce à lui cette dernière avait bénéficié d’avantages que sa naissance et son sexe lui interdisaient. S’il l’avait su plus tôt, jamais l’officier n’aurait accepté qu’elle intègre la demeure des Jarjayes. Quelle honte pour la famille Jarjayes si son entourage venait à apprendre cette terrible mascarade ! On le montrerait du doigt pour avoir permis qu’une femme et qui plus est une roturière soit éduquée selon des principes masculins. Non, décidément, le vieil homme ne pourrait tolérer une telle humiliation. Oscar devait partir.

Encore sous le choc de ce qu’elle venait de vivre quelques temps avant que le général ne franchisse la porte de la chambre, Oscar sentit les larmes lui monter aux yeux. Le général pouvait bien la congédier, cela n’avait plus aucune importance. Elle ne pourrait plus vivre aux côtés d’André de toute façon. Elle avait mis de côté sa pudeur afin qu’il la considère enfin comme une femme, et il l’avait rejetée. Comment pouvait-elle seulement oser le regarder en face après s’être ainsi humiliée de la sorte ?

Le militaire serra les dents. A en juger par l’état de la jeune femme, les deux amis s’apprêtaient à commettre la pire des folies. Oscar s’était permise de séduire son fils. Sa nudité en était la preuve accablante. Le général ne souhaitait pas que son fils se compromette avec une roturière. Qu’ils profite du lit des plus grandes dames de la Cour passait encore mais qu’il entretienne des relations physiques avec une femme issue du peuple, l’officier ne pouvait l’accepter. Il lui fallait mettre un terme à cette relation le plus rapidement possible. Cette mésalliance constituait pour le militaire une raison supplémentaire de congédier la jeune femme. Quitte à s’attirer les foudres de son fils, le général devait se débarrasser d’Oscar une fois pour toutes.

- Je croyais pourtant avoir été clair ! Je vous somme de quitter cette maison sur le champ ! Mon fils ne s’encanaillera pas avec la petite-fille d’une domestique ! Il ne sert à rien d’essayer d’attirer ses faveurs !

Les derniers mots du général furent plus qu’Oscar ne pouvait en supporter ! Sans attendre une seconde de plus, la jeune femme se saisit de sa robe et quitta la pièce en larmes.

- Oscar !

André tenta de la suivre mais fut interrompu dans son élan. Le général avait saisi son fils par le bras, l’empêchant ainsi de rejoindre celle qu’il aimait.

- Ne la suis pas André ! Je t’en conjure mon fils, ne la suis pas !
- Je n’ai pas d’ordre à recevoir de vous ! Votre attitude est abject père ! Comment avez-vous pu la traiter aussi vulgairement alors qu’il y peu vous la considériez comme votre fille ?
- Non pas comme ma fille mais comme mon fils…
- Lâchez-moi, vous me dégoûtez !

André était horrifié par l’attitude de son père. Se libérant brusquement de la poigne de ce dernier, le jeune homme quitta la pièce en trombe. Il devait à tout prix rattraper Oscar avant qu’il ne soit trop tard !

André atteignit la chambre d’Oscar au moment où cette dernière en sortait.

- Oscar, je t’en prie ! Reste !

Oscar leva deux yeux remplis de larmes vers son ami.

- Comme si tu n’avais pas entendu ce qu’avait dit ton père… Je ne suis plus la bienvenue ici…
- Oscar, mon père était en colère… il ne pensait pas ce qu’il disait… Reste, je t’en prie… je le convaincrai de reconsidérer sa décision…
- Non ce n’est pas la peine, André. Ton père ne changera pas d’avis… J’aurais dû me douter que ma place n’était pas ici.

Oscar se dirigea vers les escaliers d’un pas décidé. André se plaça devant elle et la saisit par les épaules.

- Oscar, sois raisonnable ! Tu ne peux pas partir comme ça en pleine nuit ! Où iras-tu ?
- Je me débrouillerai… maintenant laisse-moi passer !
- NON !
- J’ai dit laisse-moi passer !

Comme André ne se décidait toujours pas à la laisser tranquille, Oscar lui décocha un bon coup de poing dans l’abdomen. Surpris par tant de détermination, le jeune homme vacilla et porta les mains à son ventre. Oscar en profita pour dévaler l’escalier. Lorsqu’il retrouva ses esprits, André lui emboîta le pas.

- Oscar ! Oscaaaaaaaar ! Tu ne peux pas partir comme ça ! Attends Oscar ! Que va dire Grand-mère ?
- Grand-mère comprendra ! En plus ton père ne la licenciera pas ! Il a trop besoin d’elle !

Plus que quelques mètres et Oscar atteindrait l’écurie. Il fallait qu’elle quitte au plus vite cette maison avant que sa volonté ne s’effrite. Arrivée devant l’un des box, Oscar ne put poursuivre son action. Une main puissante venait de lui saisir le poignet et la forçait maintenant à se retourner. Avant qu’elle n’ait pu dire quoi que ce soit, les lèvres de son agresseur happèrent sa bouche avec passion. Les yeux d’Oscar s’agrandirent d’effroi au contact de la langue de son assaillant. Incapable de retenir plus longtemps le feu qui brûlait en lui, André n’avait pas mesuré l’ardeur de son baiser. Lorsqu’il se rendit compte de sa hardiesse, le jeune homme interrompit brutalement son action et fixa Oscar, le cœur battant. Une gifle magistrale s’abattit sur sa joue sans même lui laisser le temps de reprendre son souffle. Dépité, André resta cloué sur place. Les yeux grands ouverts, le jeune aristocrate tentait de rassembler ses esprits. La situation lui échappait totalement. Le baiser… la gifle… tout s’était passé si vite…. Oscar écarquilla les yeux de stupeur lorsqu’elle réalisa son geste. Cette claque n’avait jamais été dans ses intentions. Elle avait agi par pur réflexe. Les deux jeunes gens se regardèrent un instant sans comprendre puis Oscar plaqua sa main droite contre sa bouche afin d’étouffer un début de sanglot. Elle ne pouvait plus penser, elle ne voulait plus penser… Il fallait qu’elle parte, oui qu’elle parte loin d’ici… loin d’André… Tant d’émotions contradictoires bouillonnaient en elle qu’elle préférait fuir la réalité plutôt que l’affronter. Sans attendre, Oscar se hissa sur le premier cheval venu et s’élança hors de l’écurie, le visage noyé par le chagrin.

André mit quelques secondes avant de sortir de sa léthargie et ne s’aperçut pas tout de suite qu’Oscar était partie. Lorsqu’il s’en rendit compte, la panique s’empara de lui. Il devait à tout prix la rattraper. Non seulement il ne voulait pas la perdre mais l’idée de la savoir seule en pleine nuit l’horrifiait au plus haut point. Avec la rapidité de l’éclair, André enfourcha sa monture et sortit de l’écurie. Alors qu’il éperonnait le flan de son cheval, une silhouette se dressa sur son chemin interrompant sa course. Conscient du danger qu’encourrait l’homme s’il n’arrêtait pas sa course, André tira fortement sur les rênes. Le cheval hennit, se cabra mais ne put éviter l’obstacle. L’un des sabots envoya l’homme valser à terre. Dès que ses bottes eurent touché le sol, André se précipita vers la victime pour constater les dégâts. Les yeux du jeune aristocrate s’agrandirent d’horreur lorsqu’il reconnut l’homme qui lui faisait face.

- Père ! Oh mon Dieu père ! Mais pourquoi…. ? Pourquoi avez-vous fait çà ? Père ! Père !

Aucune réponse ne lui parvint. Le général gisait inerte sur le sol. Paniqué, André se pencha sur le visage de son père et poussa un soupir de soulagement en sentant la caresse de son souffle sur sa joue.

- Tenez bon, père ! Je vais vous ramener à la maison et demander à ce que l’on envoie chercher un médecin sur le champ !

André souleva l’officier et le fit grimper sur son dos. Il n’y avait pas de temps à perdre. Il devait le ramener au plus vite à l’intérieur afin que Grand-mère puisse lui prodiguer les premiers soins en attendant le médecin. André franchit les portes de l’écurie et se dirigea vers la propriété. Des larmes s’échappèrent de ses yeux tandis qu’il marchait. Oscar qu’il aimait plus que tout était partie. Elle était seule, sans défense dans une campagne hostile et lui était resté là, il ne l’avait pas suivie. Mais comment aurait-il pu ? Abandonner son père blessé aurait été la pire des ignominies. Même si André tenait le général pour responsable du départ d’Oscar, il n’en restait pas moins son père. Il ne pouvait pas l’abandonner, non il ne pouvait pas. S’il partait maintenant, il le tuerait. Jamais son père ne se remettrait de son départ. Le jeune homme en avait l’intime conviction. André pressa fortement les paupières. Deux nouvelles larmes dévalèrent ses joues.

« Oh Oscar… Pourvu qu’il ne t’arrive rien !… Oscar… Dès que mon père ira mieux, je partirai à ta recherche et te ramènerai ici… en sûreté… j’en fais la promesse solennelle. »

Oscar galopait aussi vite qu’elle le pouvait. Elle voulait fuir, fuir au plus vite de cette réalité qui la faisait souffrir. Le vent fouettait son visage et balayait ses larmes. Cette sensation n’était pas déplaisante, loin de là. Elle la rassurait. Le contact du vent sur son visage lui donnait l’impression que quelqu’un veillait sur elle et cherchait à apaiser la détresse qui s’emparait d’elle. La jeune fille en voulait plus, encore plus. Oui, plus de vent, de vitesse. Elle en avait besoin. Oscar accéléra l’allure. Encore et encore. Soudain, l’animal se cabra. Un renard venait de traverser la route à vive allure. Oscar qui n’eut pas le temps de s’accrocher à la crinière, fut éjectée brutalement au sol.

Tandis qu’elle perdait connaissance, Oscar entendit les pas précipités d’un homme se rapprocher d’elle. Elle essaya de maintenir les yeux ouverts mais en vain. Bientôt les ténèbres la happèrent. Parvenu à ses côtés, le mystérieux inconnu la souleva et l’emmena jusqu’à son carrosse.

- Fouettez cocher ! Cette jeune fille est très mal en point. Il lui faut à tout prix un médecin !

Le cocher ne se le fit pas dire deux fois et fouetta son cheval avec force. Le carrosse disparut dans la nuit et ce n’est qu’une bonne heure plus tard qu’il parvint à destination. L’immense propriété des Fersen lui faisait maintenant face dans toute sa splendeur.

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Océance Grandier et André François de Jarjayes – Chapitre 6 : Le bal

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Le Général de Jarjayes accepte qu’Oscar Grandier devienne le compagnon de jeu de son fils André sans savoir que cet enfant est en réalité une fille

 

Chapitre 6 : Le bal

Trois mois plus tard, dans le hall d’entrée des Jarjayes.

André faisait les cents pas devant le grand escalier, désespérant qu’Oscar finisse un jour de se préparer. Le jeune aristocrate avait les nerfs à fleur de peau. Il ne cessait de s’interroger sur les raisons qui avaient bien pu pousser Oscar à l’accompagner au bal. Elle devait pourtant s’en douter, Marie-Antoinette serait là. Alors pourquoi avait-elle insisté pour être sa cavalière ? Cette situation ne lui plaisait guère. Si jamais quelqu’un la reconnaissait en dépit de ses vêtements féminins et que cela parvenait aux oreilles de son père, Oscar risquerait d’avoir de graves ennuis. Elle serait probablement chassée de la famille sans aucun ménagement. Et cela, André ne le souhaitait pour rien au monde. Ah s’il avait fait plus attention à ne pas être entendu lorsqu’il avait demandé à Rosalie, une jeune orpheline qu’il avait pris sous sa protection il y a de cela deux mois, de l’accompagner à cette soirée, André n’en serait pas là aujourd’hui. Malheureusement Oscar avait tout entendu et s’était instantanément proposée de lui servir de cavalière. André avait été très surpris de sa requête, d’autant que leurs relations n’étaient pas au beau fixe ces derniers temps. Depuis qu’André avait rejeté l’amour d’Oscar, celle-ci avait complètement changé de comportement. Elle qui était naguère si vive et spontanée s’était complètement refermée sur elle-même. Depuis trois mois, Oscar n’était plus que l’ombre de celle qu’elle était autrefois. Le feu qu’il admirait tant chez elle semblait s’être éteint depuis ce fameux matin où il l’avait repoussée. André se sentait coupable de ce changement subit chez la jeune femme mais savait qu’il avait agi pour le mieux. S’il lui avait ouvert son cœur, les deux amants auraient alors dû se cacher au risque de s’attirer les foudres d’une société sclérosée. Et il n’était pas question qu’une telle situation se produise ; André aurait alors eu l’impression de traiter Oscar de la même manière que toutes ses conquêtes pour qui il n’avait jamais éprouvé l’once d’un sentiment amoureux.

La seule qui avait un tant soit peu su attendrir son cœur avait été la reine Marie-Antoinette. Sa spontanéité et son innocence l’avaient beaucoup touché. Elle n’était pas comme ces autres femmes qui ne cherchaient qu’à multiplier les plaisirs et les interdits. Non, Marie-Antoinette voulait simplement vivre et connaître le grand amour, chose que lui interdisait son rang. Elles n’avait connu que trois hommes dans sa vie : le roi qu’elle avait été obligé d’épouser contre son gré, le Comte Hans-Axel de Fersen à qui elle vouait une passion sans borne et… lui, André François de Jarjayes. Le jeune aristocrate ne savait pas exactement ce que la reine éprouvait pour lui mais quoiqu’il en soit celle-ci avait tenu à le revoir ce soir. André n’avait pas pu refuser. Mais s’y rendre seul aurait été une folie, tant pour lui que pour la Reine, on ne devait à aucun prix se douter qu’ils se fréquentaient. Le moindre faux pas et les rumeurs pleuvraient. André avait donc pensé emmener Rosalie, il lui fallait quelqu’un de confiance. Mais Oscar avait tout entendu et s’était proposée de l’accompagner à la place de cette dernière. Oscar semblait tellement décidée qu’André n’avait pas eu le cœur à refuser.

Oscar se regarda une dernière fois dans la glace avant de se décider à rejoindre André. En prenant le risque de l’accompagner à ce bal, Oscar espérait secrètement parvenir à le séduire. Jusqu’à présent la jeune femme s’était toujours présentée à lui, vêtue de ses vêtements masculins. Il était évident que vu sous cet angle, Oscar ne pouvait rivaliser avec les dames de la Cour et encore moins avec Marie-Antoinette. Mais ce soir, la situation évoluerait peut-être. La magnifique robe de taffetas bleu turquoise dont elle était vêtue allait peut-être lui ouvrir les portes d’un amour trop longtemps convoité. La jeune femme inspira profondément puis descendit les marches du grand escalier avec toute la grâce et l’élégance dont elle était capable. Mais contrairement à ses espérances, André ne manifesta pas le moindre trouble en la voyant. Oscar en fut profondément déçue. Pas même un simple petit clin d’œil. André était resté de marbre en l’apercevant. La jeune femme commençait sérieusement à douter de sa féminité.

André accompagna Oscar jusqu’au carrosse et l’aida à monter. Dieu qu’elle était belle ! André n’en revenait pas… Il n’aurait jamais cru que les vêtements féminins lui allaient si bien… Lorsqu’elle était apparue en haut des escaliers, le cœur d’André s’était arrêté. Il l’avait regardé descendre les marches une à une sans jamais détacher les yeux de son corps gracile. André voulait imprimer ces instants magiques dans son esprit, en prenant toutefois bien garde à ne pas laisser transparaître son émoi.

Le voyage jusqu’à Versailles fut une véritable torture pour André. Le jeune aristocrate dut fournir de sacrés efforts pour ne pas succomber à la tentation de la déshabiller du regard. Il en venait presque à redouter de franchir les portes de la salle de bal. Oscar risquait d’attiser la jalousie des femmes, sans parler du nombre de fantasmes masculins dont elle ferait certainement l’objet… Arrrrrrrrgh, André commençait déjà à regretter d’avoir accepté de se rendre à cette réception en sa compagnie…. Mais il était maintenant trop tard pour reculer…

A peine eurent-ils franchi les portes de la grande salle qu’une multitude de jeunes femmes se précipitaient sur André pour l’inviter à danser. Oscar était furieuse, c’est à croire qu’elle était invisible !! Ouch ! Oscar lâcha son mouchoir : l’une des demoiselles en furie venait de lui écraser le pied avec une délicatesse sans nom. Arh décidément, c’était bien son jour… Oscar se baissa pour ramasser son bien mais un gentilhomme la devança. Il prit le tissu entre ses doigts et le lui tendit en souriant. Oscar mit quelques temps à réagir puis finit par remercier le jeune homme. Leurs regards se croisèrent et…. oh, Oscar écarquilla les yeux de stupeur en reconnaissant l’homme qui lui faisait face… Cet élégant aristocrate au sourire ravageur n’était autre que le comte Hans-Axel de Fersen lui-même.

- M’accorderez-vous cette danse ? Je vous en prie…
- Danser…. avec vous… mais bien sûr, avec joie… répondit Oscar qui ne parvenait toujours pas à réaliser qu’elle venait de rencontrer l’homme qu’elle n’avait cessé d’idolâtrer depuis quatre ans.
- Vous me faites un grand honneur madame. Suivez-moi, nous serons plus à l’aise pour nous mouvoir au milieu de la salle.
- O… oui… euh…non, attendez il faut d’abord que je prévienne mon partenaire…

Oscar jeta un regard en direction d’André mais celui-ci était bien trop occupé à faire la cour à l’une des plus prestigieuses Duchesses de Versailles pour s’en rendre compte. Déçue, Oscar reporta son attention sur Fersen et lui rendit son sourire.

- Non, ce n’est pas grave. Je vous suis, monsieur.

Fersen conduisit Oscar au milieu de la piste de danse et passa son bras autour de sa taille. Oscar sentit le rouge lui monter aux joues au contact de sa main. C’était la première fois qu’elle dansait avec un homme qui, pour couronner le tout ne manquait pas de charme et de délicatesse. Les deux jeunes gens valsèrent un long moment, les yeux dans les yeux, s’imprégnant de la magie du moment. Fersen était un très bon cavalier. Sans lui, Oscar se serait déjà pris les pieds dans sa robe à plusieurs reprises.

Oh mais vraiment quel beau couple ! Mais regardez comme ils dansent ! Oui c’est un ravissement et monsieur de Fersen à l’air d’être ensorcelé…

- Puis-je connaître votre nom, madame ?
- Oui, bien sûr… Océane… Océane de Jarjayes.

Oscar avait répondu sans même prendre le temps de réfléchir aux conséquences d’une telle réponse.

- Océane… C’est un fort joli nom… Vous êtes une parente de Monsieur André François de Jarjayes ?
- Oui, une cousine éloignée.

Maintenant qu’elle avait commencé à mentir, autant continuer. Fersen ne la quittait pas des yeux.

- Laissez-moi vous complimenter sur votre tenue. Elle vous sied à ravir et rehausse merveilleusement le bleu de vos yeux.
- Je vous remercie monsieur. Vos compliments me vont droit au cœur.

Oscar était un peu gênée. Triste également. André ne l’avait jamais complimentée de la sorte. A ses yeux, Oscar ne pourrait certainement jamais rivaliser avec toutes les comtesses et marquises qu’il avait l’habitude de fréquenter.

Une fois la valse terminée, Oscar s’excusa auprès de Monsieur de Fersen et sortit prendre l’air dans le jardin. André n’était visible nulle part. Il ne se souciait absolument pas d’elle. Oscar soupira. La jeune fille était au bord des larmes. Elle remarqua un banc près d’un buisson et s’y dirigea d’un pas lent. C’est alors qu’elle l’aperçut. Là, dans un coin du jardin. André. Pour ne pas changer son ami de toujours était avec une femme. Il l’embrassait dans le cou et caressait sa poitrine d’une main experte. Dégoûtée, Oscar s’apprêtait à faire volte face lorsque la femme tourna la tête vers elle. Oscar étouffa un cri en reconnaissant la partenaire de son ami. Marie-Antoinette ! Il ne lui avait donc pas menti ! Leur idylle existait bel et bien. Et elle qui avait pensé que peut-être… André ne lui avait dit cela que pour éviter de la rejeter sans raison… Mais apparemment, André avait été sincère avec elle… Trop peut-être…

- Oh mon Dieu !! On nous a vu ! Oh mon Dieu…. qu’allons-nous faire ?murmura la Reine paniquée.

André releva la tête à son tour et sursauta en apercevant Oscar.

- Tu… tu étais là ?
- Mon Dieu… ça y est ma vie entière est fichue… Cette jeune personne va certainement s’empresser de colporter la nouvelle… Oh mon Dieu, Oh mon Dieu…
- Calmez-vous Majesté, je connais cette personne… elle ne fera rien de tout cela… je puis vous l’assurer…
- C’est bien vrai ?
- Oui Majesté, André dit la vérité, loin de moi l’intention de vous nuire…
- Vous m’en voyez soulagée… Merci, merci infiniment…. maintenant, si ça ne vous dérange pas, je vais rejoindre mes invités…
- Je vous en prie, Majesté, répondit André.

Une fois seuls, Oscar et André se retrouvèrent dans l’embarras le plus total, chacun essayant maladroitement de fuir le regard de l’autre. Le malaise perdura jusqu’à la fin de la soirée. Ni l’un ni l’autre n’échangèrent un mot jusqu’à ce qu’il soient finalement de retour chez les Jarjayes. Heureusement, pour eux, les parents d’André n’étaient pas encore rentrés (Je ne vous l’avais pas dit mais Papa Jarjayes et Maman Jarjayes étaient de sortie cette nuit-là ^^).

- Je monte me coucher, Oscar. Bonne nuit.
- Oui, bonne nuit.

Oscar regagna sa chambre le cœur lourd de regrets. André ne la voyait pas. Il ne la verrait sans doute jamais. A côté de Marie-Antoinette qu’était-elle de toute façon ? La Reine était belle, riche, élégante, gracieuse… Elle, n’était rien de tout ça… Même en robe Oscar n’avait su s’attirer les bonnes grâces d’André. La jeune femme était désespérée. Elle ne savait plus quoi faire pour lui plaire. Tout à coup, Oscar se figea sur place. Il ne lui restait plus qu’une seule chose à faire. Si malgré ça, André la repoussait… elle arrêterait d’espérer. Définitivement.

D’un pas décidé, la jeune fille rejoignit son ami dans sa chambre et ferma la porte. André lui tournait le dos et ne s’était pas encore aperçu de sa présence. Ce soir, Oscar se donnerait à lui. Peut-être la trouvait-il trop prude à son goût ? Si tel était le cas, il fallait que les choses changent… Oscar fit quelques pas en direction d’André et dégrafa sa robe. Le vêtement tomba au sol et Oscar se retrouva entièrement nue. C’est l’instant que choisit André pour se retourner. A la fois surpris et émerveillé par la vision de rêve qui s’offrait à lui, André dut se retenir à son lit pour ne pas perdre l’équilibre.

- O… Oscar ?
- Tu ne veux pas de moi, c’est ça ?
- Mais Oscar…

Oscar fondit en larmes.

- Je ne comprends pas André… qu’est-ce ces femmes ont de plus que moi ?
- Mais… rien, je t’assure.
- Alors pourquoi me repousses-tu ? Tu es prêt à accepter dans ton lit la première petite péronnelle qui te fait les yeux doux et moi tu me rejettes ? Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Vas-y dis-le moi !
- Enfin Oscar reprends-toi, tu ne sais plus ce que tu dis… ni ce que tu fais…

Oscar tomba à genoux et recouvrit ses yeux de ses deux mains.

- Oui, tu raison, pardonne-moi. J’ai été bête de penser que… tu puisses… vouloir…
- Ca n’a rien à voir avec le fait de vouloir ou pas Oscar, répondit André d’une voix douce tout en lui couvrant les épaules de sa veste. C’est juste que… tu es comme une s…sœur pour moi… et…

Avant qu’il n’ait le temps de terminer sa phrase, la porte s’ouvrit brusquement et le général entra en trombe dans la pièce.

- André, j’ai une grande nouvelle pour toi ! Tu viens d’être nommé colonel de la Garde ! N’est-ce pas une grande nouv… Oscar ???? Mais que… ?

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Océance Grandier et André François de Jarjayes – Chapitre 4 : La déclaration

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Le Général de Jarjayes accepte qu’Oscar Grandier devienne le compagnon de jeu de son fils André sans savoir que cet enfant est en réalité une fille

 

Chapitre 5 : La déclaration

La nuit était tombée. Certaine qu’elle ne trouverait pas le sommeil, Oscar sortit de sa chambre à pas de loup et quitta la demeure des Jarjayes. Elle avait besoin de se sentir libre. Son cœur étouffait, souffrait, saignait. Plus les jours passaient et plus Oscar se rendait compte de l’importance qu’avait pris André dans sa vie. La jeune fille ne voulait plus se voiler la face. Ses sentiments pour André existaient bel et bien et il n’était plus question de les nier ou les refouler. Oscar était éperdument amoureuse du jeune homme et le fait de le voir blotti dans les bras d’une autre femme l’exaspérait de plus en plus. Oh comme elle aurait aimé être à la place de ces femmes pour avoir le plaisir de partager ses nuits ! Ne serait-ce qu’une fois… une seule et unique fois… Mais malheureusement c’était impossible. Jusqu’à hier, André ne savait même pas qu’elle était une femme. Et aujourd’hui il la détestait…

Assise dans l’herbe, Oscar ferma les yeux et se laissa caresser par le vent. Le temps s’était grandement rafraîchi ces derniers jours mais Oscar n’en avait cure. Le fait de tomber malade ne l’effrayait pas le moins du monde. Si c’était là le seul moyen d’accaparer l’attention d’André, Oscar ferait tout pour attraper froid… La jeune fille écarta les bras et laissa l’air frais pénétrer dans les manches de sa chemise. Au contact du vent froid sur sa peau, Oscar ne put s’empêcher de réprimer un frisson.

- Tiens mets ça ou tu vas attraper la mort, ordonna André à Oscar tout en recouvrant ses épaules de sa veste.
- M… merci, dit-elle avant de glisser ses bras dans les manches du vêtement.

Oscar ne s’attendait pas du tout à ce qu’André la rejoigne dehors au beau milieu de la nuit. Elle le regarda s’asseoir à côté d’elle puis fixa à nouveau l’horizon. Ce geste signifiait-il qu’André tenait encore un tant soit peu à elle ? Oscar l’espérait de tout cœur car si elle ne pouvait obtenir de lui qu’il lui rende son amour, elle pourrait au moins continuer à profiter de son amitié.

- Oscar, je tiens à m’excuser pour toutes les paroles blessantes que j’ai pu prononcer hier. Je n’ai pas pris le temps de comprendre les raisons qui t’avait poussée à tenir ta véritable identité secrète. Je ne suis qu’un idiot.

Oscar était ébahie par tant de franchise. Ainsi André lui pardonnait son mensonge ? La jeune fille laissa la quiétude l’envahir. Ah qu’il était bon de se savoir à nouveau aimée par l’homme qui vous était le plus cher en ce monde…

- Ne t’en fais pas André, je t’avais déjà pardonné ton comportement. Et puis j’avais aussi mes torts.
- Oublions cela, veux-tu.
- Très bien puisque mon rang m’oblige à t’obéir.
- Oh arrête Oscar, tu sais très bien que je ne t’ai jamais considéré comme une domestique.
- Oui je sais, André, je sais. Je disais juste ça pour plaisanter.

Dans un élan d’affection, Oscar passa son bras sous celui d’André et posa sa tête contre son épaule. Pendant un instant, Oscar eut peur d’avoir agi trop spontanément mais la passivité d’André lui assura que ce n’était pas le cas.

- Oscar ?
- Oui ? répondit la jeune fille dans un souffle.
- Comment t’appelais-tu avant de devenir Oscar Grandier ?
- Océane.
- Mmh ta mère a certainement dû être fascinée par le bleu de tes yeux pour te trouver un si joli nom.

En entendant les dernières paroles d’André, Oscar ne put s’empêcher de réprimer un sourire.

- Merci André, ce que tu me dis me touche énormément.

Oscar avait honte, terriblement honte. Comment avait-elle pu un instant remettre en cause l’affection qu’il lui portait ? Elle se promit de ne plus jamais douter de lui. Effrayée à l’idée de le perdre, Oscar serra le bras d’André plus fort. Le jeune homme s’en aperçut et crut bon de mettre un terme à leur étreinte. Oscar était si proche et l’ambiance si prompte aux ébats amoureux … qu’il craignait de commettre une erreur. Oscar était différentes de toutes ces femmes qu’il avait l’habitude de fréquenter. Elle était pure et innocente. Plus que tout André souhaitait la protéger des hommes, la protéger… de lui.

Rompant la magie du moment, André se leva et tendit une main à Oscar.

- Viens Oscar, il est temps de rentrer à présent. Imagine que tu tombes malade, mon père fera certainement quérir un médecin pour te soigner… s’il t’ausculte et découvre que tu es une fille, sois certain que mon père en sera le premier averti…

A cette pensée, Oscar blêmit.

- Tu ne lui diras jamais que je suis une fille, n’est-ce pas André ? Tu me le promets ?

André éclata de rire en percevant le trouble de la jeune fille.

- Tu as ma parole, Oscar, jamais je ne divulguerai ton secret à qui que ce soit… Ne me dis pas que tu en doutais ?
- N… non bien sûr que non… articula maladroitement Oscar, il est…

André ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase. Coupant court à toute discussion, André attrapa la jeune fille par le bras et l’entraîna vers la propriété des Jarjayes.

- Dépêche-toi ou Grand-mère va finir par se rendre compte de notre absence !!
- Oui !

Oscar était plus heureuse que jamais. Comment aurait-elle pu à cet instant se douter de ce que lui réservait l’avenir ?

Six années s’écoulèrent. André et Oscar étaient tous deux conscients de la force de leurs sentiments respectifs mais n’avaient absolument rien fait pour que leur relation évolue. Ils ne souhaitaient à aucun prix gâcher leur amitié. Surtout Oscar. Pour André, les raisons étaient quelque peu différentes. S’il ne souhaitait pas analyser de manière plus approfondie les sentiments qui l’animaient, c’était avant tout pour la protéger. Il ne voulait pas que la vie la blesse. André la connaissait mieux que quiconque et savait pertinemment que derrière ses apparences de garçon manqué, Oscar était une femme fragile qui souffrirait certainement d’être traitée plus bas que terre si jamais leur relation amoureuse éclatait au grand jour. La colère qui ne manquerait pas de s’abattre sur eux si le général venait à découvrir qu’Oscar était une femme ne serait rien en comparaison de la haine féroce que leur vouerait probablement une bonne partie des membres du Clergé et de la Noblesse en apprenant leur union. Il n’y avait qu’à voir les regards méprisants que lançaient certains nobles à ceux qui osaient enfreindre les règles de la société. L’union d’un noble et d’un roturier avait toujours été perçue comme une grave atteinte à la morale publique et cela ne changerait sans doute jamais. Afin d’éviter qu’Oscar ne souffre (il n’y avait pas besoin d’être voyant pour remarquer l’affection particulière que celle-ci lui portait), André devait à tout prix réprimer son amour quitte à lui faire croire que son cœur était déjà pris.

Le lendemain d’une prestigieuse soirée à Versailles, Oscar pénétra dans la chambre d’André pour le réveiller. A presque 11 heures, le jeune homme n’avait toujours pas daigné sortir du sommeil. La soirée avait dû être éreintante. Oscar soupçonnait l’aristocrate de s’être livré à ses jeux de séduction coutumiers. La jeune fille soupira. Elle avait beau être habituée à ses excentricités, le fait de l’imaginer dans le lit d’une autre lui faisait toujours aussi mal. Les derniers potins de la Cour n’étaient pas là pour la rassurer. Selon les dernières rumeurs, toutes les femmes de Versailles ne rêvaient que d’une chose : partager la couche du jeune aristocrate. Ah ! Que ces mijaurées aillent tous au diable ! Oscar n’en avait cure. Quoiqu’elles fassent elles ne gagneraient jamais son cœur ! André n’était amoureux d’aucune d’entre elles, il ne faisait qu’y prendre du plaisir ! André ne pensait à rien d’autre qu’à s’amuser et à faire enrager son père… du moins l’espérait-elle. Si jamais André s’entichait d’une de ces pimbêches, Oscar ne s’en remettrait probablement jamais. Non, André ne devait pas tomber amoureux ! Il ne devait pas… Quelques fois, Oscar espérait qu’elle pourrait vivre avec lui une histoire d’amour aussi belle et passionnée que celle de la Reine et du Comte Axel de Fersen. Leurs sentiments lui paraissaient si forts, si vrais. La jeune femme les admirait vraiment beaucoup. Ils constituaient un peu son modèle de couple, celui qu’elle aimerait un jour former avec André.

« Bon, cesse de te lamenter sur ton sort ma fille ! Pense plutôt à réveiller ce paresseux ! »

Certaine qu’il n’apprécierait pas ce geste, Oscar approcha sa main de son visage et lui pinça le nez.

- Aïïïe !!! Mais qu’est-ce qui te prend Oscar, tu m’as fait mal !!
- Oui, je sais, mais ça t’apprendra à jouer les marmottes !
- Tu es dure, là. J’ai bien cru que j’étais attaqué, moi !
- Probablement par les maris des femmes avec lesquelles tu as fricoté hier soir… n’ai-je pas raison ? Ne s’agit-il pas là de ton pire cauchemar ?

Oscar rougit lorsqu’elle se rendit compte du contenu exact des paroles qu’elles venaient de prononcer. Elle n’avait jamais eu l’intention d’utiliser ces mots. Mais pourquoi diable avait-il fallu qu’elle soit si impulsive ?

- Tu es bien énervée ce matin, Oscar. Quelque chose ne va pas ? fut la réponse innocente d’André.
- Non tout va bien. Habille-toi, Grand-mère t’attend.
- A vos ordre chef ! Euh… peux-tu te retourner s’il te plaît… Je ne crois pas que tu apprécierais si je me présentais devant toi nu comme un ver…
- O…oui tout de suite !

Oscar se retourna, gênée. André eut un petit rire discret puis commença à s’habiller. Une fois sa tâche accomplie, le jeune homme s’approcha de son amie à pas de loup et lui mit les mains sur les yeux. Oscar sursauta.

- Arhhhhhh !
- Ca y est j’ai fini, tu peux te retourner ! cria André avant de retirer ses mains.

La jeune fille pivota brusquement sur elle-même. Ses yeux le foudroyèrent sur place.

- Mais ça ne va pas de me faire une peur pareille !! Nous ne sommes plus des enfants que je sache !
- Désolé Oscar, tu étais la victime idéale !… Bon maintenant que je suis prêt, nous pouvons y aller !

André fit quelques pas en direction de la porte puis se retourna.

- Tu viens Oscar ?
- André, j’ai une question à te poser.
- Vas-y, je t’écoute. Mais pourquoi prends-tu cet air si grave ?
- Tu accumules les conquêtes ces derniers temps et je me demandais si l’une d’entre elle ne t’avait pas volé ton cœur.
- Mais que me chantes-tu là Oscar ? Tu sais bien que je ne fais ça que pour mettre en rogne mon père !
- Alors pourquoi t’absentes-tu aussi souvent de la maison ces derniers jours ? Je suis sûre que tu as une maîtresse attitrée !
- Mais non, enfin Oscar, que vas-tu imaginer ? Je… Mais… tu pleures ?

A bout de nerfs, Oscar n’avait pu contenir ses larmes plus longtemps.

- Je ne supporte plus cette situation, André. J’ai fait des efforts pourtant. Mais je dois te dire ce que j’ai sur le cœur. Que cela affecte ou non nos rapports, je dois te dire ce que je ressens pour toi.
- Oscar…
- Je t’aime André. Je t’aime depuis notre première rencontre il y a de cela 8 ans maintenant.

Tout en prononçant ces paroles, Oscar avança vers André et lui prit la main.

- Je t’en prie, André, ne me rejette pas ! Accepte l’amour que je t’offre. J’ai tellement besoin de toi…

André était pétrifié par ces révélations. Même si le fait qu’Oscar nourrisse de tels sentiments à son égard n’était pas une nouveauté pour lui, jamais André ne serait attendu à ce qu’elle le lui avoue clairement. Lui aussi l’aimait, il en était certain mais elle ne devait pas savoir. Pour son bien, Oscar devait continuer d’ignorer la véritable nature de ses sentiments pour elle.

- Oscar, je suis touché de l’amour que tu me portes, mais je suis malheureusement incapable de te le rendre. Mon cœur appartient déjà à une autre.

Il lui fallait maintenant trouver le nom de cette personne car Oscar ne méritait pas qu’il la laisse ainsi dans le flou. Un seul nom lui vint à l’esprit, celui de celle qui avait autrefois été sa conquête la plus insensée : la Reine Marie-Antoinette de France.

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Océance Grandier et André François de Jarjayes – Chapitre 4 : Frictions

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Le Général de Jarjayes accepte qu’Oscar Grandier devienne le compagnon de jeu de son fils André sans savoir que cet enfant est en réalité une fille

 

Chapitre 4 : Frictions

André et Oscar se dévisageaient maintenant depuis un bon moment, comme hypnotisés par la présence de l’autre. Oscar aurait voulu parler, lui expliquer pourquoi elle lui avait caché ce fait durant trois ans mais aucun son ne sortait de sa bouche. Les mots se bousculaient dans sa tête mais aucun ne réussissait à se frayer un chemin jusqu’à ses lèvres. Le mutisme d’André était loin de la rassurer. Lui non plus n’avait pas ouvert la bouche depuis qu’il était entré. Etait-il en colère ? Déçu ? Oscar n’aurait su le dire. Au lieu d’exprimer oralement ses émotions, André se contentait de la fixer sans mot dire. L’insistance de son regard finit par gêner Oscar. Détournant légèrement les yeux, Oscar réduisit au maximum son décolleté. La jeune fille venait de se rappeler qu’André avait fait plus que découvrir son secret, il avait également pénétré son intimité. Rassemblant son courage, Oscar se résolut finalement à briser le silence.

- Tu… tu ne dis rien ?
- Je… je n’arrive pas à croire que tu m’aies caché ça pendant trois ans !! Tu t’es moquée de moi, Oscar !
- Mais non, André, ça n’a jamais été mon intention !
- J’ai du mal à te croire… avoue que j’ai de bonnes raisons !
- Mais j’avais une raison pour agir ainsi André !
- Tiens donc et laquelle je te prie ?
- Si j’ai caché ma véritable identité, c’est…
- Oui ?
- C’est à cause de ton père.
- Mon père ?
- Oui, je savais qu’il n’accepterait jamais de me recevoir sous son toit s’il avait su que j’étais une femme. Je n’aurais jamais pu devenir ta compagne de jeu… Comprends-moi André, je ne voulais pas vivre loin de ma grand-mère… A l’époque j’étais très affligée par la mort de mes parents… Mais ça tu ne peux pas le comprendre, tes parents, eux sont encore en vie !

André se sentit piqué au vif par la dernière remarque d’Oscar. S’éloignant d’elle pour éviter qu’elle ne perçoive son trouble, le jeune homme se dirigea vers la fenêtre.

- Là n’est pas le problème, Oscar. Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Je suis ton ami, du moins je le croyais. N’as-tu donc pas confiance en moi ?
- Mais si bien sûr !
- Alors pourquoi m’avoir caché une chose aussi importante ? Crois-tu vraiment que je n’aurais pas su tenir ma langue ?

Oscar poussa un profond soupir afin de signifier son exaspération.

- Mais puisque je te dis que ce n’est pas une question de confiance !! Crois-moi, j’ai essayé de te le dire… à plusieurs reprises même… mais chaque fois j’y ai renoncé… Je ne sais pas, peut-être qu’au fond de moi j’avais peur de perdre ton amitié… Je me disais que tu étais l’ami d’Oscar et pas celui de son homologue féminin…

André fut quelque peu interloqué par les paroles de la jeune fille mais se ressaisit rapidement. Il ne souhait à aucun prix montrer son désarroi.

- Tu avais tort, Oscar. Que tu sois un homme ou une femme n’a aucune importance pour moi. Par contre, je n’accepte pas que tu me mentes. Tu m’as profondément déçu !

Oscar eut l’impression qu’une flèche empoisonnée venait de lui transpercer le cœur. Une colère mêlée de tristesse et de frustration s’empara d’elle. Ses poings se refermèrent et Oscar dut se retenir pour ne pas fondre sur André et lui décocher un pain.

- Si c’est ce que tu penses, hé bien va-t-en sur le champ ! Tu entends va-t-en !!!!!!!

André se retourna vers Oscar. Ses yeux ne reflétaient aucune colère. Juste une pointe de tristesse. Mais Oscar dont le regard était aveuglé par la rage, ne s’en aperçut pas.

- Tu n’as pas besoin de crier, c’est ce que je comptais faire de toute façon. Et puis tu oublies que je suis chez moi, ici.

André traversa la pièce sans même jeter un regard à Oscar et saisit la poignée de la porte.

- Ce n’est pas la peine de venir me réveiller demain. Grand-mère s’en chargera… Et pas la peine de me suivre à Versailles, je me passerai de ta présence à partir d’aujourd’hui.

André sortit et referma la porte derrière lui. Oscar était anéantie. Elle ne put retenir ses larmes.

- C’est plutôt toi qui m’a déçue !! hurla-t-elle en direction de l’entrée.

D’un geste rageur Oscar s’empara d’un des rares bibelots qui ornaient sa commode et l’envoya s’écraser sur le mur jouxtant la porte.

André sursauta et pivota sur lui-même. Un voile de tristesse traversa son regard. Il regrettait déjà ses paroles. Pourquoi avait-il fallu qu’il réagisse de la sorte ? Il n’avait pas voulu la blesser. Mais son orgueil avait eu raison de lui. Le fait qu’Oscar n’ait pas voulu lui confier son secret était la preuve qu’elle ne tenait pas à lui autant que lui tenait à elle. André s’en était senti profondément vexé. Au fil des années, le jeune aristocrate était devenu très proche d’Oscar. Ils partageaient tout. André l’aimait comme un frère. Peut-être même plus… Et Oscar, elle, le considérait à peine comme son meilleur ami… André soupira. Il n’était pas honnête avec lui-même, il le savait. Ce qu’André reprochait véritablement à Oscar n’était pas de lui avoir menti mais d’avoir provoqué en lui un sentiment nouveau. André ferma les yeux pour essayer d’apaiser le tourbillon d’émotions qui bouillonnait en lui. Quand il l’avait aperçue nue au milieu de la pièce, auréolée par la lumière de la lune, son cœur avait bondi dans sa poitrine. Une douce chaleur s’était alors emparée de lui. On aurait dit un ange, un ange tout droit sorti d’un rêve. Jamais une femme ne lui avait fait cet effet-là avant Oscar. Il s’était senti attiré par elle mais aurait pourtant
pu continuer à l’admirer pendant des heures sans jamais la toucher. C’était une expérience nouvelle pour André dont la réputation auprès des femmes avait fait le tour de Versailles. Ce sentiment l’avait effrayé… était-il en train d’expérimenter ce qu’on appelle l’amour ? André secoua la tête et chassa cette idée de son esprit. Non, ce n’était pas possible. Oscar était comme un frère… une sœur pour lui et il ne pourrait jamais en être autrement. Sur ces dernières pensées, André poursuivit son chemin et regagna sa chambre.

Le lendemain, Oscar fut mandée par la Reine. Bien que perturbée par cet ordre_ Marie-Antoinette ne l’avait jamais convoqué avant _, Oscar se rendit à la Cour malgré l’interdiction d’André. La Reine la reçut dans son boudoir et lui expliqua qu’elle n’avait pas vu l’ombre d’André à Versailles de toute la matinée. Elle aurait pourtant souhaité s’entretenir avec lui d’une affaire urgente. Oscar était médusée par ces propos. André n’était pas encore paru à la Cour ? Alors qu’il se faisait toujours un devoir de remplir ses fonctions de capitaine en dépit de la rébellion qu’il menait pour échapper au joug de son père ? Oscar n’en revenait pas. Mais qu’avait-il pu lui passer par la tête ? Et qu’avait à lui dire de si urgent la Reine de France qui ne puisse attendre jusqu’à demain ? Les réponses à ces questions, Oscar ne les obtiendrait malheureusement que bien des années plus tard.

Sur ordre de Marie-Antoinette, Oscar se mit à la recherche d’André. Elle chevaucha une bonne partie de la matinée mais sans succès. André n’était visible nulle part ! Dépitée de se retrouver ainsi bredouille, Oscar regagna l’écurie des Jarjayes la tête basse. Elle se demandait si André était encore fâchée contre elle. Etait-ce à cause d’elle qu’il manquait ainsi à tous ces devoirs auprès de sa souveraine ? Depuis la veille, Oscar avait bien réfléchi et s’était finalement résolue à attendre patiemment qu’André recouvre ses esprits et se rende compte que le fait qu’elle soit une femme ne changeait rien à leur amitié. Malgré ses efforts, Oscar n’avait pu continuer à lui en vouloir. Sa réaction de la veille était normale après tout. La jeune fille aurait certainement agi de même si elle avait découvert que son meilleur ami était en réalité une femme. D’autant qu’elle commençait à ressentir quelque chose de très fort pour lui, bien plus fort que l’amitié. Oscar en prenait peu à peu conscience et cela éveillait en elle une impression de malaise. Et si André ne partageait pas son sentiment ? Pire encore, s’il ne lui pardonnait jamais de lui avoir menti sur son sexe durant toutes ces années ? Oscar sentit les battements de son cœur accélérer à cette simple pensée.

Les réflexions d’Oscar furent interrompues par une série de petits gémissements continus. Ceux-ci provenaient du fond de l’écurie. Intriguée, Oscar suivit le bruit et s’arrêta net en apercevant André allongé devant elle, le corps nu dégoulinant de sueur. Une femme était assise à califourchon sur son bas-ventre et enfonçait ses doigts dans son torse à chaque gémissement de plaisir. Les joues d’Oscar se tintèrent de rouge à la vue du spectacle qui s’offrait à elle. Déjà immense, son embarras ne fit que s’accroître davantage lorsque ses yeux croisèrent ceux d’André. Incapable de soutenir son regard, Oscar pivota sur elle-même.

- ExcusemoidetedérangerenpleinexercicemaislaReinemafaitsavoirquelleavaitàsentreteniravectoidunsujeturgent !

Oscar avait prononcé cette phrase d’une traite sans même prendre le temps de respirer, ce qui lui valut d’être fort essoufflée une fois son temps de parole expiré.

- Le Reine veut me voir ? Très bien j’arrive tout de suite, Oscar, répondit André mi-sérieux, mi-amusé.

André eut bien du mal à garder son sérieux devant l’air embarrassé d’Oscar et se retint de ne pas éclater de rire. Devant l’air taquin de son partenaire, la femme descendit de son nuage et considéra Oscar avec suspicion.

- Dépêche-toi sinon la Reine va s’impatienter, dit Oscar d’un ton sec avant de s’éloigner du couple.
- Mais de quel droit ce valet se permet-il de s’adresser à vous d’une manière aussi insolente ? Fiche le camp sale petit garnement !!! Laisse-nous fin…

La mégère n’eut pas le temps de terminer sa phrase. En l’entendant insulter Oscar, André s’était levé brusquement et la voilà qui se retrouvait étendue au sol, les quatre fers en l’air. Sans lui prêter la moindre attention, le jeune homme attrapa ses vêtements et commença à s’habiller. Oscar qui s’était retournée en entendant la victime crier, eut bien du mal à ne pas pouffer de rire en constatant de ridicule de la situation. Bien qu’elle le méritât, Oscar n’eut pas le cœur à l’abandonner. Elle se précipita pour l’aider. Furieuse, l’aristocrate repoussa violemment sa main.

- Je ne veux pas de l’aide d’un gueux.
- Très bien, madame. Mais sachez…
- Laisse tomber Oscar. Cette mijaurée n’en vaut pas la peine. Va plutôt sceller mon cheval. La Reine m’attend.

Le ton d’André était à nouveau sec et froid. Oscar obtempéra à contrecoeur. Une fois la tâche accomplie, la jeune fille repensa à la scène qu’elle venait de vivre. Bien qu’il l’ait défendue, André restait très distant avec elle. Ne lui pardonnerait donc t-il jamais de ne pas lui avoir révélé son secret plus tôt ? Oscar observa André monter sur son cheval et partir au galop sans même lui jeter un regard. Empli de tristesse et de désespoir, Oscar ferma les portes de l’écurie et regagna sa chambre en traînant le pas.

A suivre…

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Fanfiction Lady Oscar – Océance Grandier et André François de Jarjayes – Chapitre 3 : Le secret est découvert !

Posté par marayahoneychan le 18 avril 2009

Résumé : Le Général de Jarjayes accepte qu’Oscar Grandier devienne le compagnon de jeu de son fils André sans savoir que cet enfant est en réalité une fille

 

Chapitre 3 : Le secret est découvert !

Trois années s’étaient écoulées depuis la rencontre d’Oscar et André. Leur amitié était plus solide que jamais. Ils ne se quittaient plus, chevauchant par monts et par vaux les jours de beau temps, discutant de longues heures dans la chambre d’André lorsque la pluie faisait rage. Petit à petit, Oscar avait appris à connaître André et à le comprendre. Le jeune homme aimait son père mais ne supportait pas de devoir se plier sans cesse à ses exigences. André étouffait. Il voulait vivre sa propre vie, loin des convenances de la Cour, loin des contraintes que lui imposait sa condition de noble. Cette asphyxie expliquait qu’André ait délibérément recherché l’amitié d’un roturier en la personne de Bernard. Malgré l’interdiction de Monsieur de Jarjayes, Oscar avait déjà eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises et les deux jeunes gens avaient rapidement sympathisé. Toutefois, Oscar n’avait pu s’empêcher de remarquer la hargne avec laquelle Bernard louait le peuple et méprisait la noblesse. Cette rage intérieure ne lui disait rien qui vaille. Il était presque étonnant que les deux hommes soient devenus si proches.

Dernièrement, André avait un nouveau passe-temps. Certain que son attitude ne laisserait pas son père indifférent, le jeune aristocrate avait pris l’habitude de courtiser les dames de la Cour aussi souvent qu’il le pouvait, se forgeant ainsi une sacrée réputation de Casanova. Les cheveux blancs prenaient chaque jour un peu plus d’importance sur le crâne de Monsieur Jarjayes mais grâce à l’imposante perruque dont il était affublé, ce phénomène ne faisait jaser personne, hormis peut-être André. Oscar ne percevait pas non plus les frasques de son ami d’un très bon œil. Toutes ces femmes qui se pavanaient devant lui dans l’espoir de recevoir ses faveurs exaspéraient la jeune fille au plus haut point. Pour couronner le tout, André semblait prendre un malin plaisir à en profiter. Oscar ne comptait plus les fois où elle avait surpris son ami au lit avec une autre fille. Le pire dans tout ça c’est qu’elle avait dû à chaque fois aider ses conquêtes à quitter le château en douce. Autrement la colère du général aurait été terrible. Mais André ne semblait pas s’en soucier le moins du monde. Que le général soit ou non au courant de ses faits et gestes ne lui importait guère. La réaction d’Oscar le faisait d’ailleurs bien rire.

Un jour, qu’Oscar n’oublierait sans doute jamais, André avait même eu l’audace de lui proposer de rencontrer l’une de ses conquêtes afin qu’ils puissent faire plus ample connaissance. Oscar avait été outrée par ces paroles. Qu’insinuait-il ? Qu’elle allait elle aussi se prendre au jeu de la séduction et convoler avec toutes les jeunes femmes du royaume ? Que croyait-il ? Qu’elle aimait les femmes ? Oscar soupira. Mais bien sûr qu’il le croyait ! Comment aurait-il pu en être autrement ? André ne connaissait toujours pas sa véritable identité !! Il ne se doutait absolument pas que derrière ses vêtements amples et fluides, se cachait la plus délicieuse des silhouettes féminines. Bien sûr Oscar avait déjà pensé à lui dévoiler son secret mais chaque fois que l’occasion se présentait, quelque chose au fond d’elle lui intimait de ne pas le faire. Si jamais André apprenait qu’elle lui avait menti sur sa véritable nature pendant toutes ces années, Oscar était persuadée qu’il la rejetterait et romprait leur relation si particulière. Et cela Oscar ne le voulait pas !! Elle était beaucoup trop attachée à son compagnon pour supporter qu’il la néglige. Car même si André passait le plus claire partie de ses journées à remplir son devoir auprès de la Reine ou à se faire dorloter par une femme, celui-ci avait toujours du temps à consacrer à son meilleur ami. Cette amitié complice était importante aux yeux d’Oscar et la jeune fille souhaitait à tout prix la préserver, fusse au sacrifice de sa féminité.

Un soir alors qu’Oscar et André ferraillaient ensemble dans le jardin, le ciel se couvrit brusquement. Quelques minutes plus tard, un orage d’une intensité sans pareil éclatait. Les deux jeunes gens coururent se mettre à l’abri dans la demeure des Jarjayes, bousculant la pauvre gouvernante au passage. Une fois parvenue dans la chambre d’André, les deux amis se regardèrent et éclatèrent de rire.

- C’est bien ma veine, s’exclama André, moi qui comptais rejoindre ce soir la très belle Comtesse de Vignac dans l’un des bois aux abords de Versailles ! Hé bien, ce sera pour une autre fois !
- Oui… pour une autre fois.

Quelque part, Oscar se sentait soulagée de ce manque de chance car elle pourrait exceptionnellement profiter de la compagnie d’André toute la soirée sans avoir à l’imaginer dans les bras d’une autre femme. Même si Oscar refusait de se l’avouer, ses sentiments pour André se transformaient progressivement, dépassant le stade de la simple amitié.

- Au fait, Oscar. Tu devrais enlever ta chemise, elle est trempée. Je vais t’en prêter une des miennes.

Toute en prononçant ces paroles, André se dirigea vers sa commode, ouvrit le tiroir et en sortit l’une de ses chemises blanches en flanelle. Il la tendit à Oscar.

- Tiens, change toi vite ! Sinon, tu vas attraper froid.
- Mer… merci… je reviens dans une minute…

Souhaitant à tout prix éviter de laisser transparaître son malaise, Oscar baissa les yeux et se dirigea vers la porte.

- Mais où vas-tu, Oscar ? demanda André sur un ton éberlué. Tu peux te changer ici, tu sais. Fais comme moi. Regarde, ça ne me dérange absolument pas.

Et accompagnant le geste à la parole, André enleva sa chemise devant l’œil atterré d’Oscar. Ce geste ne fit qu’augmenter la gêne de la jeune fille. André se rapprocha d’elle et vit que ses joues étaient en feu.

- Mais ma parole, je ne te croyais pas si pudique. Enfin, Oscar nous sommes entre hommes !
- Oui, je sais… mais si ça ne te dérange pas, je préfèrerais me changer dans ma chambre.

André dévisagea la jeune fille quelques instants avant de se détourner d’elle.

- Hé bien soit, si tu y tiens tant mais je persiste à ne pas comprendre ton attitude.

Oscar ne répondit pas et se précipita hors de la chambre. Elle avait eu chaud cette fois ! Un peu plus et André découvrait son secret… Les jambes tremblantes, Oscar se dirigea vers sa chambre et s’y enferma.

André, pendant ce temps, n’arrivait toujours pas à s’expliquer l’étrange attitude d’Oscar. Cette pudeur lui semblait totalement inappropriée vu les circonstances. Une légère roseur colora ses joues au souvenir de la scène qu’il venait de vivre. Oscar était un homme il le savait mais il émanait quelques fois de lui un charme si féminin que le jeune aristocrate ne pouvait s’empêcher de se sentir attiré par lui. Cette sensation n’était d’ailleurs pas désagréable. André se mit à rire. Si son père l’entendait penser à cet instant, il en deviendrait certainement fou. Que son fils fricote avec toutes les femmes de la Cour passait encore mais s’il découvrait que son fils avait un penchant pour les hommes, l’officier le répudierait, André n’en doutait pas un seul instant.

- Hé bien Oscar, tu en mets du temps pour revêtir une simple chemise !!

Incapable d’attendre plus longtemps qu’Oscar le rejoigne, André se rendit directement devant sa chambre et frappa à la porte.

- Oscar ! Dépêche-toi sinon nous n’aurons pas le temps de terminer notre partie d’échecs avant le repas !
- …
- Oscar ?
- …
- Oscar, tu n’es pas fâché pour tout à l’heure, j’espère ? Je n’ai pas dit ça pour te vexer, tu sais… Je trouvais juste étrange que tu ne veuilles pas te dévêtir devant moi…

Toujours aucune réponse. Après quelques temps d’hésitation, André se décida finalement à ouvrir la porte. La chambre était vide. Dépité, André s’apprêtait à partir lorsqu’Oscar lui apparut dans son plus simple appareil. Cette dernière venait de prendre un bain et ne s’était pas encore aperçue de sa présence. Elle revêtit son peignoir de bain et se dirigea vers l’armoire pour choisir quelque vêtement. André la regardait médusé. Il ne pouvait détacher ses yeux de son corps. Se sentant observée, Oscar pivota sur elle-même et poussa un cri de surprise.

- André ? Tu… tu étais là ?

A suivre…

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